Nightfall de Jake Halpern et Peter Kujawinski

Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village. Alors que la Nuit les enveloppe, ils découvrent avec horreur qu’ils n’auraient vraiment pas dû…

 

Mon avis :

Nightfall est une fantasy young adult pleine de tensions qui dès les premières pages plonge le lecteur dans une ambiance sombre, enveloppée de mystères, qui ne s’arrête jamais.

Les auteurs y mettent en scène un monde original, une île abritant un village sur lequel La Nuit tombe pour les quatorze prochaines années. Les habitants qui, jusqu’alors, y vivaient tranquillement au gré du Jour qui les baignait depuis quatorze ans, sont contraints de quitter les lieux. Le climat froid, presque polaire, le manque de visibilité mais surtout, les règles auxquelles ils ont juré de se plier avant de s’installer sur ces terres, les y obligent. Pourtant, avant de prendre les bateaux qui les conduiront vers les régions désertiques, les villageois ont une dernière mission à accomplir : nettoyer, ranger et réaménager les maisons qui les ont accueillis…

Intrigués par ce rituel obéissant à des instructions aussi précises qu’étranges, Liam, Kana et Marine, trois jeunes villageois, s’interrogent… Que se passera-t-il à la tombée de La Nuit ? Le village sera-t-il investi par un autre peuple ?

La perte d’un collier, un malencontreux accident ainsi qu’une amitié indéfectible conduiront les trois adolescents à braver les interdits, à rester sur l’île malgré les promesses faites… Seuls dans un village plongé dans l’obscurité, nos trois héros découvriront, à leurs dépens, ce qui se cachait derrière les contes et légendes de leurs parents…

 

Ce qui m’a frappée tout au long du récit, c’est avant tout cette ambiance qui s’électrise à mesure que La Nuit tombe et que les préparatifs du départ avancent. La construction des chapitres, le choix des mots et des actions conduites tendent tous vers un seul et même objectif : faire naître le doute puis la terreur dans la tête des héros tout comme dans celle du lecteur qui se laisse happer par cette fuite désespérée mais inévitable qui propulse nos trois personnages vers une quête d’un ailleurs moins dangereux.

Qu’il s’agisse de Liam, Marine ou Kana, que le lecteur suit tour à tour au gré des nombreux rebondissements du récit, ils m’ont tous paru crédibles et attachants. Leur spécificité majeure est qu’ils endossent des rôles auxquels ils n’étaient pas forcément préparés… Liam, “l’homme fort” du groupe, physiquement diminué suite à un accident, va devenir rapidement le maillon faible à protéger tandis que Kana, aveugle de naissance, va peu à peu s’acclimater à ce nouvel environnement pour devenir l’élément moteur du récit. Quant à Marine, elle ne cessera de nous étonner par l’exploitation de ressources ancrées dans son histoire personnelle.

Si le récit nous projette de surprises en surprises, c’est grâce au style développé par les auteurs. Diaboliquement efficace, il sème le trouble et l’émotion au fur et à mesure des pages pour rendre cette histoire complètement addictive.

Nightfall est donc un coup de coeur pour moi qui saura séduire les amateurs de suspense et de frissons.

La Cave de Natasha Preston

Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle.Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir.

 

Mon avis :

Avec La Cave, le lecteur pénètre immédiatement dans la vie et la tête de Summer, une adolescente de seize ans qui partage son temps entre ses copines, son petit ami, Lewis, et sa famille. Alors qu’elle s’apprête à rejoindre son groupe d’amies pour assister à un concert, la jeune fille se fait surprendre par un inconnu qui la kidnappe pour la jeter dans un sous-sol aménagé en appartement dans lequel vivent déjà trois autres détenues. D’abord affolée par ce qui lui arrive, Summer, rebaptisée Lilas par son agresseur, pense à se rebeller afin d’échapper à cet enfer qui se referme progressivement sur elle, mais Violette, l’une des trois autres prisonnières, la devance et se fait froidement assassinée par Trèfle, leur ravisseur. Summer comprend alors que seule, elle ne pourra rien faire… Elle a besoin d’Iris et de Rose et surtout d’un plan pour échapper au rôle que veut lui faire endosser Trèfle, celui de l’épouse parfaite. Mais comment convaincre ses deux co-détenues de l’aider quand elles ont pris le parti de coopérer pour se rendre l’existence plus facile ? Les jours passent, les semaines aussi… Summer ne cesse de chercher une issue à son calvaire tout en espérant de tout son coeur que quelqu’un, dehors, la trouve… Lewis, de son côté, ne désespère pas. Persuadé que sa petite amie est encore vivante, il se démène pour organiser au mieux les recherches, bien déterminé à ne jamais abandonner…

A travers ce roman bouleversant, l’auteure cherche à retracer le parcours douloureux de trois personnages qui nous racontent tour à tour leur perception de l’histoire. Avec Summer, le lecteur suit le cauchemar de la réclusion, l’enfer de la bataille vaine, l’identité de soi qui s’estompe au bénéfice de la survie… Grâce à Lewis, le lecteur entre dans l’enquête infructueuse, connaît le doute des retrouvailles, l’angoisse de la découverte de la vérité et l’obstination acharnée de la quête du savoir. Enfin, en pénétrant les pensées de Trèfle, le lecteur plonge dans le trouble mental obsessionnel qui s’exprime par le meurtre et la séquestration afin de satisfaire une certaine vision de la pureté suite à une série d’événements qui a marqué son enfance.

Chaque personnage est touchant par la profondeur des émotions qu’il dégage. Ces émotions sont d’ailleurs le fil conducteur de la tension narrative qui anime ce thriller psychologique incroyable qui nous fait basculer peu à peu dans l’horreur.

Les mots sont justes, le scénario impeccable. Mes seuls regrets en refermant ces pages sont :

– de ne pas savoir pourquoi Trèfle a choisi de s’éloigner de son schéma habituel en kidnappant une adolescente aimée et entourée au lieu de se cantonner aux SDF comme il avait l’habitude de le faire,

– de ne pas avoir suivi l’intégralité du parcours de Trèfle, de son enfance jusqu’à son premier passage à l’acte car cette partie de l’histoire, et en particulier sa relation avec sa mère, aurait permis de mieux cerner les causes de son trouble et de mieux comprendre son besoin de rétablir une certaine moralité.

La Cave est un presque coup de coeur pour moi car les émotions sont à chaque page et la tension créée par la structure du récit appelle vraiment à la lecture du prochain chapitre… Malgré quelques frustrations de lectrice exigeante, ce livre est une réelle réussite en terme de frissons. J’ai souffert et frémi au rythme des péripéties que doit endurer Summer. J’ai vibré quand Lewis se rapprochait de la vérité… J’étais tétanisée en marchant dans les pas de Trèfle…

Amateurs de thriller et d’émotions, ce livre est fait pour vous.

Déviants Tome 1 : Innocence de Cara Solak

Survie. Résistance. Liberté.

3 petits mots simples. Le combat de toute une vie.
La lutte commence ici…

Gabrielle, 20 ans, est une jeune fille secrète et solitaire. Mais depuis longtemps déjà, elle se sait différente, de ce genre de différence dont il ne vaut mieux pas parler. Alors elle vit avec et préfère se faire discrète en ces temps troublés.

Sa rencontre explosive avec Matthew, jeune professeur de psychologie aussi attirant qu’agaçant, voit toutes ses certitudes voler en éclats.

Parce qu’elle n’est pas seule. Ils ne sont pas seuls à être différents.
Pour le gouvernement, ils sont considérés comme des…Déviants.

Mais Gaby est-elle prête à entendre la vérité ?

 

Mon avis :

Le livre commence avec la voix de Gaby, sur les bancs de l’université, le jour de la rentrée, le premier jour de sa toute nouvelle vie à Clarks, petite bourgade tranquille de Californie.

Le lecteur comprend vite que la jeune femme n’est pas comme les autres, qu’elle a un pouvoir, celui de pénétrer la tête des gens qu’elle côtoie. Seule, isolée car recherchée par les autorités à cause de son don, Gaby va pourtant nouer des liens ambigus avec son professeur de psychologie, Matthew Baker, qui la fascine autant qu’il l’exaspère du fait de son arrogante assurance et de leur aptitude commune : lire les pensées. Et tels les deux pôles d’un aimant, les deux jeunes gens vont jouer à “Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis” jusqu’à ce que la situation se complique et que Julia, la meilleure amie de Gaby, soit sur le point de se faire arrêter pour avoir découvert, au hasard d’une enquête de police, une liste secrète… que le gouvernement protège.

Sans penser aux conséquences de leurs actes, Matthew et Gaby vont se lancer à la rescousse de la jeune femme et, par la même, plonger au coeur de la résistance qui s’organise afin de contrer l’arrestation systématique et sans fondement de ce qu’ils sont : des Déviants…

 

Si l’entrée dans cette histoire a été quelque peu compliquée pour moi, la suite n’a été que pure plaisir.

Le scénario, après quelques chapitres introductifs un peu longs, prend vraiment son envol pour ne plus jamais lâcher le suspense. L’histoire flirte sans cesse avec la trahison et le doute, l’incertitude et la manipulation. Le final est superbe et donne le ton pour une suite extrêmement intéressante…

 

Les deux personnages principaux sont tout en relief et campent des héros aussi sensibles que déterminés.

Dans le rôle de la novice, Gaby joue de curiosité et de force de caractère pour faire avancer le récit tout en préservant le mystère.

Matthew, lui, reste assez en retrait pendant une bonne moitié de l’aventure pour finalement nous dévoiler ses attentes ainsi que ses appréhensions. A ce moment du roman, les barrières tombent et la romance fait basculer le thriller vers des nuances plus subtiles du fait des sentiments qui se déploient.

Il faut ajouter aussi que ce livre possède une pléiade de seconds rôles indispensables. J’ai tout particulièrement aimé celui d’Evan, le confident qui deviendra également l’initiateur de Gaby dans le contrôle et le développement de ses pouvoirs. J’ai adoré aussi celui de Jake Sawyers, le père de Gaby, maillon essentiel au destin tragique…

 

Le style de l’auteure m’a un peu laissée perplexe au départ, puis je me suis habituée à cet enchaînement de phrases simples mais efficaces, à ces dialogues tranchés, pour ne finalement ressentir que l’énergie de la narration et la force des émotions.

 

Mon seul petit regret : que l’univers dystopique, mélange d’autoritarisme et de restrictions liées au développement durable, ne soit pas plus marqué car même s’il organise le quotidien de cette société, il aurait été souhaitable qu’il s’exprime de façon plus engagée, voire contraignante.

 

Ce premier tome de Déviants me donne clairement envie de connaître la suite de cette saga young adult qui oscille délicieusement entre dystopie et thriller tandis que la romance titille nos sens au fil des pages. L’histoire ainsi que son traitement m’a un peu fait penser à la série américaine Tomorrow People’s. Merci aux éditions Plumes du Web pour m’avoir fait connaître un deuxième coup de coeur.

A lire de toute urgence pour tous les frissons qu’il procure.

A la Folie de Cindy Lia

Infirmière fraîchement diplômée en psychiatrie, Alicia rejoint l’équipe du Center Hospital, vieille institution au cœur de New-York dont les légendes précèdent la réputation. Entre secrets et phénomènes inexplicables, la bâtisse renferme son lot de mystères. À commencer par Julian, un patient au tempérament de feu qui, à peine arrivé, donne déjà du fil à retordre aux équipes en place. Alors que la loi du silence règne entre les murs, Alicia se retrouve au cœur d’une série de meurtres non résolus qui la plongent rapidement dans une enquête au péril même de sa vie…

 

Mon avis :

Avec A la Folie, le lecteur pénètre immédiatement dans un thriller psychologique envoûtant qui met en scène une infirmière inexpérimentée mais pleine de bonnes intentions, Alicia, au prise avec sa vie personnelle mais bien décidée à s’affirmer par son métier et les responsabilités qui lui incombent. Pourtant, dès le premier jour, rien ne se passe comme prévu. Un patient la prend en otage, des menaces sont glissées dans son vestiaire, des cadeaux étranges l’attendent sur le pas de sa porte… Alicia en est certaine, quelqu’un cherche à la déstabiliser. Mais pourquoi ? L’infirmière mène l’enquête et tandis que l’étau se resserre autour d’elle, des pans de son passé et de sa vie vont éclater…

En commençant cette lecture, je suis immédiatement tombée sous le charme de la plume de l’auteure, Cindy Lia. Les mots sont bien choisis, les phrases portent les émotions et les dialogues apportent la touche d’énergie nécessaire à l’envolée de ce texte.

Le scénario ne reste pas en reste. Oscillant entre suspense et tension amoureuse, l’intrigue s’intensifie page après page pour devenir complètement addictive à mesure que le mystère s’épaissit autour de l’héroïne et que les pistes prennent de la vigueur pour nous dérouter. Chaque élément est pensé, réfléchi pour alimenter le thriller et perturber les attendus.

Les personnages sont extraordinaires, profonds, crédibles, touchants… L’héroïne en tête. Grâce à son récit à la première personne, Alicia nous emporte dans son histoire, son passé, ses phobies pour ne plus nous lâcher jusqu’à cette conclusion surprenante.

Alors vous l’aurez compris, A la Folie est un véritable coup de coeur littéraire pour moi. Un livre qui m’a arraché des frissons de peur mais qui a également su me toucher par sa sincérité, son humour, sa modernité et son analyse.

Je remercie énormément les Éditions Plumes du Web pour m’avoir confié la chronique de ce roman à côté duquel je serais sans doute passée… Grave erreur, ce livre est une pépite qu’on ne peut plus lâcher une fois commencé et qui, je l’espère, gagnera au plus vite votre PAL pour un plaisir garanti.

La Veuve de Fiona Barton

A la mort de son mari, Glen, Jane Taylor n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle vit recluse dans sa maison pour éviter la horde de journalistes qui tambourine à sa porte depuis bientôt quatre ans, depuis que Glen a été soupçonné dans l’enlèvement de la petite Bella.
Partagée entre ses souvenirs heureux d’un passé sans tache et son effroyable présent, la veuve décide finalement de clore ce chapitre de sa vie en se confiant, contre toute attente, à Kate, une journaliste de presse écrite à la recherche DU scoop… Commence alors un long témoignage sur les traces de la vérité… Une vérité qui n’aura de cesse de rebondir pour mieux nous surprendre.

En commençant La Veuve, le lecteur est immédiatement plongé au coeur du quotidien de Jane Taylor, cette quadragénaire effacée, épouse du célèbre Glen Taylor, auteur présumé de l’enlèvement de Bella il y a quatre ans.
L’histoire commence par une narration à la première personne dans laquelle Jane, dont nous partageons les pensées, nous apprend qu’elle est heureuse du décès de son mari sans pour autant nous en expliquer la cause. Le mystère s’épaissit lorsque la veuve, malgré les avertissements de feu son époux, reçoit la journaliste, Kate, à son domicile et nous laisse partager ses souvenirs heureux d’un passé immaculé. Les chapitres s’enchaînent et le lecteur ne sait plus quoi penser car Jane étale devant nos yeux dubitatifs sa vie parfaite en compagnie de l’homme idéal. L’écart se creuse entre sa joie initiale concernant l’événement tragique qui est sensé l’accabler, la présence incessante des médias et ce discours discordant d’une femme sous emprise, soumise aux règles d’un mari pourtant absent. L’ambiguïté s’installe, le doute aussi. Puis viennent les chapitres écrits à la troisième personne où l’inspecteur chargé de l’enquête, Bob, ainsi que Kate nous explique, avec mesure, l’ampleur de la tragédie. Une petite fille a été enlevée. Par Glen ? Cet homme si merveilleux que Jane ne cesse de nous décrire ? Notre esprit logique de lecteur averti s’affole… Dans quelle histoire sommes-nous embarqués ? Qui est coupable ? Complice ? Que sait la veuve ? Nous cache-t-elle d’horribles révélations ? Et enfin, la trame du scénario éclate, à travers le témoignage de Jane, bien sûr, mais aussi grâce aux nombreux flashes-back qui s’intercalent dans le présent, comme les pages manquantes d’une histoire incroyable.

La force de ce livre réside essentiellement dans la structure du scénario qui désarticule le fait divers pour créer un immense puzzle à triple entrée. Avec Jane, on vit d’abord un mélange de présent et de passé complètement orienté, subjectif, en fonction de ce que la veuve a vécu et ressenti. Elle nous expose sa naïveté, sa douleur, ses incompréhensions, sa méfiance aussi… Avec Bob, on plonge dans l’enquête de terrain, le procès, la relax et la nouvelle enquête qui s’avère, quant à elle, concluante. Le lecteur entraperçoit enfin les faits de façon beaucoup plus objective, scientifique, logique. Avec Kate, on assiste à la médiatisation de l’affaire, à la course au scoop, à la manipulation…

Avec une plume légère et sincère, l’auteure nous retranscrit merveilleusement bien les émotions et pensées de son héroïne, Jane, qui nous apparaît tour à tour soumise, lucide, candide avant de nous bluffer par son objectivité finale. Quand elle fait parler Kate ou Bob, Fiona Barton se retranche dans le vocabulaire professionnel des deux autres personnages, les faisant vivre et respirer au rythme de leur travail. Leur obsession de détenir la vérité nous conduit dans une ambiance plus sombre et plus haletante qui flirte magistralement avec le suspense.

Question structure, le sel du thriller est là. Témoignages, fausses pistes, course contre la montre, rebondissements se disputent la vedette pour nous proposer une histoire riche et bien amenée alors qu’elle repose, à l’initial, sur un fait divers complètement banal malgré sa dimension tragique.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, c’est que tous les aspects du récit sont traités avec une rigueur et une émotion incroyable. Le personnage de Jane est plus que bien construit, c’est lui et sa personnalité qui donne le ton à l’histoire et la fait sortir de sa simplicité. Jusqu’au dernier moment, personne ne sait vraiment qui est cette veuve et surtout quel rôle elle a joué dans cette affaire.

La Veuve est pour moi un coup de coeur littéraire indéniable et je ne peux que vous conseiller d’en ouvrir les pages pour en savourer toute la richesse.
Pour les fans de Mary Kubica.

Need de Joelle Charbonneau

Nous sommes NEED, nouveau réseau social réservé aux élèves du lycée de Nottawa, dites-nous de quoi vous avez besoin et nous étudierons votre requête en vous promettant le plus parfait anonymat…
La nouvelle fait aussitôt sensation. En quelques jours, la plupart des élèves du lycée se sont inscrits sur ce réseau. Certains demandent des A à leurs évaluations, d’autres une semaine supplémentaire de vacances, ou encore de l’argent, des places de concert, des téléphones portables, des tablettes, des vélos, le silence…
Kaylee, elle, voit là l’opportunité de sauver son petit frère qui a besoin d’une rapide greffe de rein.
Très vite, la machine s’emballe car, dans la vie, rien n’est jamais gratuit et NEED ne fait pas exception à la règle. En contrepartie de ses « cadeaux », il exige des services. D’abord anodins, puis de plus en plus hors des règles et du cadre de la société.
La question qui va alors s’imposer est toute simple : jusqu’où les lycéens de Nottawa sont-ils prêts à aller pour satisfaire leurs « besoins » ?
Kaylee et ses amis vont rapidement le découvrir…
Avec NEED, j’ai découvert une auteure de talent, au style percutant et soigné, qui met en scène une histoire palpitante.
Le roman, un thriller extrêmement bien construit, nous entraîne dans les méandres d’un jeu de manipulation grandeur nature dans lequel personne n’est vraiment dupe.
Raconté à plusieurs voix, il suit le parcours d’une poignée d’adolescents confrontés à des choix plus ou moins malsains. Il y a tout d’abord la définition du mot « besoin » qui ressemble davantage, pour certains, à une envie aussitôt sanctionnée par un prix à payer. Et puis il y a ces missions-punitions qui sont proportionnées à la demande et qui mettent au défi les participants. Si certains s’interrogent avant de se lancer dans l’action, d’autres, moins scrupuleux, foncent tête baissée, profitant de leur anonymat pour ne penser qu’à la récompense qu’ils vont recevoir.
Au début du texte, les enjeux paraissent flous mais au fur et à mesure, ils prennent consistance, forçant les jeunes à enfreindre les lois et un plan machiavélique se dessine, surtout lorsque les acteurs commencent à mourir « accidentellement ».

Dans ce récit, les personnages jouent un rôle primordial. C’est leur caractère ainsi que leurs motivations qui vont être au centre du scénario. Chacun d’entre eux est choisi pour suivre un schéma psychologique bien précis. Si Kaylee est le personnage principal, avec ses chapitres récurrents et sa narration à la première personne, elle n’est pourtant pas la seule à tenir cette histoire où chaque voix compte, où chacun est l’engrenage qui conduit à la prochaine action. Néanmoins, Kaylee possède quelque chose de particulier. Elle est la seule à réellement faire part d’un besoin et c’est peut-être pour cette raison qu’elle devient celle grâce à qui le voile va être levé. Son opiniâtreté, son honnêteté feront tomber celui qui œuvre en secret.

NEED est donc un livre addictif, moderne, coup de coeur par bien des aspects (structurels, stylistiques, moraux…). Par son scénario impeccable, agencé comme un puzzle qui s’emboîte au fil des pages, il ne cesse de nous mettre face à nos comportements consuméristes, en nous renvoyant constamment au visage la notion de besoin et d’envie. Il nous fait également nous interroger sur nos motivations et notre détermination à les satisfaire.
NEED est un livre coup de poing génial que je vous invite à découvrir au plus vite.

Les Yeux du Vide de Élodie Loisel

La vie de Cassie bascule lorsqu’elle se réveille après avoir fêté son diplôme d’obstétricienne, complètement nue et attachée à un lit dans une cabane miteuse dévorée par les flammes. Passé le choc de la découverte, la jeune femme se se calme et réfléchit. Elle parvient in extremis à se libérer avant que la maison s’effondre. Recueillie sur le bord de la route par un bon samaritain, Cassie est aussitôt conduite à l’hôpital. La police prend alors sa déposition pour bientôt remettre en cause son témoignage. Non, la jeune femme n’a pas été enlevée par un maniaque psychopathe à l’inverse de ce qu’elle prétend ; elle s’est rendue seule sur les lieux de sa captivité comme en atteste les vidéos de surveillance des autoroutes. Et il y a pire ! La maison où elle dit avoir été retenue a été détruite dans un incendie deux plus tôt…
Victime de phénomènes paranormaux inquiétants, Cassie va se mettre en quête de ce qui lui est vraiment arrivé. Son enquête la conduira sur la piste d’un tueur en série censé être décédé mais qui perpétue de nouveaux crimes…
Spéculations, pures hallucinations ou vérités incroyables ? C’est ce que Cassie va tenter de découvrir.

Attirée par la couverture de ce roman, j’ai ensuite été séduite par son synopsis accrocheur.
Dès les premières pages, l’auteure, Elodie Loisel, pose l’ambiance ainsi que les bases de l’histoire. Le lecteur est projeté en plein mystère. Un mystère qui enfle, qui interpelle et qui nous captive pour ne plus nous lâcher…
Avec Les Yeux du Vide, on vit l’histoire à travers les yeux de Cassie, une brillante étudiante en médecine, jeune femme rationnelle et sensée, plongée au coeur de phénomènes paranormaux qu’elle tente tout d’abord de combattre avant de se rendre compte que ces messages qu’elle reçoit sont destinés à la mettre sur la piste d’un tueur qui continue de sévir. En suivant les indices qu’une force énigmatique laisse pour elle, la jeune femme va bientôt réaliser que cette enquête la concerne davantage qu’elle ne l’avait imaginé, la faisant revenir dans le village où a été élevée sa mère. Cassie réalise alors qu’on lui a menti, depuis toujours. Sa famille ne se résume pas à une mère, un père et un frère. Elle possède également un grand-père, une tante et des cousins… Dont l’un d’entre eux est accusé à titre posthume d’être le tueur en série…

Entre thriller et roman fantastique, l’œuvre est addictive, pointue et très bien écrite. Le récit tout en chronologie donne la parole aux trois personnages principaux. La narration à la première personne nous fait partager les nombreux rebondissements que Cassie rencontre tout au long de son parcours. Les lettres du tueur adressées à ses victimes font office d’hommages posthumes. Enfin, les pensées du fantôme, cousin de l’héroïne, nous troublent autant qu’elles nous perturbent…

En lisant Les Yeux du Vide, j’ai vécu une aventure pleine de frissons et de suspens intenses car Cassie risque plusieurs fois sa vie. J’ai adoré le style de l’auteure toujours délicat et subtile.
Les Yeux du Vide est donc un livre savoureux à déguster sans aucune modération si vous aimez avoir le coeur qui palpite à chaque page… Un vrai coup de coeur !

Aussi libres qu’un rêve de Manon Fargetton

Soeurs jumelles nées dans une société où l’avenir des citoyens est basé sur les dates de naissance, Minöa et Silnëi savent déjà qu’elles auront des destinées très différentes. La première, native du mois de Décembre, consacrera sa vie à trier des algues tandis que la seconde, née au mois de Janvier, aura la chance de devenir actrice et d’évoluer dans les hautes sphères de la société. Mais loin de se sentir privilégiée, Silnëa voit son avenir comme un calvaire ; la jeune fille rêve en secret de grands paysages, de mer agitée et de liberté. De son côté, Minöa souhaite épouser une vie d’artiste, loin des bateaux qu’elle déteste tant. Le hasard d’une rencontre mettra l’adolescente sur le chemin de Kléano, ce jeune rebelle de Novembre qui a monté son propre groupe de rock, en cachette… Ensemble, ils n’auront de cesse de revendiquer leurs libertés. Ensemble, ils se battront afin de faire tomber la dictature qui les asservit.

Avec ce mini-roman d’environ 160 pages, Manon Fargetton entraîne ses lecteurs dans une dystopie originale, bâtie comme un thriller.
Dès les premières pages le ton est donné, l’aventure commence… Avec les sœurs jumelles tout d’abord, puis en compagnie des garçons Kléano et Nériss, que tout oppose et qui, pourtant, partagent une histoire commune, celle d’enfants échangés à la naissance. Et c’est sur cette révélation que toute l’intrigue de la rébellion va se baser, apportant une légitimité à ce mouvement de contestation.
Les contours de la société ainsi que l’univers choisi par l’auteure sont forts et cohérents en plus d’être convaincants et originaux.
Les personnages, dont les destins s’emmêlent, sont tous habilement taillés. Ils concernent en premier lieu les enfants, initiateurs du mouvement libertaire, mais aussi les adultes qui, au fil du récit, vont revendiquer leurs places sur le devant de la scène.
Le style est intense ; il confère au texte une certaine tension, captivante. Le seul bémol, pour moi, le léger manque d’émotions qui aurait permis au livre de s’envoler au dessus des étoiles.

Aussi libres qu’un rêve m’a complètement séduite par la problématique de fond qu’elle relaie, le suspens ménagé par un scénario très bien construit et l’intensité du style. Ce livre est un coup de coeur qui aurait pu devenir un réel coup de foudre si Manon Fargetton avait exploité davantage les émotions et la sensibilité de ses personnages.

Phobos, tome 3 de Victor Dixen

Sur Mars, les aveux de Marcus s’éventent. Est-il un traître ? Un égoïste ? Seul un procès pourra le définir et choisir la sanction qui le punira. Et tandis que les onze prétendants se répartissent discrètement les rôles pour rendre ce jugement le plus équitable, à l’insu de la Terre, Serena McBee est victime d’un attentat.
Gravement touchée, l’animatrice phare de la chaîne Genesis et vice-présidente des États-Unis est contrainte de s’exiler dans son château d’Écosse afin de mettre toutes les chances de son côté pour son rétablissement. Profitant de cet instant de faiblesse, la Chine et la Russie revendiquent leur souveraineté sur une partie du territoire de la base martienne.
Malgré ces crises, le programme Genesis poursuit la préparation de la saison 2. De nouveaux prétendants ainsi qu’un ticket de retour sont sur le point de rejoindre les pionniers.
Quel sera alors leur choix ? Trouveront-ils la force et la motivation de rester sur cette planète inhospitalière en gardant leurs secrets cachés tout au fond de leur âme ou décideront-ils d’exposer ce qu’ils savent à la face du monde ? A moins qu’ils ne rentrent tout simplement sur Terre pour affronter leurs passés…

Enfin voilà Phobos 3 ! Le livre tant attendu que je n’ai pas pu m’empêcher de dévorer dès sa sortie !
Dans ce troisième opus, le lecteur suit toujours trois groupes de personnes. Les pionniers, prisonniers de Mars ainsi que des mensonges entourant la mission, qui continuent de survivre tout en animant le show. Serena et son nouvel acolyte, Orion Seamus, son garde personnel, aux prises avec le pouvoir politique et médiatique qui doivent faire face à leurs détracteurs. Et enfin Harmony accompagnée d’Andrew, les garants de la survie des prétendants, qui ont bien du mal à échapper aux drones ainsi qu’aux services de sécurité contrôlés par Serena.

Tout au long du récit, le lecteur nage dans un univers à la fois moderne et fort, emprunt de science fiction et de réalisme, qui nous laisse entrevoir ce que pourrait être notre futur si la course aux écrans que nous avons choisie de développer ne prend pas un peu de recul. Il suit aussi un récit intense, riche en émotions tout comme en rebondissements. Lorsque Mars coule des jours « paisibles », c’est sur Terre que la crise éclate et inversement, à l’instar d’une partie d’échec qui donnerait l’avantage à l’un des deux joueurs à mesure que la stratégie se déploie.

Dans ce roman, la voix d’Éléonore perd de sa superbe pour laisser s’exprimer les garçons qui prennent de l’envergure en se coulant dans les caractéristiques psychologiques apportées par leurs portraits dans le tome Origines. Ce changement donne du corps à cette multitude de rebondissements pas forcément attendue. Serena, quant à elle, est mise à mal chapitre après chapitre pour mieux exprimer tout son potentiel de Méchante Reine qui ne recule devant aucun obstacle pour parvenir à ses fins et qui, pour finir, va pêcher par excès de confiance. Enfin, on redécouvre une Harmony qui s’émancipe, qui conduit l’action avant de nous dévoiler les secrets les plus sombres de sa mère.

L’intrigue est rondement menée, même si la fin, trop évasive m’a un peu déçue.

Je reste néanmoins sous le charme de cette plume fine et délicate autant que diablement efficace, celle d’un producteur de télé aguerri qui met en scène avec brio son scénario. Victor Dixen a pensé à tout, avec une pertinence aiguisée. Les émotions qu’il nous dépeint sont tout simplement délicieuses et ses descriptions tombent toujours à point nommé.

Phobos 3 est donc pour moi un coup de coeur plus qu’un coup de foudre. Victor Dixen me bluffe par son talent de réalisateur qui est mis en exergue par une prose unique.
Cette saga représente un modèle du genre, alliant modernité, questionnement de fond, technique littéraire et force des sentiments.
A lire très vite pour que notre avenir nous appartienne…

The Witch Hunter, Tome 1 de Virginia Boecker

A seize ans, Elizabeth Grey est l’une des meilleures chasseuses de sorciers du royaume d’Anglia. Avec son ami Caleb, dont elle est secrètement amoureuse, la jeune fille écume les lieux et fêtes magiques sans peur et sans remord, sans la moindre erreur aussi, jusqu’à ces derniers temps…
Ce soir, alors qu’elle rentre de mission, les gardes royaux l’arrêtent pour acte de sorcellerie. Dans ses poches, on trouve une poignée d’herbes interdites. Jetée en prison, l’adolescente attend avec inquiétude le jour de sa mort lorsque tout à coup, dans sa cellule, le grand sorcier Nicholas Perevil apparaît. Aussitôt, Elizabeth pense à le capturer pour laver son nom et son honneur afin de regagner son ancien statut, mais les forces lui manquent et Perevil l’aide à s’échapper…

Avec The Witch Hunter, la série fantastique young adult de Virginia Boecker démarre en fanfare.
Le scénario est riche et varié, alliant mystère, prophétie, romance et aventure.
Le décor fantasy moyenâgeux ainsi que l’ensemble des personnages sont aussi crédibles qu’envoûtants, merveilleusement bien travaillés.
Le lecteur suit ici la jeune Elizabeth Grey, une chasseuse de sorciers redoutable, qui évolue en pleine époque d’Inquisition et qui se voit, malgré elle, affublée d’une quête fantastique extraordinaire dans laquelle ses anciens ennemis deviennent des alliés et ses amis, des traîtres manipulateurs.
Dans ce marasme de sentiments contraires, l’adolescente devra construire sa propre vision du monde et décider par elle-même pour la toute première fois de ce qu’elle veut faire de sa vie.

Personnellement, j’ai adoré le style de l’auteure ainsi que son univers. J’ai trouvé la lecture de ce roman fluide, agréable et tellement facile. Alors ne soyez pas étonnés si je vous dis que The Withch Hunter marque le début d’une grande série mêlant magie et amour.

Un premier volet palpitant et bien construit qui plaira sans aucun doute à tous les amateurs de sorcellerie et de Moyen-Age.