Blue Belle, L’éveil des Archanges de Océane Ghanem

En commençant cette fantasy, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le synopsis avait l’air sympa, la couverture alléchante et le partenariat passé avec les éditions Plumes du Web m’avait déjà convaincue de la qualité de leurs ouvrages, alors c’est confiante que j’ai ouvert ce livre…

L’histoire démarre en trombe avec une chasse à l’homme dans laquelle Blue Belle, l’héroïne néphilim (mi-ange, mi-humaine), tente d’échapper à un démon qui la traque pour en faire une esclave sexuelle. Après une lutte acharnée, la néphilim est capturée. Blessée mais déterminée à se rebeller coûte que coûte, Blue parvient à s’échapper par un portail magique qui la conduit dans une grotte, refuge secret du Prince Lysander, héritier bafoué des Cieux, tueur incontesté de néphilims. Leur rencontre est immédiatement électrique, elle oscille tour à tour entre attirance irrépressible et répulsion attendue, entre séduction inavouable et violence intempestive. Affaiblie par son premier combat, Blue Belle se retrouve de nouveau captive. Les circonstances ainsi qu’un pacte de sang vont contraindre la jeune fille à collaborer avec l’ange qui lutte lui aussi pour sauver sa vie constamment menacée par son oncle bien décidé à l’évincer définitivement de l’échiquier du pouvoir. Si cette partie tarde un peu à évoluer vers une intrigue palpitante, la suite n’est que pur régal et ravira les fans d’épopée et de quête car les héros, embarqués dans une course contre la montre, devront déjouer les complots qui les guettent et mettre la main sur un antidote disparu. La fin de ce premier volume, extraordinaire, promet un deuxième opus croustillant car le passé de Blue la rattrape… Elle n’est pas qu’une néphilim dépourvue d’ailes, elle est celle qui rétablira l’Équilibre.

Le texte  sous-tendu par une tension narrative permanente prend d’abord des allures de récit érotique pour peu à peu nous jeter au cœur d’un suspens impitoyable. Le style de l’auteure, brut de décoffrage et parfois fleuri, surprend par son intensité.

Les personnages présentent des caractéristiques fantasy intéressantes mais ils flirtent parfois trop avec les stéréotypes de ce genre littéraire en arborant des traits guerriers et rustres peu subtils. Paradoxalement, les faiblesses de Blue Belle ainsi que la sensibilité exacerbée de Lysander et de Red par rapport à leurs singularités physiques réchauffent le récit et lui apportent une touche d’originalité.

L’univers fantastique est très présent dans la description des personnages mais il aurait pu être développé dans les décors pour permettre à l’œuvre de s’affirme davantage dans le registre du merveilleux.

Au final, après une mise en route un peu lente, l’histoire m’a totalement subjuguée par son rythme, frénétique, qui ne cesse de monter en puissance… Vivement le deuxième tome ! Et merci aux éditions Plumes du Web pour cette découverte incroyable.


	

Déviants Tome 1 : Innocence de Cara Solak

Survie. Résistance. Liberté.

3 petits mots simples. Le combat de toute une vie.
La lutte commence ici…

Gabrielle, 20 ans, est une jeune fille secrète et solitaire. Mais depuis longtemps déjà, elle se sait différente, de ce genre de différence dont il ne vaut mieux pas parler. Alors elle vit avec et préfère se faire discrète en ces temps troublés.

Sa rencontre explosive avec Matthew, jeune professeur de psychologie aussi attirant qu’agaçant, voit toutes ses certitudes voler en éclats.

Parce qu’elle n’est pas seule. Ils ne sont pas seuls à être différents.
Pour le gouvernement, ils sont considérés comme des…Déviants.

Mais Gaby est-elle prête à entendre la vérité ?

 

Mon avis :

Le livre commence avec la voix de Gaby, sur les bancs de l’université, le jour de la rentrée, le premier jour de sa toute nouvelle vie à Clarks, petite bourgade tranquille de Californie.

Le lecteur comprend vite que la jeune femme n’est pas comme les autres, qu’elle a un pouvoir, celui de pénétrer la tête des gens qu’elle côtoie. Seule, isolée car recherchée par les autorités à cause de son don, Gaby va pourtant nouer des liens ambigus avec son professeur de psychologie, Matthew Baker, qui la fascine autant qu’il l’exaspère du fait de son arrogante assurance et de leur aptitude commune : lire les pensées. Et tels les deux pôles d’un aimant, les deux jeunes gens vont jouer à “Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis” jusqu’à ce que la situation se complique et que Julia, la meilleure amie de Gaby, soit sur le point de se faire arrêter pour avoir découvert, au hasard d’une enquête de police, une liste secrète… que le gouvernement protège.

Sans penser aux conséquences de leurs actes, Matthew et Gaby vont se lancer à la rescousse de la jeune femme et, par la même, plonger au coeur de la résistance qui s’organise afin de contrer l’arrestation systématique et sans fondement de ce qu’ils sont : des Déviants…

 

Si l’entrée dans cette histoire a été quelque peu compliquée pour moi, la suite n’a été que pure plaisir.

Le scénario, après quelques chapitres introductifs un peu longs, prend vraiment son envol pour ne plus jamais lâcher le suspense. L’histoire flirte sans cesse avec la trahison et le doute, l’incertitude et la manipulation. Le final est superbe et donne le ton pour une suite extrêmement intéressante…

 

Les deux personnages principaux sont tout en relief et campent des héros aussi sensibles que déterminés.

Dans le rôle de la novice, Gaby joue de curiosité et de force de caractère pour faire avancer le récit tout en préservant le mystère.

Matthew, lui, reste assez en retrait pendant une bonne moitié de l’aventure pour finalement nous dévoiler ses attentes ainsi que ses appréhensions. A ce moment du roman, les barrières tombent et la romance fait basculer le thriller vers des nuances plus subtiles du fait des sentiments qui se déploient.

Il faut ajouter aussi que ce livre possède une pléiade de seconds rôles indispensables. J’ai tout particulièrement aimé celui d’Evan, le confident qui deviendra également l’initiateur de Gaby dans le contrôle et le développement de ses pouvoirs. J’ai adoré aussi celui de Jake Sawyers, le père de Gaby, maillon essentiel au destin tragique…

 

Le style de l’auteure m’a un peu laissée perplexe au départ, puis je me suis habituée à cet enchaînement de phrases simples mais efficaces, à ces dialogues tranchés, pour ne finalement ressentir que l’énergie de la narration et la force des émotions.

 

Mon seul petit regret : que l’univers dystopique, mélange d’autoritarisme et de restrictions liées au développement durable, ne soit pas plus marqué car même s’il organise le quotidien de cette société, il aurait été souhaitable qu’il s’exprime de façon plus engagée, voire contraignante.

 

Ce premier tome de Déviants me donne clairement envie de connaître la suite de cette saga young adult qui oscille délicieusement entre dystopie et thriller tandis que la romance titille nos sens au fil des pages. L’histoire ainsi que son traitement m’a un peu fait penser à la série américaine Tomorrow People’s. Merci aux éditions Plumes du Web pour m’avoir fait connaître un deuxième coup de coeur.

A lire de toute urgence pour tous les frissons qu’il procure.

Les Élémentaires de Nadia Coste

Incapable de maîtriser son pouvoir lié au feu, Cassandra, unique héritière d’une  famille noble, s’enflamme à la moindre émotion forte. Espérer mener une vie normale est impossible ! Lorsque la jeune fille entend parler d’une cure miracle à l’autre bout du royaume, elle supplie donc ses parents de l’y envoyer. Mais voyager dans des conditions normales est impensable quand on risque de se transformer en véritable torche humaine à chaque instant : Cassandra devra traverser le pays en chariot, plongée dans un baquet d’eau, escortée par un aventurier débutant doté du pouvoir de l’eau. Hélas, le manque d’expérience de ce dernier pourrait laisser l’héritière sans défense face aux bandits de grand chemin et aux animaux élémentaires qui rôdent le long des routes du royaume…

 

Mon avis :

Avec Les Élémentaires, le lecteur est immergé dans un monde fantasy riche et captivant, obéissant à un système féodal où les grands seigneurs règnent en maître sur leur duché tandis qu’alentour les brigands et la faune sauvage se disputent les chemins.

Tous possèdent des pouvoirs liés aux quatre éléments mais une poignée d’entre eux, victimes de dérèglements hormonaux, ne parviennent pas à les maîtriser. Cassandra, jeune mage de feu, fait partie de ceux-là… Son handicap est tel qu’il l’oblige à passer la majeure partie de son temps dans l’eau d’une piscine pour ne pas déclencher d’incendie. Coupée du monde, de la vie et surtout des gens qui l’aiment, la jeune fille ne rêve que d’une chose : être choisie pour suivre une cure, seule véritable remède contre le mal qui la ronge et la prive de tout. Fille d’un Duc, Cassandra compte sur les relations et l’argent de son père afin d’exaucer son unique souhait…

Quand le miracle se produit et que sa candidature est enfin acceptée, l’adolescente pense être à l’aube d’un nouvel espoir… Les dangers qui parsèmeront son voyage, les complots qui rythmeront sa quête ainsi que l’inexpérience de ses gardes du corps entacheront son optimisme et feront de sa quête un véritable cauchemar…

 

Si le début du roman m’a convaincue en dressant le portrait d’une riche héritière que l’existence a malmené du fait de son handicap, la suite ne m’a pas emportée malgré un scénario riche en rebondissements.

La ritournelle des péripéties, le caractère un peu particulier de Cassandra qui oscille entre impulsivité, colère et égoïsme, le manque de tension narrative ont eu raison, à la longue, de mon détachement pour cette histoire.

Seul le style fluide de l’auteure, ponctué d’acronymes rigolos, a réussi à me garder entre ces pages.

 

Les Élémentaires sont donc une petite déception pour moi qui m’attendais à vivre une aventure young adult enlevée ou une romance pleine d’émotions…

L’originalité était pourtant au rendez-vous. Le thème du handicap lié à la magie aurait pu porter cette œuvre vers une dimension plus philosophique…

Je reste sur ma faim. 🙁

The Memory Book de Lara Avery

On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t’écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l’en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu’il lui faut, c’est un nouveau plan. C’est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu’elle s’envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu’elle vit. C’est là qu’elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

 

Mon avis :

The Memory Book est le journal des souvenirs de Sammie, une lycéenne de 17 ans, brillante, sage et raisonnable qui vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une dégénérescence cérébrale génétique capable de lui faire perdre la mémoire à tout moment.
Persuadée qu’elle peut gérer sa maladie et déjouer le sort dramatique qui lui pend au nez, la jeune fille jette pêle-mêle les événements de sa vie sur le disque dur de son ordinateur portable afin que son futur elle se souvienne précisément de qui elle était vraiment…
Le début du roman est marqué par une rigueur et un sérieux sans faille puisque Sam consigne tous ses faits et gestes ainsi que la moindre de ses impressions. Elle tente de dresser un auto-portrait fidèle, mais le lecteur sent déjà, dans ses propos, qu’elle écrit surtout pour se prouver qu’elle ne sombrera pas, qu’elle sera plus forte que la maladie et qu’elle s’en sortira. Sa rencontre avec Stuart, le garçon de ses rêves, au moment même où les symptômes de son mal se déclarent, fait basculer le récit quotidien dans la romance et ajoute une dimension émotionnelle au discours qui se limitait jusqu’alors à l’auto-dérision. Le mensonge par omission, l’intériorisation, la remise en question vont alors prendre le pas sur la logique pour faire rebondir l’histoire vers cette fin aussi touchante qu’inévitable…

Grâce au style qu’elle déploie, Lara Avery nous immerge dans la tête et le présent de Samantha, nous faisant vivre chaque épisode, qu’ils soient décisifs ou anodins, marquants ou insignifiants, comme si nous étions véritablement dans la peau de l’héroïne. Ainsi, chacun d’entre nous peut s’identifier à ce personnage incroyable qu’est Sammie, côtoyer la pléiade de seconds rôles qui l’épaule ou la confronte à ses erreurs et vivre cette aventure dramatique qui s’intensifie à chaque page tournée.

Si le début ne m’a pas totalement séduite, le contexte ainsi que la personnalité de Sammie m’ont peu à peu charmée jusqu’à cette conclusion terrible qui, il faut bien l’avouer, m’a arrachée quelques larmes.
Certes, le scénario est un peu couru d’avance mais les émotions sont bien placées et le ton qui oscille entre humour et tension dramatique fait vite disparaître les impressions de déjà-vu.
Avec The Memory Book, j’ai passé un moment d’intimité avec l’un des personnages de fiction les plus solides que j’ai jamais rencontré.
A lire pour l’émotion et la sincérité du discours qui dépeint sans détour la vie et les sentiments d’une personne qui s’efface peu à peu…

Eden, Tome 1 : Le Mirage de Gemma de Blandine P. Martin

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…
Mon avis :

Le Mirage de Gemma, premier tome d’une saga d’anticipation intitulée Eden commence avec panache par un meurtre de sang-froid. Son héroïne, Eden, est une tueuse à gage à la solde du gouvernement chargée d‘éliminer les dissidents… Son quotidien est fait d’ordres de mission qu’elle exécute sans jamais se poser de question, guidée par sa foi aveugle dans le système politique de Gemma, sorte d’utopie basée sur le pacifisme, le calme et le respect des règles édictées (prohibition, moralité irréprochable, intégrité…) Quand la jeune femme est désignée pour une mission d’infiltration dans un groupuscule rebelle, Eden pense résoudre ce problème comme elle l’a toujours fait, en comptant sur son impartialité. D’abord mise à l’épreuve afin de prouver sa loyauté, Eden est ensuite intégrée à la faction rebelle où elle découvre peu à peu l’envers du décors… Et tandis que des opérations de grande envergure se mettent en place pour déstabiliser le pouvoir en place, Eden commence à douter… Et si le gouvernement de Gemma cachait en son sein des criminels notoires et des desseins malhonnêtes… Perdue, ne sachant plus vers qui se tourner, Eden devra choisir son camp…
Le scénario de ce premier tome suit la trame d’une enquête classique avec son lot de rebondissements qui arrive toujours à point nommé pour donner à l’ensemble une tension sans surprise mais convaincante. La romance qui est mise en place, même si elle manque d’originalité, alimente le suspense. La conclusion de ce récit est, pour moi, le point fort de ce roman. Elle laisse entrevoir beaucoup de potentiel quant à ce qui s’en suivra dans les prochains tomes…
Le style de l’auteure est agréable, fluide. Il met en scène une héroïne d’abord froide et dénuée de sentiments qui obéit à la lettre aux ordres qu’elle reçoit. La mission d’infiltration va la changer et la faire évoluer jusqu’à devenir la pièce maîtresse de la réussite ou de l’échec du coup d’état qui se trame en coulisse…
Dans ce tome, chaque personnage est cohérent et construit pour apporter son soutien à l’histoire. Si j’ai apprécié Eden et Henry, je n’ai en revanche pas vraiment accroché avec le leader rebelle que j’ai trouvé trop stéréotypé pour être touchant.
L’univers science fiction est très peu présent alors qu’il aurait pu faire toute la différence. Heureusement, la dystopie prend le relais pour nous entraîner vers un questionnement à la fois politique et philosophique.

Au final, le Mirage de Gemma marque le début d’un récit intrigant, dont la suite promet d’être croustillante à condition qu’elle ne bascule pas vers des schémas trop connus.

Reboot, Tome 2 : Reset de Amy Tintera

Wren, Callum, Addie et les Reboots libérés de la ville d’Austin arrivent au camp des réfugiés pour découvrir que les rebelles en qui ils avaient fondé tant d’espoir, vivent en réalité sous la coupe de Micah, un vieux reboot très expérimenté au rang presque aussi élevé que celui de Wren et qui déborde d’hostilité envers les humains au point d’en faire sa principale ressource de viande. Choqués, Wren et les siens s’expriment plus ou moins discrètement sans savoir que, dans ce camp, rien n’est soumis à discussion. Micah règne en maître et dès que la mutinerie pointe le bout de son nez, le vieux reboot a ses méthodes pour régler les problèmes. Wren et Addie seront les premières à en payer les frais…
Entre romance et guerre, Reset nous conte l’histoire d’une espèce qui se cherche tant dans son positionnement au sein de la société que dans les valeurs qu’elle doit défendre. Et c’est avec Wren et Callum, ces deux reboots amoureux, que le débat va naître. Chacun s’exprimant avec sa voix.
Si Wren ne sait pas trop où elle en est, Callum, lui, n’a que des certitudes. Les Reboots doivent aider les humains à se libérer de la SHER, l’organisme gouvernemental qui dicte ses lois partout dans le pays, tout en défendant les leurs restés prisonniers. Alors lorsque Micah entre dans l’équation, imposant son point de vue violent et hégémonique, les deux jeunes gens se trouvent partager. Même si Wren ne cautionne pas les idées du vieux reboot, elle n’en reste pas moins convaincue que les humains ne sont pas son problème. Pourtant, dès lors que Micah lui révèle ses plans d’anéantir l’humanité pour régner seul, la jeune fille comprend qu’elle doit choisir son clan. Choisir entre l’amour et la vengeance.
Dans ce contexte, le scénario de Reset évolue de façon assez classique, exploitant le volet politique et philosophique pour asseoir ses actions. En ce sens, le roman est solide, mêlant judicieusement les phases d’actions et celles de réflexion.
Les personnages sont convaincants, dans les deux camps, voire les trois puis quatre lorsque les agents de la SHER ainsi que les humains entrent en scène.
Personnellement, j’ai été prise d’affection pour Callum, ce reboot presque humain longtemps considéré comme faible dans le premier volume mais qui, ici, se révèle être un fin stratège, un « sage » que l’on écoute. C’est lui qui tient les clés du récit entre ses mains et c’est grâce à lui que l’histoire évolue dans la direction prise. Wren, quant à elle, s’affranchit de son passé, de son conditionnement et des sentiments qu’elle croyait nourrir vis à vis des humains, de sa vie de captive et d’elle-même. Elle devient enfin une jeune fille qui pense et réagit par elle-même, sans autre référence ni schéma préalablement établi. J’ai beaucoup aimé également le personnage de Riley, le formateur de Wren qui dans cet épisode joue un peu le rôle du grand frère bienveillant sur qui on peut compter.
Enfin et surtout, j’ai aimé suivre la construction de cette société toute neuve et fraîche, bâtie sur des préceptes de liberté et d’égalité.
Alors, même si j’avais trouvé Reboot un peu fade, Reset m’a convaincue que cette saga dystopique avait un message à livrer. Un de ceux qui valent la peine d’être lu et partagé.

A la Folie de Cindy Lia

Infirmière fraîchement diplômée en psychiatrie, Alicia rejoint l’équipe du Center Hospital, vieille institution au cœur de New-York dont les légendes précèdent la réputation. Entre secrets et phénomènes inexplicables, la bâtisse renferme son lot de mystères. À commencer par Julian, un patient au tempérament de feu qui, à peine arrivé, donne déjà du fil à retordre aux équipes en place. Alors que la loi du silence règne entre les murs, Alicia se retrouve au cœur d’une série de meurtres non résolus qui la plongent rapidement dans une enquête au péril même de sa vie…

 

Mon avis :

Avec A la Folie, le lecteur pénètre immédiatement dans un thriller psychologique envoûtant qui met en scène une infirmière inexpérimentée mais pleine de bonnes intentions, Alicia, au prise avec sa vie personnelle mais bien décidée à s’affirmer par son métier et les responsabilités qui lui incombent. Pourtant, dès le premier jour, rien ne se passe comme prévu. Un patient la prend en otage, des menaces sont glissées dans son vestiaire, des cadeaux étranges l’attendent sur le pas de sa porte… Alicia en est certaine, quelqu’un cherche à la déstabiliser. Mais pourquoi ? L’infirmière mène l’enquête et tandis que l’étau se resserre autour d’elle, des pans de son passé et de sa vie vont éclater…

En commençant cette lecture, je suis immédiatement tombée sous le charme de la plume de l’auteure, Cindy Lia. Les mots sont bien choisis, les phrases portent les émotions et les dialogues apportent la touche d’énergie nécessaire à l’envolée de ce texte.

Le scénario ne reste pas en reste. Oscillant entre suspense et tension amoureuse, l’intrigue s’intensifie page après page pour devenir complètement addictive à mesure que le mystère s’épaissit autour de l’héroïne et que les pistes prennent de la vigueur pour nous dérouter. Chaque élément est pensé, réfléchi pour alimenter le thriller et perturber les attendus.

Les personnages sont extraordinaires, profonds, crédibles, touchants… L’héroïne en tête. Grâce à son récit à la première personne, Alicia nous emporte dans son histoire, son passé, ses phobies pour ne plus nous lâcher jusqu’à cette conclusion surprenante.

Alors vous l’aurez compris, A la Folie est un véritable coup de coeur littéraire pour moi. Un livre qui m’a arraché des frissons de peur mais qui a également su me toucher par sa sincérité, son humour, sa modernité et son analyse.

Je remercie énormément les Éditions Plumes du Web pour m’avoir confié la chronique de ce roman à côté duquel je serais sans doute passée… Grave erreur, ce livre est une pépite qu’on ne peut plus lâcher une fois commencé et qui, je l’espère, gagnera au plus vite votre PAL pour un plaisir garanti.

Reboot Tome 1 : Reboot de Amy Tintera

Dans un monde où le virus KDH fait mourir les gens et rebooter les plus jeunes, la SHER, l’organisation gouvernementale qui régit le monde, recueille ces morts redevenus vivants pour en faire des soldats obéissants, traquant froidement les criminels ainsi que les contestataires. Wren fait partie de l’élite. Avec ses 178 minutes de mort, elle est le meilleur soldat qui existe, doublée d’une formatrice hors paire.
Lorsque Callum, surnommé 22 en raison de ses 22 minutes de non-vie, devient son apprenti, personne ne comprend. Pourquoi la jeune fille perd-elle son temps avec ce presque humain ? Wren, elle, fait fi des rumeurs qui circulent car, avec Callum, c’est comme si sa vie reprenait le chemin des émotions trop longtemps oubliées.
Mais en laissant ses sentiments l’envahir, 178 va vite se rendre compte que son idéal de vie, jusqu’alors contrôlé et raisonné, va beaucoup changer…

Curieuse de découvrir l’histoire qui se cachait derrière ce synopsis énigmatique, j’ai ouvert Reboot.
L’univers dystopique m’a aussitôt séduite ainsi que cette rencontre improbable entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se fréquenter.
Wren est aussi professionnelle et méthodique que Callum est sentimental. L’alchimie qui s’instaure entre eux malgré le poids du regard des autres, et en particulier de l’administration, rend le récit attractif. Pourtant, passé l’introduction, le livre retombe dans la banalité de la rébellion classique et attendue qui se manifeste par : une évasion, une course-poursuite et une quête au remède miraculeux. Le run-trip est long et il n’apporte pas grand chose à l’intrigue si ce n’est le rapprochement des deux héros qui aurait eu lieu quoiqu’il arrive.
Reboot n’est donc pas la lecture que j’attendais. Je pensais trouver une héroïne forte et compliquée, elle n’est en fait qu’une jeune recrue naïve qui change d’avis aussi vite qu’elle tombe amoureuse malgré son reconditionnement exceptionnel. De ce point de vue, j’ai trouvé l’histoire peu convaincante voire caricaturale.
Malgré tout, Reboot est un roman qui se lit facilement, eu style fluide et agréable. Dommage que le scénario soit resté dans les sentiers battus.

Le Plaisir de te détester de Émilie Million

Résumé éditeur :

Odieuse vengeance ou sincère attirance ?

Pour certaines personnes, les réunions des anciens du lycée sont un bon prétexte pour étaler son bonheur et sa réussite. Pour Marie, c’est surtout l’occasion de se prendre la réalité en face : célibataire, au chômage, au bord de la ruine, on ne peut pas dire qu’elle ait de quoi se vanter auprès de ses anciens camarades. Constat qui devient d’autant plus blessant lorsqu’elle se retrouve face à David, qu’elle a humilié dix ans plus tôt. Car le geek boutonneux de ses souvenirs s’est transformé en un chef d’entreprise charismatique. Alors, quand ce dernier lui propose de devenir son assistante, Marie hésite : doit-elle céder à la tentation de revoir David ou bien faire preuve de prudence et éviter cet homme qui a toutes les raisons de lui en vouloir ?

 

Mon avis :

Le Plaisir de te détester, c’est l’histoire de Marie, une jeune femme presque trentenaire, sans boulot ni mari qui vit en colocation avec un courant d’air et qui partage ses confidences avec Mel, sa meilleure amie. A l’occasion d’une réunion d’anciens élèves, la jeune femme renoue avec David, son ex du lycée… Mais au lieu du jeune homme insignifiant de l’époque, Marie retrouve un homme sexy et sûr de lui, patron de son entreprise qui lui offre le job dont elle a besoin pour se remettre à flot. Persuadée que cette proposition cache en réalité une vengeance déguisée, Marie accepte à contre coeur… S’engage alors un duel aussi comique qu’émouvant.

A partir d’un scénario simple et banal, Émilie Million construit une histoire pleine de modernité, proche de la comédie sentimentale burlesque pour notre plus grand plaisir.
Son personnage principal, Marie, est drôle de maladresse, touchante de naïveté et surtout attachante de spontanéité. Elle nous convainc que son récit est singulier par l’intensité des émotions qu’elle y projette et c’est là toute la force de ce roman : transformer une histoire complètement ordinaire en un moment sympathique et prenant qui se lit facilement.
Le style est jeune, dynamique ; il se rapproche du langage parlé pour créer une atmosphère pétillante quelques soient les circonstances.

Mon bémol réside dans le manque d’originalité du scénario ainsi que dans la construction des personnages secondaires qui répondent un peu trop, à mon goût, aux stéréotypes que l’on rencontre habituellement dans ce genre de romances.

Le Plaisir de te détester reste quand même, pour moi, une lecture agréable, un moment de divertissement que j’ai envie de partager 😉

Marquer les ombres de Veronica Roth

Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

Avec Marquer les Ombres, la nouvelle saga dystopique de Veronica Roth, le lecteur plonge dans une histoire où la science fiction rencontre la fantasy pour retracer les rivalités de deux ethnies qui se disputent une seule et même planète au sein d’une coalition interstellaire.
Le récit est conduit par deux jeunes héros assez emblématiques de leur peuple. L’un, Akos, représente les Thuvésits, ces êtres aux coutumes et aux traditions évoluées qui dominent la planète Thuvé en respectant les codes et les lois de l’Assemblée des neuf planètes. L’autre, Cyra, est la fille du chef des Shotets, ces pirates un peu barbares, rejetés de tous qui n’ont survécu jusqu’alors que par débrouillardise et force de caractère.
Si tous reconnaissent les « dons » engendrés par la présence du ruban-flux, sorte de flux énergétique qui anime les êtres de capacités aussi uniques qu’extraordinaires, la proclamation des destins de certains enfants divise cependant les deux peuples. En kidnappant Akos et son frère, la famille régnante Shotet pense ainsi prendre l’avantage sur ses rivaux car l’un d’entre eux sera le prochain Oracle. Le posséder, c’est connaître l’avenir et pouvoir le déjouer…
Dans ce contexte délicat, Akos fait la connaissance de Cyra. Ennemis au premier regard, les deux adolescents vont pourtant tisser des liens qui les changeront à jamais… Et pendant que l’un apprendra à devenir un combattant hors paire, l’autre ouvrira son coeur pour se libérer de son héritage tant familial que personnel.
Si le récit démarre dans la lenteur en établissant le cadre ainsi que le rôle des personnages, la suite trouve un second souffle lorsque les deux héros se rencontrent pour lutter d’une même voix contre les injustices. La dystopie oscille alors au rythme de la romance en suivant des ficelles bien connues mais néanmoins porteuses. Trahison, manipulations, vengeance, égoïsme, idéalisme… servent de rebondissements à cette saga qui, peu à peu, n’oppose plus les peuples mais bien les membres d’une même famille…
Les personnages de Cyra et d’Akos sont profonds et attachants. La première campe tout d’abord un bourreau aussi insensible qu’implacable de part le don qui l’accable. D’un seul toucher, elle peut infliger la souffrance et la douleur… jusqu’à la mort. Elle se considère comme un monstre et n’hésite pas à surjouer son rôle de fléau dans le royaume de son frère. Le second, quant à lui, incarne la parfaite victime qui cherche à prendre sa revanche… A côté de ce duo tout en contrastes, une pléiade de seconds rôles se dispute la vedette. Et dans ce maelstrom de personnages, certains manquent de cohérence tel que Rizek, le frère de Cyra, jeune despote en quête de pouvoirs et de reconnaissance, qui échange ses mauvais souvenirs contre ceux d’autrui sans pour autant évoluer psychologiquement.
Le style est agréable même s’il manque parfois de relief et qu’il s’enlise ça et là dans des répétitions inutiles.
Alors certes, Marquer les Ombres n’est pas le roman que j’attendais après avoir lu Divergente… Mais le mélange de fantasy et de science fiction, la profondeur des personnages principaux m’a peu à peu convaincue.
Reste à savoir si le prochain tome répondra aux nombreuses questions restées floues dans ce premier opus…