Ronces Blanches et Roses Rouges de Lætitia Arnould

Résumé éditeur :

Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.
Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.
Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.

ISBN : Broché : 979-10-97222-00-0 | Numérique : 979-10-97222-01-7

Pages : 244

Date de parution : 27 Février 2017

 

Mon avis :

Avec Ronces Blanches et Roses Rouges, l’auteure immerge le lecteur dans un univers de conte tel qu’on pouvait en lire, enfant, assis sur les genoux de nos parents.
La magie est à chaque page et nous transporte dans un récit où vengeance rime avec mélodies enchanteresses et passé oublié.

Dans ce conte, on suit deux sœurs, Blanche et Rose, filles d’un illusionniste qui croit que son jour de gloire vient d’arriver. Et tandis qu’il se rend sur son lieu de spectacle, la ville subit un tremblement de terre qui bouleverse son existence ainsi que celle de ses filles. Les deux sœurs sont kidnappées par une marâtre qui les séquestre dans une maison perdue au fond des bois.
Ayant perdue la mémoire, les deux fillettes grandissent dans cet univers étrange où chaque sortie est un défi contre la nature et surtout contre l’ours qui semble les traquer. Leur quotidien oscille entre corvées et ennui jusqu’au jour où la marâtre décide qu’il est grand temps que Blanche se marie…
Atterrée par cette décision qui l’oblige à quitter sa sœur et la maison, Blanche s’enfuit… Mais en pensant échapper à son destin, la jeune femme ne fait que s’enfoncer davantage dans un plan machiavélique fomenté contre elle depuis longtemps. Un plan qui met en scène un Pianiste aux mélodies envoutantes…

Si l’histoire se concentre essentiellement sur Blanche, cette jeune fille courageuse et sage, qui ne cesse de vouloir protéger sa sœur envers et contre tout, le lecteur croise également la route d’un geôlier aussi froid que charmant mais aussi celle d’un ours plutôt protecteur, d’une petite sœur pétillante en proie aux sautes d’humeur, d’un nain énigmatique et d’une marâtre manipulatrice.

J’ai adoré le personnage de Blanche ainsi que celui du Pianiste. J’ai aimé leurs duels ainsi que leurs rapprochements, l’univers dans lequel leur affrontement s’exerce… J’ai aimé aussi la revisite, ses codes et les références multiples aux histoires traditionnelles qui font notre culture commune : Boucle d’Or, le Petit Chaperon Rouge, Hansel et Gretel, la Petite Sirène, la Reine des Neiges, Blanche-Neige, la Belle aux Bois Dormants…
J’aurais cependant voulu que la marâtre et le nain soient davantage mis en lumière et que la seconde partie du récit soit mieux développée pour que le suspense et la tension puissent pleinement prendre leur envol.

Du point de vue du style, j’ai globalement apprécié la plume de l’auteure qui, là encore, s’est mise au diapason du genre littéraire qu’elle voulait créer : un conte traditionnel. J’ai toutefois regretté, par moment, certaines lourdeurs dans les tournures de phrase.

Malgré ces quelques bémols, l’aventure Ronces Blanches et Roses Rouges vaut vraiment le coup d’être tentée car la magie est là, sous nos yeux, au fil des pages, et elle opère pour nous faire revivre des sensations oubliées, des sensations de petite fille émerveillée qui n’attend que le dénouement de l’histoire pour reprendre son souffle.
Amateur(e)s de Grimm ou d’Andersen, ce roman est pour vous.

Les Vilains Contes n°1 – Collectif

Les vilains contes de L’ivre-Book se veulent un hommage à la littérature fantastique d’hier et d’aujourd’hui. Un vivier au sein duquel se côtoient les auteurs confirmés et ceux en voie d’éclosion, tous au service de ce genre qui nous a fait rêver ou cauchemarder depuis toujours.

Les plumes libèrent leurs histoires tantôt effrayantes tantôt grinçantes pour notre plus grand plaisir.

12 auteurs sont au sommaire de ce premier volume, autant de variantes sur notre littérature de prédilection.

Zombies, vampires ou encore psychopathes, ils vous attendent tous au creux de ces pages.

Mon avis :

En ouvrant ce livre, on pénètre immédiatement dans un autre monde, celui du fantasy / fantastique où zombies, vampires, succubes, sorcières et autres créatures terrifiantes se disputent la vedette…

Écrits par douze auteurs différents, les histoires et les univers se succèdent pour nous livrer une œuvre dont les fils conducteurs sont invariablement le mystère et la tension.

Qu’il s’agisse d’une réécriture du conte de La Belle au Bois dormant, d’une lettre adressée à un vampire, d’un compte-rendu de recherches médicales, d’un flot de pensées intérieures ou de purs récits façon road trip ou bien traditionnels, tous ces textes sont originaux et abordent des thèmes bien connus de la littérature fantastique en empruntant des chemins inusités…

Alors même si, parfois, certains textes manquent de relief ou de profondeur, que les styles varient du langage parlé aux phrases classiques en passant par des plumes modernes, laissez-vous surprendre par ce florilèges de personnages tous extrêmement bien bâtis ainsi que par l’intensité narrative afin de découvrir comment l’homme pourrait évoluer si une étrange pandémie venait à ravager l’ensemble de la planète, comment un agent du F.B.I. se laisse abuser par une enquête des plus étranges, comment un artiste en quête de gloire est prêt à tout, comment un jeune vampire maladroit et gaffeur émerge de sa solitude, comment un chevalier courageux sauve une princesse et un royaume d’une malédiction centenaire, comment un enfant devient un meurtrier psychopathe, comment une gardienne de cimetière gère son cheptel de morts, comment des fantômes peuvent vous accompagner sur une portion de route, comment une succube parvient à vous voler votre âme, comment une contamination peut changer votre vie en véritable cauchemar, comment un pacte diabolique peut se retourner contre son signataire et, enfin, comment un arbre maléfique peut assouvir sa soif de sang…

Personnellement, je suis totalement tombée sous le charme de la plume de Bénédicte Coudrière tout comme j’ai adoré plonger dans l’univers envoûtant de Henri Bé.

Alors comme moi, n’hésitez pas à tourner les pages de ce recueil de nouvelles pour découvrir de nouveaux talents.

Merci aux éditions L’ivre-Book pour ce beau moment de lecture.

Déviants Tome 1 : Innocence de Cara Solak

Survie. Résistance. Liberté.

3 petits mots simples. Le combat de toute une vie.
La lutte commence ici…

Gabrielle, 20 ans, est une jeune fille secrète et solitaire. Mais depuis longtemps déjà, elle se sait différente, de ce genre de différence dont il ne vaut mieux pas parler. Alors elle vit avec et préfère se faire discrète en ces temps troublés.

Sa rencontre explosive avec Matthew, jeune professeur de psychologie aussi attirant qu’agaçant, voit toutes ses certitudes voler en éclats.

Parce qu’elle n’est pas seule. Ils ne sont pas seuls à être différents.
Pour le gouvernement, ils sont considérés comme des…Déviants.

Mais Gaby est-elle prête à entendre la vérité ?

 

Mon avis :

Le livre commence avec la voix de Gaby, sur les bancs de l’université, le jour de la rentrée, le premier jour de sa toute nouvelle vie à Clarks, petite bourgade tranquille de Californie.

Le lecteur comprend vite que la jeune femme n’est pas comme les autres, qu’elle a un pouvoir, celui de pénétrer la tête des gens qu’elle côtoie. Seule, isolée car recherchée par les autorités à cause de son don, Gaby va pourtant nouer des liens ambigus avec son professeur de psychologie, Matthew Baker, qui la fascine autant qu’il l’exaspère du fait de son arrogante assurance et de leur aptitude commune : lire les pensées. Et tels les deux pôles d’un aimant, les deux jeunes gens vont jouer à “Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis” jusqu’à ce que la situation se complique et que Julia, la meilleure amie de Gaby, soit sur le point de se faire arrêter pour avoir découvert, au hasard d’une enquête de police, une liste secrète… que le gouvernement protège.

Sans penser aux conséquences de leurs actes, Matthew et Gaby vont se lancer à la rescousse de la jeune femme et, par la même, plonger au coeur de la résistance qui s’organise afin de contrer l’arrestation systématique et sans fondement de ce qu’ils sont : des Déviants…

 

Si l’entrée dans cette histoire a été quelque peu compliquée pour moi, la suite n’a été que pure plaisir.

Le scénario, après quelques chapitres introductifs un peu longs, prend vraiment son envol pour ne plus jamais lâcher le suspense. L’histoire flirte sans cesse avec la trahison et le doute, l’incertitude et la manipulation. Le final est superbe et donne le ton pour une suite extrêmement intéressante…

 

Les deux personnages principaux sont tout en relief et campent des héros aussi sensibles que déterminés.

Dans le rôle de la novice, Gaby joue de curiosité et de force de caractère pour faire avancer le récit tout en préservant le mystère.

Matthew, lui, reste assez en retrait pendant une bonne moitié de l’aventure pour finalement nous dévoiler ses attentes ainsi que ses appréhensions. A ce moment du roman, les barrières tombent et la romance fait basculer le thriller vers des nuances plus subtiles du fait des sentiments qui se déploient.

Il faut ajouter aussi que ce livre possède une pléiade de seconds rôles indispensables. J’ai tout particulièrement aimé celui d’Evan, le confident qui deviendra également l’initiateur de Gaby dans le contrôle et le développement de ses pouvoirs. J’ai adoré aussi celui de Jake Sawyers, le père de Gaby, maillon essentiel au destin tragique…

 

Le style de l’auteure m’a un peu laissée perplexe au départ, puis je me suis habituée à cet enchaînement de phrases simples mais efficaces, à ces dialogues tranchés, pour ne finalement ressentir que l’énergie de la narration et la force des émotions.

 

Mon seul petit regret : que l’univers dystopique, mélange d’autoritarisme et de restrictions liées au développement durable, ne soit pas plus marqué car même s’il organise le quotidien de cette société, il aurait été souhaitable qu’il s’exprime de façon plus engagée, voire contraignante.

 

Ce premier tome de Déviants me donne clairement envie de connaître la suite de cette saga young adult qui oscille délicieusement entre dystopie et thriller tandis que la romance titille nos sens au fil des pages. L’histoire ainsi que son traitement m’a un peu fait penser à la série américaine Tomorrow People’s. Merci aux éditions Plumes du Web pour m’avoir fait connaître un deuxième coup de coeur.

A lire de toute urgence pour tous les frissons qu’il procure.

La Nuit des Fugitifs de Manon Fargetton

Trois ans après avoir découvert leurs extraordinaires pouvoirs, Izia et Morgane, dotées respectivement d’une vue perçante et d’une force de séduction, ont commencé une nouvelle vie, dans l’anonymat de leur identité secrète. E-Nathan, l’IA créée par leur ami assassiné par Pro-Eve – une organisation militant contre l’existence des mutants – les protège et les guide via son interface ou leurs téléphones.
Chacune évolue indépendamment mais le destin a décidé de les réunir à nouveau, lors d’un show télévisé présentant des mutants au public. Mais les filles ne sont pas seules, Samuel, le mutant à la santé de fer qui les a trahies pour rejoindre son père – le scientifique à l’origine du projet d’expérimentation génétique -, et Timothée, l’empathe, sont également présents. Le premier pour participer au show, le second pour servir une organisation secrète dont le but est de voler des informations qui doivent être révélées lors de l’émission.
Très vite, les forces en présence s’affrontent et le show est interrompu. Pris en otages, les quatre jeunes gens vont devoir mettre de côté leurs différents passés pour affronter l’ennemi et comprendre ce qui se passe vraiment.
Après le Suivant sur la Liste, Manon Fargetton nous propose La Nuits des Fugitifs, ce X-Men à la française extrêmement bien construit et à la prose efficace.
Dès le début, le ton est donné et le suspense nous emporte pour ne jamais nous lâcher.
L’histoire, racontée à cinq voix, développe le point de vue et les actions menées par chaque personnage, respectant ainsi la personnalité de tous et utilisant les capacités spécifiques des héros pour servir le récit.
Personnellement, dans ce second tome, j’ai particulièrement apprécié suivre Izia (alors que dans le premier tome, j’avais eu un vrai coup de coeur pour Timothée). Je l’ai trouvée drôle, pleine de bon sens et de maturité pour son âge. Car, ici, la jeune fille devient un leader naturel que l’on a plaisir à écouter.
Le bémol réside, pour moi, dans le choix des aptitudes mutantes des héros que j’ai trouvé peu original, sinon ce roman aurait pu être un coup de coeur tant il est bien mené.
Avec ce deuxième et dernier tome, l’auteure conclut brillamment sa saga, ce qui est tellement rare dans une série que je souhaite absolument le souligner.
La Nuit des Fugitifs est un thriller haletant, extrêmement bien ficelé, qui se lit vite et facilement pour un maximum de plaisir.

Le Suivant sur la Liste de Manon Fargetton

Nathan, 14 ans, petit génie de l’informatique, est sur le point de découvrir quelque chose d’important concernant une clinique privée lorsqu’il meurt dans un tragique accident de voiture. Mais était-ce vraiment un accident ? Izia n’en est pas certaine, elle a cru voir le chauffeur accélérer avant l’impact.
Peu après, l’adolescente se sent suivie, espionnée. Et tandis qu’elle reçoit un étrange e-mail du défunt, Izia ne peut s’empêcher de fouiller cette affaire. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Morgane, la super star du collège, Timothée, le cousin autiste de Nathan, ainsi que Samuel, le marginal s’engouffrent eux aussi dans cette histoire. Ensemble, les quatre jeunes gens vont mettre à jour des informations capitales. Une découverte qui bouleversera leur vie et celle de l’humanité …

Le Suivant sur la Liste est un bon thriller fantastique pour adolescent. Raconté à six voix par les principaux protagonistes, ce roman cultive le mystère et rebondit de péripéties en énigmes.
L’histoire est pourtant simple. Un adolescent (Nathan) pirate les données confidentielles d’une clinique privée. Il meurt mais laisse en héritage à quatre de ses paires des messages aussi inquiétantes que surprenants. Ces derniers, intrigués par les propos du défunt, se rassemblent pour dénouer les fils du mystère tandis que, dans l’ombre, les méchants se lancent à leurs trousses.
Le récit est rythmé. Les personnages alimentent tour à tour le suspens. La tension narrative grandit et le lecteur est pris dans une formidable spirale de questionnement.
Le final est très réussi, il laisse présumer d’une suite des plus intéressantes.
Quant aux quatre jeunes héros, je les ai tous trouvés accrocheurs. Ma préférence va cependant à Timothée, l’empathe un peu autiste, qui confère à l’histoire une tournure fantastique que j’affectionne tout particulièrement.
Avec le Suivant sur la Liste, vous passerez un agréable moment de lecture, même si le public visé concerne clairement la tranche d’âge 11/15 ans.

The Effigies, Tome 1 : Les Flammes du destin de Sarah Raughley

Les Fantômes – des créatures de cauchemar, mélange de chair pourrissante et de ténèbres –, terrorisent l’humanité depuis une centaine d’années. Pour les affronter, les pouvoirs surhumains des Effigies sont apparus peu après et, même si désormais, des boucliers protègent les grandes villes de la menace, les quatre dépositaires de cette puissance inimaginable – étrangement, toujours des femmes – sont aujourd’hui des célébrités mondiales. Ces capacités, ainsi que la somme des souvenirs de chaque combattante, se transmettent à la mort de chaque Effigie à son héritière, choisie au hasard quelque part sur la planète. Leurs hauts faits, leurs coups d’éclat et leurs frasques sont disséqués sans fin par les médias, et elles provoquent l’admiration d’une partie du grand public, qui se méfie pourtant de la Secte, la mystérieuse organisation chargée de les chapeauter.

À seize ans, Maia, dont la jumelle est morte dans un incendie, idolâtre, comme autrefois sa soeur, les Effigies. Quand Natalya, l’Effigie du feu, meurt dans d’étranges circonstances et que Maia est choisie pour prendre sa place, elle a du mal à comprendre ce qui lui arrive. Elle cache d’abord la vérité à son entourage… jusqu’au jour où le bouclier de New York présente une défaillance : y fait son apparition, pour la première fois, un homme énigmatique, Saul, qui semble capable à la surprise générale de contrôler les Fantômes. Terrifiée, sans préparation au combat, Maia se retrouve propulsée dans l’arène, contrainte de se battre aux côtés de trois jeunes filles qui, malheureusement, ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Rongée par la timidité, Lake n’a presque plus aucun rapport avec Chae Rin, elle-même mise à la retraite pour son impulsivité et sa violence, et toutes n’inspirent que le mépris à Bella, froide et incroyablement puissante. Sans compter que les souvenirs de Natalya reviennent, étouffants, hanter la conscience de la toute nouvelle Effigie.

Maia saura-t-elle survivre à l’entraînement de la Secte et unir ses camarades ? Quel secret cache Saul, qui semble littéralement changer de personnalité à intervalles réguliers ? Entre combats homériques et enquête glaçante sur les vraies raisons de la mort de Natalya, depuis la découverte du passé de ses camarades jusqu’à la révélation des ténébreuses origines de la Secte, la jeune fille se retrouve aspirée dans une dangereuse spirale : le feu qui couve en elle pourrait bien la consumer tout entière !

 

Mon avis :

The Effigies, Les Flammes du Destin commence tambours battants dans la ville de New York lorsqu’une armée de spectres, profitant d’une défaillance du système de protection de la cité, attaque la population… Et tandis que Maia, jeune lycéenne peu sûre d’elle, nouvellement promulguée Effigie, cette guerrière aux pouvoirs élémentaires, tente de sauver sa peau ainsi que celle d’une petite fille, elle est repérée par la Secte, l’organisation chargée d’éradiquer toute menace. Emmenée par une équipe conduite par Belle, l’égérie des Effigies, pour accomplir sa toute première mission, Maia pénètre avec appréhension dans un monde que, jusqu’alors, elle ne suivait qu’à travers les tabloïds et les forums de fans pour découvrir une réalité bien éloignée de ce qu’elle s’était imaginée… Les Effigies ne sont pas les héroïnes qu’elles vénéraient mais des pantins à la solde de la Secte qui ne cesse d’édicter des lois sans véritable fondement. Lorsque des souvenirs des anciennes Effigies, mortes au combat, font irruption dans sa tête, Maia est troublée par la discordance entre ce qu’elle voit et ce qu’on s’évertue à lui dire. Alors quand un certain Saul, un garçon étrange qui possède certains pouvoirs dont celui de contrôler les spectres, cherche à la contacter, la jeune fille ne sait plus quoi penser… En menant son enquête, Maia va découvrir les dessous d’une histoire abracadabrante dont les répercussions mettront en péril sa vie et celle de ses camarades Effigies.

Si le scénario rebondit d’actions en actions sans jamais s’arrêter, le livre, lui, répond au classique du genre fantastique avec une opposition entre deux groupes qui s’affrontent pour gagner le pouvoir et dont l’héroïne va subir les mensonges ainsi que les menaces jusqu’à l’éclatement de la vérité.
Avec ce premier tome, la saga démarre plutôt fort en semant des graines de mystère tout au long des pages. Le lecteur est happé par la tension narrative qui le transporte de missions en missions sans jamais pouvoir vraiment dénouer les fils de l’intrigue qui se tissent à son insu.
Les souvenirs apportés par les précédentes Effigies ainsi que le dédoublement de personnalité qui affecte Saul, ce personnage ambigu, considéré tout d’abord comme LE méchant de l’histoire avant de devenir un maillon essentiel dans la chaîne d’énigmes à résoudre représentent, à mes yeux, les points forts du roman.

Le personnage de Maia reste cependant assez conventionnel puisqu’on retrouve une héroïne novice et malléable, au prise avec des événements qui la dépassent et qui va utiliser cette épreuve pour se forger une identité propre. L’originalité de son caractère repose surtout sur le fait qu’elle refuse d’utiliser ses pouvoirs, estimant d’une part ne pas mériter le don qui lui est fait et d’autre part, ne pas être à la hauteur des nouvelles responsabilités qui lui incombent.
En ce qui concerne les autres Effigies, on peut souligner la présence de Belle, la taciturne du groupe, qui apporte la touche de relief nécessaire à ce récit ainsi que la présence de Rhys et Vasily, ces gardes du corps aux buts pour le moins contradictoires.

La lecture est facile et agréable car le style reprend les codes classiques de ce genre d’œuvre.

The Effigies, Les Flammes du Destin, est donc pour moi le premier épisode d’une saga fantastique young adult assez réussie. Reste à savoir si les questions laissées en suspend dans ce premier opus seront reprises et expliquées dans les prochains tomes.
A suivre…

Le Dérobeur d’Âmes de Kristin et Fanelly Andrews

Dans une vie future, la Terre est sous l’influence d’une société secrète qui a infiltré la plupart des institutions. Son leader est prêt à tout pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.
Quand Agathe a créé son blog, elle ne s’imaginait pas qu’elle deviendrait leur centre d’intérêt. Travaillant dans l’armée de terre, elle commet une grave erreur en piratant le site des Renseignements Généraux. Elle n’a pas d’autre choix que d’intégrer la DCRG. Elle ignore que sa vie va prendre une toute nouvelle direction, là où elle ne s’attendait pas à trouver des réponses.
C’est au moment de sa rencontre avec Victor, revenu en France pour se venger de son père, que son pire cauchemar refait surface. Serait-ce le fruit de son imagination ? Elle va mener l’enquête en parallèle, car de nombreux cadavres sont découverts. L’humanité serait-elle victime d’une nouvelle épidémie, ou tout simplement d’un sérial killer d’un nouveau genre ?
Agathe et Victor sont la clé. Ils vont devoir s’associer et découvrir comment et pourquoi ils sont liés, au point que leur mission va bouleverser leurs croyances sur les origines de la vie.

Tout comme Yannick du blog prose-café (http://www.prose-cafe.fr/leblog/) avec qui j’effectue cette lecture commune, je tiens à remercier les auteures qui ont la gentillesse de nous confier leur « bébé ». Ce qui n’est pas toujours une chose très aisée.

Avec le Dérobeur d’Âmes, Kristin et Fanelly Andrews entraînent le lecteur dans une dystopie mêlant science fiction et fantastique. L’intrigue, racontée à deux voix, explore plusieurs genres. Si la trame principale de l’histoire appartient au roman policier avec une enquête, une récolte d’indices et une confrontation, la romance et le thriller s’invitent également à la fête pour apporter leur sel.

Avec la voix d’Agathe, une jeune fille de 25 ans, ex-militaire, hackeuse à ses heures et surtout membre de la DGSE, on plonge directement dans l’action. Kidnappée par les hommes de Patrick Connor, l’illustre magnat des affaires, parce qu’il pense qu’elle lui a volé des informations classées top secret, la jeune détective découvre les prémices d’un complot. Quand elle parvient à s’enfuir, son employeur la place aussitôt sur l’enquête destinée à relier une série de meurtres aussi étranges qu’inexpliqués au richissime homme d’affaires. Intriguée par les données qu’elle a déjà collectées, qui font écho à son histoire personnelle, Agathe s’investit corps et âme dans son investigation jusqu’à infiltrer la secte satanique de sa cible sans savoir qu’elle est sur le point de faire de fameuses découvertes sur son passé ainsi que sur ses étranges capacités de précognition.

Avec Victor, le fils de Patrick Connor, l’histoire prend des allures de règlement de compte car ce dernier, brimé par un père intransigeant et manipulateur, veut désespérément sa revanche. Il s’est fixé un but ultime, faire tomber son géniteur du pied d’estale qu’il s’est construit. Appartenant à une organisation secrète nommée La Légion, qui souhaite soupçonne l’homme d’affaires de tremper dans un complot de grande envergure, le jeune est chargé de récolté des preuves à charge. Son chemin croisa celui d’Agathe qu’il devra initier et protéger.

L’histoire d’amour, en dents de scie, complète intelligemment le scénario, apportant la touche de tendresse ou de tension nécessaire à faire rebondir une enquête qui piétine.

La tension narrative est omniprésente. Le déroulé est fluide et cohérent. Les touches de fantastique, même si elles arrivent un peu tard, sont l’élément singulier du roman.

La psychologie des personnages est forte. L’héroïne, au comportement tantôt masculin, tantôt fragile et mal assurée, m’a immédiatement séduite. Le personnage de Victor, quant à lui, s’apprécie dans la durée.

Mon bémol réside dans le style que j’ai trouvé très fluide lors de la narration discours mais peu naturelle et exagérée dans les phases de dialogues.

Au final, Le Dérobeur d’Âmes est un livre qui se lit vite car l’histoire appelle à la suite. Son côté thriller parsemé de romance m’a complètement convaincue. Les indices sont distillés tout au long du récit et les personnages sont assez attachants. Cependant, je pense que l’univers ainsi que les thèmes abordés séduiront davantage un public plutôt adulte qu’adolescent.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Ils sont une poignée d’enfants et d’adolescents à vivre dans ce manoir désuet. Ils y ont été emmenés de force car ils sont Déficients, atteints par un virus incurable.
Personne ne connaît les conséquences de cette maladie hormis le fait que lorsque les premiers symptômes apparaissent, les patients sont emmenés, la nuit, au troisième étage du manoir, au Sanatorium… d’où personne ne revient jamais.
Toby est le chef du dortoir n°4. Depuis son incarcération, il vit comme une ombre, ne s’autorisant aucune amitié, aucun plaisir, aucun rêve. A quoi bon ? Il va bientôt mourir…
L’arrivée de Clara, une nouvelle patiente, va cependant tout bouleverser…

Sarah Pinborough nous revient avec cette romance young adult qui flirte avec le drame en mettant en scène un adolescent, Toby, qui a renoncé à vivre sous prétexte qu’il va bientôt mourir.
Préférant la solitude de la nuit, le garçon rythme ses journées pour s’isoler de ses pairs. Il ne veut plus souffrir. Il a déjà donné en renonçant à sa vie d’avant… Quand Clara fait irruption dans son univers calfeutré, Toby se rebelle avant de se laisser amadouer par la belle qui déborde de joie mais aussi de vie. Ensemble, ils expérimentent l’Amour avant de nourrir des projets d’évasion…

Les personnages sont touchants par le contraste qu’ils nous proposent. Toby incarne le solitaire qui a renoncé tandis que Clara endosse le rôle de la porteuse d’espoirs. Leur duo fait des étincelles, bouleverse le quotidien de la maison, éclabousse les seconds rôles qui profitent de ce changement pour commencer eux aussi une nouvelle vie.

La structure du récit est nette. Elle correspond à celle de la romance qui chemine entre le doute et l’euphorie depuis la rencontre jusqu’au dénouement final.
Le thème des premiers amours est ici traité avec sincérité et générosité.

Personnellement, même si j’ai apprécié ce roman, j’aurais aimé qu’il nous éclaire davantage sur la maladie et ses conséquences ainsi que sur le rôle du Sanatorium dans la vie et la mort des patients.
Dès le début du livre, cette pièce secrète fait l’objet de tous les questionnements alors on ne peut s’empêcher de se demander ce qui s’y passe, voire d’échafauder des hypothèses quant à la suite du récit… Cependant, à mesure que les pages se tournent, le lecteur comprend que cette question n’est plus centrale, comme si l’auteure avait changé de scénario en cours de route pour ne plus se concentrer que sur la romance et la dimension humaine de la mise à l’épreuve qu’elle a souhaité privilégier.

La Maison des Morts est un livre convaincant du point de vue de la romance et touchant dans les relations qu’il construit mais il manque pour moi d’intensité.
Le thème de la maladie et du Sanatorium étaient vraiment porteurs, ils auraient amené le frisson que j’attendais, la surprise qui m’aurait conduite vers le coup de coeur…
Je ne suis pourtant pas déçue car, au final, La Maison des Morts est une belle histoire d’amour que je recommande à toutes les âmes sensibles, à la recherche d’éternité.

Génération K, Tome 2 de Marine Carteron

Alors qu’ils se sont réfugiés au pied d’un Vésuve prêt à déverser sa colère, Kassandre et Georges se font enlever par les hommes de main de Karl Bathory de Kapolna, père de Ka et Directeur Général des laboratoires pharmaceutiques Biomedicare.
Emmenés au centre de recherches, les deux Génophores, porteurs de six gènes K qui les font appartenir à une nouvelle espèce d’hommes dotés de super pouvoirs, sont préparés afin de subir les expérimentations qui permettront à certains humains, les plus fortunés, d’élever leur génome à un rang supérieur et, surtout, de survivre à la pandémie qui menace d’exterminer la race humaine.
De son côté, Mina fait la connaissance du Maître ainsi que d’Enki, le quatrième Génophore. Ensemble, ils offrent leur sang à leur Créateur pour qu’il se régénère jusqu’à revenir à la vie…
Ce processus révèle à Mina son histoire, vieille de plusieurs millénaires et la jeune fille comprend que si le Maître se réveille aujourd’hui, c’est pour punir les hommes, comme il l’a déjà fait par le passé, de l’affront qu’ils font à la Terre.
Une catastrophe est sur le point d’avoir lieu… L’espèce humaine y survivra-t-elle ?
Les quatre Génophores ont le destin de l’humanité entre leurs mains… Quel choix feront-ils ?

L’histoire de ce second tome commence dès la couverture avec cette denture qui émerge des ténèbres, attirée par les filets de sang. Elle symbolise le réveil du monstre incarné par le Maître et l’offrande que les Génophores devront faire pour ranimer leur Créateur. Elle symbolise aussi le travail de recherches du père de Kassandre qui est prêt à sacrifier les porteurs de gènes K afin de s’enrichir et d’offrir aux plus fortunés la possibilité de surpasser leur condition d’être humain en devenant des Homo superior…
Une chose est sûre, ce deuxième opus commence sur les chapeaux de roue et entraîne le lecteur dans un récit légendaire où le présent trouve ses origines dans un passé lointain, presque ancestral.
Grâce à Enki et Mina, d’abord, la trame des enjeux est révélée. Le Maître est une sorte de Dieu vengeur chargé de punir l’humanité chaque fois qu’elle prend une mauvaise direction dans son développement. Avec Georges et Kassandre, c’est l’autre volet qui est exploré, celui de la supériorité de l’homme face à la nature, de la science qui surpasse la croyance. Et, au fur et mesure du roman, ces deux visions du monde s’affrontent dans les faits mais aussi dans l’esprit des Généphores qui doivent choisir leur camp ou trouver une nouvelle voie…

Ce tome est aussi le récit de l’acceptation.
Georges accepte son dragon, Kassandre, l’amour de sa mère, Mina, sa part d’ombre et Enki de s’écarter du chemin tracé.
Les quatre Généphores remontent le fil de leur passé, découvrent les liens qui les unissent ainsi que ceux qu’ils ont tissés avec le Maître au cours de leurs rencontres précédentes.
Ils réalisent l’importance de leur rôle dans ce présent chaotique tout en ne pouvant s’affranchir du passé…

D’un point de vue structurel, le récit revient sur des points laissés en suspens lors du précédent tome. L’histoire du quatrième Génophore, celle du peuple tzigane chargé de veiller sur le Maître ainsi que celle de Völva, Celle qui écoute, personnage secondaire mais déterminant dans la résolution de cette affaire.

Le style est séduisant par son efficacité mais aussi par la force des émotions qu’il transmet. Chaque voix a sa propre caractéristique et c’est ce qui cimente toutes les pièces de ce puzzle.
Même si les actions ne sont finalement pas si nombreuses, le rythme est là et il nous tient jusqu’à cette conclusion formidable qui nous invite toujours à vouloir connaître la suite.

Au final, Génération K Tome 2 est un roman fantastique young adult original qui se lit bien et vite. Il pose des questions de fond tant du point de vue étique que philosophique (eugénisme, place de l’homme dans l’univers, confrontation entre science et croyance…) sans pour autant perdre de son dynamisme. L’œuvre est sombre mais réaliste, cohérente ; elle résonne avec la réalité de notre XXIe siècle tout en s’appuyant sur les mythes qui appartiennent à une culture commune. L’approche jeunesse respecte les codes attendus sans tomber dans la caricature. Les personnages sont extrêmement bien choisis et bâtis.

A lire de toute urgence !

Young Elites, Tome 1 : Young Elites de Marie Lu

1361. Dans le royaume de Kenettra, Adelina est devenue une malfetto depuis qu’elle a contracté un virus qui lui a laissé pour souvenir une chevelure grise et une balafre à la place de l’œil gauche. Maltraitée par son père qui veut s’en débarrasser en la vendant à un inconnu dont elle deviendra la maîtresse, la jeune fille ne voit plus qu’une seule option pour échapper à sa vie : fuir, loin et vite… Armée de son seul courage, Adelina s’exécute mais son père la rattrape en plein coeur de la nuit. Il veut la ramener dans leur demeure quelle qu’en soit la manière. Acculée, l’adolescente tente de se défendre quand une force inexplicable lui vient en aide, terrassant son père. Arrêtée par les soldats de l’Inquisition, Adelina n’a plus aucune illusion quant à son avenir. Elle va mourir sur le bûcher… Ce qu’elle ignore, cependant, c’est qu’elle vient d’être repérée par une organisation secrète et rebelle : Les Dagues et qu’ils sont venus pour la sauver. En retour, ils veulent qu’Adelina use de son pouvoir pour leur cause, renverser le régime monarchique qui réprime les malfetto et en particulier les Elites, ces êtres aux étranges pouvoirs…

Avec ce premier tome de cette dystopie young adult fantastique, Marie Lu pose les bases de son décor et de son histoire avec force et caractère. Le lecteur y découvre une héroïne, Adelina, habituée à être exclue, prisonnière, rejetée pour sa différence et qui, du jour au lendemain, va être propulsée dans une sorte de confrérie rebelle dont les membres sont tous dotés de pouvoirs extraordinaires. Ensemble, ils luttent contre la monarchie afin de rétablir l’égalité entre tous les hommes. Perdue, déboussolée et en colère, Adelina perçoit d’abord cette organisation comme un cadeau tombé du ciel, le moyen d’avoir une famille, des amis qui la comprennent et l’apprécient pour ce qu’elle est. Alors elle fait des efforts pour s’adapter et être acceptée, aimée, protégée. Elle développe grâce à leur entraînement son don d’illusionniste avant de se rendre compte que son passé la poursuit… Repérée par l’Inquisiteur en chef, la jeune fille n’a d’autre choix que de devenir agent double afin de sauver sa petite sœur des griffes de la monarchie qui la retient prisonnière. Ballottée entre les deux camps, l’héroïne finira par y perdre son âme ainsi que ses illusions…

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié cette lecture à la fois fantastique et rythmée. Bien que le récit suive les codes attendus de la dystopie, ceux d’une faction qui s’insurge contre le pouvoir établi, il bouscule un peu les convenances en s’appuyant sur une héroïne sombre, qui n’a aucune conviction politique et dont les pas sont simplement mus par ses besoins ou ses émotions. N’ayant ni conscience du bien ou du mal, Adelina utilise essentiellement son don pour se protéger sans prendre le temps de réfléchir au bien fondé de ses actes, s’attirant du même coup les foudres de ses ennemis comme de ses amis. Ces derniers sont d’ailleurs assez bien choisis pour le déroulé de l’intrigue puisqu’ils campent des alliés dont elle devrait se méfier : un amoureux en perpétuel doute et un ennemi qui lui ressemble tellement…

Question décor, là encore, pas de réelle surprise. L’histoire évolue dans une atmosphère moyenâgeuse et merveilleuse tantôt romantique et tantôt guerrière.

Le style de l’auteure est agréable. Il se décline en phrases courtes et simples qui font la force des récits jeunesses.

Young Elites est donc un roman plaisant qui cache une conclusion originale et surprenante invitant le lecteur à poursuivre cette aventure au plus vite…