Déviants Tome 2 : Illusion de Cara Solak

Oubliez vos certitudes.
Le monde a changé. La vérité se noie un peu plus chaque jour sous un flot de mensonges. Nous vivons tous dans une illusion. RÉVEILLEZ-VOUS ! Sinon, il sera trop tard…

Quatre années se sont écoulées depuis la mort de Jake et la subite disparition de Matthew. La chasse aux déviants est lancée et la population y participe activement. Ils sont traqués, menacés, dénoncés. Mais la lutte se poursuit dans l’ombre.

Depuis qu’elle n’a plus rien à perdre, Gaby est devenue une figure emblématique de la Résistance. L’URS est désormais leur cible, autant qu’ils sont la leur. Elle cherche la vérité, parce qu’elle la sent à portée de main. Mais le retour fortuit de Matthew dans sa vie ne va pas lui simplifier la tâche…

 

Déviants Tome 2 : IllusionCara SolakÉditions Plumes du Web362 pages – 17,90 euros979-10-97232-07-8

 

Mon avis :

Avec ce second tome, on retrouve Gaby quatre ans après la capture de Matt.Dévastée par cette perte, la jeune femme, devenue médecin, trouve la motivation de continuer à vivre en combattant chaque jour les autorités en place et la répression qu’elles exercent à l’égard des déviants. Tour à tour recruteuse, sauveuse et terroriste, Gabrielle est devenue un pilier de la rébellion, tant et si bien qu’elle y consacre la plupart de son temps. Pour oublier le drame qu’elle a vécu… Et surtout tuer l’espoir de revoir un jour Matt. Mettant constamment sa vie en danger, la jeune femme s’emmure dans l’isolement émotionnel.De son côté, Matt qui a subi un lavage de cerveau a complètement perdu la mémoire. Pourtant, le destin ou peut-être son inconscient vont bientôt le remettre sur la route de son ancienne compagne et par la même dans le sérail de son ancienne vie.Ensemble, ils vont de nouveau enquêter et découvrir les tenants et aboutissants du projet secret que conduit, depuis des années, le gouvernement pour régler le problème de surpopulation. Sauront-ils déjouer les plans machiavéliques des dirigeants et sauver ainsi l’humanité ?

 

En lisant Illusion, le lecteur plonge dans une dystopie rythmée et passionnante qui s’articule autour d’un thème d’actualité qui devient récurrent  dans la littérature : la survie de l’homme dans un monde surpeuplé et doté de ressources limitées.

Le style est vif, moderne, parfois brutal mais toujours sincère. L’auteure parsème son texte de réflexions philosophiques argumentées et cohérentes qui confèrent à l’ensemble une belle profondeur.

Les personnages sont toujours aussi attachants mais il manque, par moment, d’un peu de fougue et de passion qui animait fortement le premier tome. Pour ma part, j’ai adoré suivre le quotidien d’Evan et Lily, enfermés dans leur prison fédérale. J’aurais aimé que cette partie soit davantage développée car j’ai trouvé que cela apportait du relief et de l’intensité au récit.

Par ailleurs, j’aurais apprécié que les pouvoirs des différents déviants soient davantage exploités et que cet aspect de la dystopie conduisent vers une lutte plus dichotomique.

Malgré ces quelques bémols de lectrice exigeante, l’aventure Déviants 2 a été un véritable plaisir car la tension narrative véhiculée par le style de l’auteure suffit largement à transporter le lecteur d’une page à l’autre sans que la frénésie ne retombe. Merci sincèrement à Plumes du Web pour ce beau moment de lecture offerte, moment que je voudrais partager avec tous ceux  et celles qui sont prêts à vivre une expérience inédite dans un futur aux frontières du possible.

Nightfall de Jake Halpern et Peter Kujawinski

Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village. Alors que la Nuit les enveloppe, ils découvrent avec horreur qu’ils n’auraient vraiment pas dû…

 

Mon avis :

Nightfall est une fantasy young adult pleine de tensions qui dès les premières pages plonge le lecteur dans une ambiance sombre, enveloppée de mystères, qui ne s’arrête jamais.

Les auteurs y mettent en scène un monde original, une île abritant un village sur lequel La Nuit tombe pour les quatorze prochaines années. Les habitants qui, jusqu’alors, y vivaient tranquillement au gré du Jour qui les baignait depuis quatorze ans, sont contraints de quitter les lieux. Le climat froid, presque polaire, le manque de visibilité mais surtout, les règles auxquelles ils ont juré de se plier avant de s’installer sur ces terres, les y obligent. Pourtant, avant de prendre les bateaux qui les conduiront vers les régions désertiques, les villageois ont une dernière mission à accomplir : nettoyer, ranger et réaménager les maisons qui les ont accueillis…

Intrigués par ce rituel obéissant à des instructions aussi précises qu’étranges, Liam, Kana et Marine, trois jeunes villageois, s’interrogent… Que se passera-t-il à la tombée de La Nuit ? Le village sera-t-il investi par un autre peuple ?

La perte d’un collier, un malencontreux accident ainsi qu’une amitié indéfectible conduiront les trois adolescents à braver les interdits, à rester sur l’île malgré les promesses faites… Seuls dans un village plongé dans l’obscurité, nos trois héros découvriront, à leurs dépens, ce qui se cachait derrière les contes et légendes de leurs parents…

 

Ce qui m’a frappée tout au long du récit, c’est avant tout cette ambiance qui s’électrise à mesure que La Nuit tombe et que les préparatifs du départ avancent. La construction des chapitres, le choix des mots et des actions conduites tendent tous vers un seul et même objectif : faire naître le doute puis la terreur dans la tête des héros tout comme dans celle du lecteur qui se laisse happer par cette fuite désespérée mais inévitable qui propulse nos trois personnages vers une quête d’un ailleurs moins dangereux.

Qu’il s’agisse de Liam, Marine ou Kana, que le lecteur suit tour à tour au gré des nombreux rebondissements du récit, ils m’ont tous paru crédibles et attachants. Leur spécificité majeure est qu’ils endossent des rôles auxquels ils n’étaient pas forcément préparés… Liam, “l’homme fort” du groupe, physiquement diminué suite à un accident, va devenir rapidement le maillon faible à protéger tandis que Kana, aveugle de naissance, va peu à peu s’acclimater à ce nouvel environnement pour devenir l’élément moteur du récit. Quant à Marine, elle ne cessera de nous étonner par l’exploitation de ressources ancrées dans son histoire personnelle.

Si le récit nous projette de surprises en surprises, c’est grâce au style développé par les auteurs. Diaboliquement efficace, il sème le trouble et l’émotion au fur et à mesure des pages pour rendre cette histoire complètement addictive.

Nightfall est donc un coup de coeur pour moi qui saura séduire les amateurs de suspense et de frissons.

La Nuit des Fugitifs de Manon Fargetton

Trois ans après avoir découvert leurs extraordinaires pouvoirs, Izia et Morgane, dotées respectivement d’une vue perçante et d’une force de séduction, ont commencé une nouvelle vie, dans l’anonymat de leur identité secrète. E-Nathan, l’IA créée par leur ami assassiné par Pro-Eve – une organisation militant contre l’existence des mutants – les protège et les guide via son interface ou leurs téléphones.
Chacune évolue indépendamment mais le destin a décidé de les réunir à nouveau, lors d’un show télévisé présentant des mutants au public. Mais les filles ne sont pas seules, Samuel, le mutant à la santé de fer qui les a trahies pour rejoindre son père – le scientifique à l’origine du projet d’expérimentation génétique -, et Timothée, l’empathe, sont également présents. Le premier pour participer au show, le second pour servir une organisation secrète dont le but est de voler des informations qui doivent être révélées lors de l’émission.
Très vite, les forces en présence s’affrontent et le show est interrompu. Pris en otages, les quatre jeunes gens vont devoir mettre de côté leurs différents passés pour affronter l’ennemi et comprendre ce qui se passe vraiment.
Après le Suivant sur la Liste, Manon Fargetton nous propose La Nuits des Fugitifs, ce X-Men à la française extrêmement bien construit et à la prose efficace.
Dès le début, le ton est donné et le suspense nous emporte pour ne jamais nous lâcher.
L’histoire, racontée à cinq voix, développe le point de vue et les actions menées par chaque personnage, respectant ainsi la personnalité de tous et utilisant les capacités spécifiques des héros pour servir le récit.
Personnellement, dans ce second tome, j’ai particulièrement apprécié suivre Izia (alors que dans le premier tome, j’avais eu un vrai coup de coeur pour Timothée). Je l’ai trouvée drôle, pleine de bon sens et de maturité pour son âge. Car, ici, la jeune fille devient un leader naturel que l’on a plaisir à écouter.
Le bémol réside, pour moi, dans le choix des aptitudes mutantes des héros que j’ai trouvé peu original, sinon ce roman aurait pu être un coup de coeur tant il est bien mené.
Avec ce deuxième et dernier tome, l’auteure conclut brillamment sa saga, ce qui est tellement rare dans une série que je souhaite absolument le souligner.
La Nuit des Fugitifs est un thriller haletant, extrêmement bien ficelé, qui se lit vite et facilement pour un maximum de plaisir.

Les Élémentaires de Nadia Coste

Incapable de maîtriser son pouvoir lié au feu, Cassandra, unique héritière d’une  famille noble, s’enflamme à la moindre émotion forte. Espérer mener une vie normale est impossible ! Lorsque la jeune fille entend parler d’une cure miracle à l’autre bout du royaume, elle supplie donc ses parents de l’y envoyer. Mais voyager dans des conditions normales est impensable quand on risque de se transformer en véritable torche humaine à chaque instant : Cassandra devra traverser le pays en chariot, plongée dans un baquet d’eau, escortée par un aventurier débutant doté du pouvoir de l’eau. Hélas, le manque d’expérience de ce dernier pourrait laisser l’héritière sans défense face aux bandits de grand chemin et aux animaux élémentaires qui rôdent le long des routes du royaume…

 

Mon avis :

Avec Les Élémentaires, le lecteur est immergé dans un monde fantasy riche et captivant, obéissant à un système féodal où les grands seigneurs règnent en maître sur leur duché tandis qu’alentour les brigands et la faune sauvage se disputent les chemins.

Tous possèdent des pouvoirs liés aux quatre éléments mais une poignée d’entre eux, victimes de dérèglements hormonaux, ne parviennent pas à les maîtriser. Cassandra, jeune mage de feu, fait partie de ceux-là… Son handicap est tel qu’il l’oblige à passer la majeure partie de son temps dans l’eau d’une piscine pour ne pas déclencher d’incendie. Coupée du monde, de la vie et surtout des gens qui l’aiment, la jeune fille ne rêve que d’une chose : être choisie pour suivre une cure, seule véritable remède contre le mal qui la ronge et la prive de tout. Fille d’un Duc, Cassandra compte sur les relations et l’argent de son père afin d’exaucer son unique souhait…

Quand le miracle se produit et que sa candidature est enfin acceptée, l’adolescente pense être à l’aube d’un nouvel espoir… Les dangers qui parsèmeront son voyage, les complots qui rythmeront sa quête ainsi que l’inexpérience de ses gardes du corps entacheront son optimisme et feront de sa quête un véritable cauchemar…

 

Si le début du roman m’a convaincue en dressant le portrait d’une riche héritière que l’existence a malmené du fait de son handicap, la suite ne m’a pas emportée malgré un scénario riche en rebondissements.

La ritournelle des péripéties, le caractère un peu particulier de Cassandra qui oscille entre impulsivité, colère et égoïsme, le manque de tension narrative ont eu raison, à la longue, de mon détachement pour cette histoire.

Seul le style fluide de l’auteure, ponctué d’acronymes rigolos, a réussi à me garder entre ces pages.

 

Les Élémentaires sont donc une petite déception pour moi qui m’attendais à vivre une aventure young adult enlevée ou une romance pleine d’émotions…

L’originalité était pourtant au rendez-vous. Le thème du handicap lié à la magie aurait pu porter cette œuvre vers une dimension plus philosophique…

Je reste sur ma faim. 🙁

The Memory Book de Lara Avery

On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t’écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l’en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu’il lui faut, c’est un nouveau plan. C’est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu’elle s’envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu’elle vit. C’est là qu’elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

 

Mon avis :

The Memory Book est le journal des souvenirs de Sammie, une lycéenne de 17 ans, brillante, sage et raisonnable qui vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une dégénérescence cérébrale génétique capable de lui faire perdre la mémoire à tout moment.
Persuadée qu’elle peut gérer sa maladie et déjouer le sort dramatique qui lui pend au nez, la jeune fille jette pêle-mêle les événements de sa vie sur le disque dur de son ordinateur portable afin que son futur elle se souvienne précisément de qui elle était vraiment…
Le début du roman est marqué par une rigueur et un sérieux sans faille puisque Sam consigne tous ses faits et gestes ainsi que la moindre de ses impressions. Elle tente de dresser un auto-portrait fidèle, mais le lecteur sent déjà, dans ses propos, qu’elle écrit surtout pour se prouver qu’elle ne sombrera pas, qu’elle sera plus forte que la maladie et qu’elle s’en sortira. Sa rencontre avec Stuart, le garçon de ses rêves, au moment même où les symptômes de son mal se déclarent, fait basculer le récit quotidien dans la romance et ajoute une dimension émotionnelle au discours qui se limitait jusqu’alors à l’auto-dérision. Le mensonge par omission, l’intériorisation, la remise en question vont alors prendre le pas sur la logique pour faire rebondir l’histoire vers cette fin aussi touchante qu’inévitable…

Grâce au style qu’elle déploie, Lara Avery nous immerge dans la tête et le présent de Samantha, nous faisant vivre chaque épisode, qu’ils soient décisifs ou anodins, marquants ou insignifiants, comme si nous étions véritablement dans la peau de l’héroïne. Ainsi, chacun d’entre nous peut s’identifier à ce personnage incroyable qu’est Sammie, côtoyer la pléiade de seconds rôles qui l’épaule ou la confronte à ses erreurs et vivre cette aventure dramatique qui s’intensifie à chaque page tournée.

Si le début ne m’a pas totalement séduite, le contexte ainsi que la personnalité de Sammie m’ont peu à peu charmée jusqu’à cette conclusion terrible qui, il faut bien l’avouer, m’a arrachée quelques larmes.
Certes, le scénario est un peu couru d’avance mais les émotions sont bien placées et le ton qui oscille entre humour et tension dramatique fait vite disparaître les impressions de déjà-vu.
Avec The Memory Book, j’ai passé un moment d’intimité avec l’un des personnages de fiction les plus solides que j’ai jamais rencontré.
A lire pour l’émotion et la sincérité du discours qui dépeint sans détour la vie et les sentiments d’une personne qui s’efface peu à peu…

Le Suivant sur la Liste de Manon Fargetton

Nathan, 14 ans, petit génie de l’informatique, est sur le point de découvrir quelque chose d’important concernant une clinique privée lorsqu’il meurt dans un tragique accident de voiture. Mais était-ce vraiment un accident ? Izia n’en est pas certaine, elle a cru voir le chauffeur accélérer avant l’impact.
Peu après, l’adolescente se sent suivie, espionnée. Et tandis qu’elle reçoit un étrange e-mail du défunt, Izia ne peut s’empêcher de fouiller cette affaire. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Morgane, la super star du collège, Timothée, le cousin autiste de Nathan, ainsi que Samuel, le marginal s’engouffrent eux aussi dans cette histoire. Ensemble, les quatre jeunes gens vont mettre à jour des informations capitales. Une découverte qui bouleversera leur vie et celle de l’humanité …

Le Suivant sur la Liste est un bon thriller fantastique pour adolescent. Raconté à six voix par les principaux protagonistes, ce roman cultive le mystère et rebondit de péripéties en énigmes.
L’histoire est pourtant simple. Un adolescent (Nathan) pirate les données confidentielles d’une clinique privée. Il meurt mais laisse en héritage à quatre de ses paires des messages aussi inquiétantes que surprenants. Ces derniers, intrigués par les propos du défunt, se rassemblent pour dénouer les fils du mystère tandis que, dans l’ombre, les méchants se lancent à leurs trousses.
Le récit est rythmé. Les personnages alimentent tour à tour le suspens. La tension narrative grandit et le lecteur est pris dans une formidable spirale de questionnement.
Le final est très réussi, il laisse présumer d’une suite des plus intéressantes.
Quant aux quatre jeunes héros, je les ai tous trouvés accrocheurs. Ma préférence va cependant à Timothée, l’empathe un peu autiste, qui confère à l’histoire une tournure fantastique que j’affectionne tout particulièrement.
Avec le Suivant sur la Liste, vous passerez un agréable moment de lecture, même si le public visé concerne clairement la tranche d’âge 11/15 ans.

The Effigies, Tome 1 : Les Flammes du destin de Sarah Raughley

Les Fantômes – des créatures de cauchemar, mélange de chair pourrissante et de ténèbres –, terrorisent l’humanité depuis une centaine d’années. Pour les affronter, les pouvoirs surhumains des Effigies sont apparus peu après et, même si désormais, des boucliers protègent les grandes villes de la menace, les quatre dépositaires de cette puissance inimaginable – étrangement, toujours des femmes – sont aujourd’hui des célébrités mondiales. Ces capacités, ainsi que la somme des souvenirs de chaque combattante, se transmettent à la mort de chaque Effigie à son héritière, choisie au hasard quelque part sur la planète. Leurs hauts faits, leurs coups d’éclat et leurs frasques sont disséqués sans fin par les médias, et elles provoquent l’admiration d’une partie du grand public, qui se méfie pourtant de la Secte, la mystérieuse organisation chargée de les chapeauter.

À seize ans, Maia, dont la jumelle est morte dans un incendie, idolâtre, comme autrefois sa soeur, les Effigies. Quand Natalya, l’Effigie du feu, meurt dans d’étranges circonstances et que Maia est choisie pour prendre sa place, elle a du mal à comprendre ce qui lui arrive. Elle cache d’abord la vérité à son entourage… jusqu’au jour où le bouclier de New York présente une défaillance : y fait son apparition, pour la première fois, un homme énigmatique, Saul, qui semble capable à la surprise générale de contrôler les Fantômes. Terrifiée, sans préparation au combat, Maia se retrouve propulsée dans l’arène, contrainte de se battre aux côtés de trois jeunes filles qui, malheureusement, ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Rongée par la timidité, Lake n’a presque plus aucun rapport avec Chae Rin, elle-même mise à la retraite pour son impulsivité et sa violence, et toutes n’inspirent que le mépris à Bella, froide et incroyablement puissante. Sans compter que les souvenirs de Natalya reviennent, étouffants, hanter la conscience de la toute nouvelle Effigie.

Maia saura-t-elle survivre à l’entraînement de la Secte et unir ses camarades ? Quel secret cache Saul, qui semble littéralement changer de personnalité à intervalles réguliers ? Entre combats homériques et enquête glaçante sur les vraies raisons de la mort de Natalya, depuis la découverte du passé de ses camarades jusqu’à la révélation des ténébreuses origines de la Secte, la jeune fille se retrouve aspirée dans une dangereuse spirale : le feu qui couve en elle pourrait bien la consumer tout entière !

 

Mon avis :

The Effigies, Les Flammes du Destin commence tambours battants dans la ville de New York lorsqu’une armée de spectres, profitant d’une défaillance du système de protection de la cité, attaque la population… Et tandis que Maia, jeune lycéenne peu sûre d’elle, nouvellement promulguée Effigie, cette guerrière aux pouvoirs élémentaires, tente de sauver sa peau ainsi que celle d’une petite fille, elle est repérée par la Secte, l’organisation chargée d’éradiquer toute menace. Emmenée par une équipe conduite par Belle, l’égérie des Effigies, pour accomplir sa toute première mission, Maia pénètre avec appréhension dans un monde que, jusqu’alors, elle ne suivait qu’à travers les tabloïds et les forums de fans pour découvrir une réalité bien éloignée de ce qu’elle s’était imaginée… Les Effigies ne sont pas les héroïnes qu’elles vénéraient mais des pantins à la solde de la Secte qui ne cesse d’édicter des lois sans véritable fondement. Lorsque des souvenirs des anciennes Effigies, mortes au combat, font irruption dans sa tête, Maia est troublée par la discordance entre ce qu’elle voit et ce qu’on s’évertue à lui dire. Alors quand un certain Saul, un garçon étrange qui possède certains pouvoirs dont celui de contrôler les spectres, cherche à la contacter, la jeune fille ne sait plus quoi penser… En menant son enquête, Maia va découvrir les dessous d’une histoire abracadabrante dont les répercussions mettront en péril sa vie et celle de ses camarades Effigies.

Si le scénario rebondit d’actions en actions sans jamais s’arrêter, le livre, lui, répond au classique du genre fantastique avec une opposition entre deux groupes qui s’affrontent pour gagner le pouvoir et dont l’héroïne va subir les mensonges ainsi que les menaces jusqu’à l’éclatement de la vérité.
Avec ce premier tome, la saga démarre plutôt fort en semant des graines de mystère tout au long des pages. Le lecteur est happé par la tension narrative qui le transporte de missions en missions sans jamais pouvoir vraiment dénouer les fils de l’intrigue qui se tissent à son insu.
Les souvenirs apportés par les précédentes Effigies ainsi que le dédoublement de personnalité qui affecte Saul, ce personnage ambigu, considéré tout d’abord comme LE méchant de l’histoire avant de devenir un maillon essentiel dans la chaîne d’énigmes à résoudre représentent, à mes yeux, les points forts du roman.

Le personnage de Maia reste cependant assez conventionnel puisqu’on retrouve une héroïne novice et malléable, au prise avec des événements qui la dépassent et qui va utiliser cette épreuve pour se forger une identité propre. L’originalité de son caractère repose surtout sur le fait qu’elle refuse d’utiliser ses pouvoirs, estimant d’une part ne pas mériter le don qui lui est fait et d’autre part, ne pas être à la hauteur des nouvelles responsabilités qui lui incombent.
En ce qui concerne les autres Effigies, on peut souligner la présence de Belle, la taciturne du groupe, qui apporte la touche de relief nécessaire à ce récit ainsi que la présence de Rhys et Vasily, ces gardes du corps aux buts pour le moins contradictoires.

La lecture est facile et agréable car le style reprend les codes classiques de ce genre d’œuvre.

The Effigies, Les Flammes du Destin, est donc pour moi le premier épisode d’une saga fantastique young adult assez réussie. Reste à savoir si les questions laissées en suspend dans ce premier opus seront reprises et expliquées dans les prochains tomes.
A suivre…

Reboot Tome 1 : Reboot de Amy Tintera

Dans un monde où le virus KDH fait mourir les gens et rebooter les plus jeunes, la SHER, l’organisation gouvernementale qui régit le monde, recueille ces morts redevenus vivants pour en faire des soldats obéissants, traquant froidement les criminels ainsi que les contestataires. Wren fait partie de l’élite. Avec ses 178 minutes de mort, elle est le meilleur soldat qui existe, doublée d’une formatrice hors paire.
Lorsque Callum, surnommé 22 en raison de ses 22 minutes de non-vie, devient son apprenti, personne ne comprend. Pourquoi la jeune fille perd-elle son temps avec ce presque humain ? Wren, elle, fait fi des rumeurs qui circulent car, avec Callum, c’est comme si sa vie reprenait le chemin des émotions trop longtemps oubliées.
Mais en laissant ses sentiments l’envahir, 178 va vite se rendre compte que son idéal de vie, jusqu’alors contrôlé et raisonné, va beaucoup changer…

Curieuse de découvrir l’histoire qui se cachait derrière ce synopsis énigmatique, j’ai ouvert Reboot.
L’univers dystopique m’a aussitôt séduite ainsi que cette rencontre improbable entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se fréquenter.
Wren est aussi professionnelle et méthodique que Callum est sentimental. L’alchimie qui s’instaure entre eux malgré le poids du regard des autres, et en particulier de l’administration, rend le récit attractif. Pourtant, passé l’introduction, le livre retombe dans la banalité de la rébellion classique et attendue qui se manifeste par : une évasion, une course-poursuite et une quête au remède miraculeux. Le run-trip est long et il n’apporte pas grand chose à l’intrigue si ce n’est le rapprochement des deux héros qui aurait eu lieu quoiqu’il arrive.
Reboot n’est donc pas la lecture que j’attendais. Je pensais trouver une héroïne forte et compliquée, elle n’est en fait qu’une jeune recrue naïve qui change d’avis aussi vite qu’elle tombe amoureuse malgré son reconditionnement exceptionnel. De ce point de vue, j’ai trouvé l’histoire peu convaincante voire caricaturale.
Malgré tout, Reboot est un roman qui se lit facilement, eu style fluide et agréable. Dommage que le scénario soit resté dans les sentiers battus.

La Loi du Dôme, tome 2 : L’Espoir de Sarah Crossan

Après la destruction du Bosquet, Alina, Quinn, Bea et une poignée de survivants veulent gagner Sequoïa, l’autre enclave résistante et tandis que certains le font en bateau, d’autres choisissent les chemins terrestres, plus dangereux.
Personne ne sait ce qu’ils vont y trouver car Sequoïa est une communauté étrange… Une communauté qui pratique des tests de fertilité, qui impose à ses ressortissants un métier ainsi qu’un partenaire…
Loin du Dôme, affranchis des castes, nos héros devront encore se battre pour conserver leurs libertés élémentaires alors que Ronan, l’espion militaire, n’aura de cesse de les retrouver…
Dehors comme dedans, la situation n’a jamais été aussi explosive.

Second Tome de la Duologie La Loi du Dôme, L’Espoir ponctue avec soin cette dystopie young adult de science fiction.
Dans cet ouvrage, plus que jamais, il est question de survie. Survie sous le Dôme où les émeutes ont conduit le gouvernement à se durcir, quitte à prendre des mesures encore plus restrictives pour démasquer les résistants. Survie dans la communauté de Sequoïa où des règles avilissantes régissent le quotidien. Survie enfin dans le monde extérieur où la faim, le froid et le manque d’oxygène transforme n’importe qui en proie potentielle pour les vagabonds.
D’un point de vue de la trame, le récit se divise en cinq parties : le voyage, le choix, la fuite, le retour et le printemps. Chacune nous immerge dans une aventure aux enjeux puissants où l’instinct et le bon sens guident les prises de décision.

On retrouve bien évidemment, en personnage principal, Alina et ses convictions fortes, qui sera dans ce roman la pierre angulaire de la résistance, mais aussi Quinn et Bea qui rêvent d’une vie meilleure à partager ensemble malgré leur appartenance à des castes différentes. On fait aussi mieux connaissance avec Ronan dont le rôle, parfois ambigu, sera néanmoins essentiel… Et puis, il y a cette myriade de seconds rôles distribués de façon magistrale pour que le tome vive des rebondissements extraordinaires…

Si l’histoire est racontée à quatre voix, c’est pour que le lecteur s’imprègne de chaque univers et de chaque épreuve comme s’il la vivait pleinement.
Le style est accrocheur. Simple mais bigrement efficace.
Le rythme est soutenu tout au long du récit grâce aux rebondissements que connaissent tous nos héros.

Quant à la conclusion, elle est à l’image du titre, porteuse d’espoirs…

J’avais adoré le premier tome, ce deuxième volume est à mon sens tout aussi réussi car les questions de fond restent fortes. Intégrité, convictions, loyauté et sacrifice de soi pour le bien commun sont les valeurs que ce livre défend.
Un beau moment de lecture en compagnie de personnages attachants.

A Kiss in the Dark de Cat Clarke

Alex et Kate se sont connus grâce au site internet de leur groupe de musique favori. Très vite, ils ont sympathisé et échangé leurs numéros de téléphone. Après de longues conversations téléphoniques et moult échanges de SMS, ils ont enfin décidé de franchir le cap : se rencontrer pour la toute première fois, lors d’un concert au cours duquel ils sont évidemment tombés amoureux. Cachant leur idylle aux yeux du monde, ils se retrouvent en secret… Ce serait vraiment romantique si l’un d’entre eux n’était pas un menteur…

A Kiss in the Dark est un roman qui se déroule en deux actes.
Le premier est raconté par Alex, une jeune fille de quinze ans, pas très bien dans sa peau, qui se cherche. Elle nous raconte sa rencontre avec Kate ainsi que les semaines de pur bonheur que les filles vont partager avant que le terrible secret d’Alex n’éclate. Car Alex est une fille ! Une fille qui ment, qui se travestit et qui se cache aux yeux de tous afin de préserver cet amour unique qu’elle a réussi à construire malgré son peu de confiance en elle. Page après page, elle nous montre son ingéniosité, sa culpabilité aussi… Puis, la situation se complique et Alex, convaincue par son frère, décide de rompre avec Kate au lieu de lui avouer la vérité.
La seconde partie du roman est conduite par Kate, cette jeune fille larguée par un petit-ami parfait. Éplorée, Kate veut comprendre et finit par se présenter de manière impromptue au domicile d’Alex où le pot aux roses éclate… Se sentant trahie et bafouée dans son honneur, Kate veut se venger. Alors quand l’occasion se présente, la jeune fille laisse courir de sombres rumeurs. Alex l’aurait agressée… Et la situation dégénère. Alex est arrêtée.  Kate s’enfoncent dans ses mensonges et chose incroyable, Alex la soutient…

Dès le début de l’histoire, Cat Clarke joue sur l’ambiguïté, laissant Alex s’exprimer comme s’il était vraiment un garçon. Puis, à mesure que la situation devient trop pénible à gérer, la vérité stylistique éclate. Alex n’est qu’une usurpatrice qui nous livre pas à pas ses choix, sa différence, ses ressentis ainsi que son désarroi, allant jusqu’à assumer un crime qu’elle n’a pas commis dans le seul but de se faire pardonner sa faute. Tout au long de ce passage, le lecteur n’a qu’une seule question en tête : comment Kate fait-elle pour passer à côté de la vérité ? Car sans être totalement honnête, Alex n’est pas non plus une as du camouflage.
Si les chapitres concernant Alex sont un peu longuets, se perdant dans les détails du quotidien, la partie exprimée par Kate est, quant à elle, complètement addictive à cause du second mensonge, presque pire que le premier, et, surtout, de ses conséquences désastreuses… A chaque page, Kate nous renvoie sa stupidité et sa honte. Honte de ne pas avoir vu, honte de ne pas avoir compris… Elle nous confie son immense chagrin qui commute finalement en vengeance personnelle. Le lecteur est alors saisi d’effroi en constatant que la jeune fille est résolue à aller au bout de sa démarche, qu’Alex va bel et bien être punie pour un crime, mais pas pour celui qu’elle a commis.
Dans ce livre, les deux actes se répondent par leur similitude. On y retrouve dans le même ordre : la souffrance, le mensonge, la culpabilité, l’entêtement et enfin l’abandon. C’est comme si les deux héroïnes se répondaient en écho, l’une faisant revivre à l’autre ce qu’elle a ressenti.

La force de ce roman réside essentiellement dans le choix des personnages qui sont touchants de naïveté et de candeur, qui sont aussi tellement humains. Ils dénoncent sans détour certains travers de l’homme comme l’égoïsme, la malhonnêteté, le manque de courage… mais défendent également certaines valeurs : l’amour véritable, le sacrifice de soi, le pardon, l’acceptation des différences…
Alors même si je me suis un peu ennuyée en accompagnant Alex dans sa trahison, ce livre m’a quand même touchée par les émotions qu’il dégage.
A Kiss in the Dark est une romance réussie, pleine de surprises et de sentiments qui donne matière à réfléchir sur nos prises de décision ainsi que sur les comportements que nous adoptons, en particulier face à la différence des autres…