Le Dérobeur d’Âmes de Kristin et Fanelly Andrews

Dans une vie future, la Terre est sous l’influence d’une société secrète qui a infiltré la plupart des institutions. Son leader est prêt à tout pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.
Quand Agathe a créé son blog, elle ne s’imaginait pas qu’elle deviendrait leur centre d’intérêt. Travaillant dans l’armée de terre, elle commet une grave erreur en piratant le site des Renseignements Généraux. Elle n’a pas d’autre choix que d’intégrer la DCRG. Elle ignore que sa vie va prendre une toute nouvelle direction, là où elle ne s’attendait pas à trouver des réponses.
C’est au moment de sa rencontre avec Victor, revenu en France pour se venger de son père, que son pire cauchemar refait surface. Serait-ce le fruit de son imagination ? Elle va mener l’enquête en parallèle, car de nombreux cadavres sont découverts. L’humanité serait-elle victime d’une nouvelle épidémie, ou tout simplement d’un sérial killer d’un nouveau genre ?
Agathe et Victor sont la clé. Ils vont devoir s’associer et découvrir comment et pourquoi ils sont liés, au point que leur mission va bouleverser leurs croyances sur les origines de la vie.

Tout comme Yannick du blog prose-café (http://www.prose-cafe.fr/leblog/) avec qui j’effectue cette lecture commune, je tiens à remercier les auteures qui ont la gentillesse de nous confier leur « bébé ». Ce qui n’est pas toujours une chose très aisée.

Avec le Dérobeur d’Âmes, Kristin et Fanelly Andrews entraînent le lecteur dans une dystopie mêlant science fiction et fantastique. L’intrigue, racontée à deux voix, explore plusieurs genres. Si la trame principale de l’histoire appartient au roman policier avec une enquête, une récolte d’indices et une confrontation, la romance et le thriller s’invitent également à la fête pour apporter leur sel.

Avec la voix d’Agathe, une jeune fille de 25 ans, ex-militaire, hackeuse à ses heures et surtout membre de la DGSE, on plonge directement dans l’action. Kidnappée par les hommes de Patrick Connor, l’illustre magnat des affaires, parce qu’il pense qu’elle lui a volé des informations classées top secret, la jeune détective découvre les prémices d’un complot. Quand elle parvient à s’enfuir, son employeur la place aussitôt sur l’enquête destinée à relier une série de meurtres aussi étranges qu’inexpliqués au richissime homme d’affaires. Intriguée par les données qu’elle a déjà collectées, qui font écho à son histoire personnelle, Agathe s’investit corps et âme dans son investigation jusqu’à infiltrer la secte satanique de sa cible sans savoir qu’elle est sur le point de faire de fameuses découvertes sur son passé ainsi que sur ses étranges capacités de précognition.

Avec Victor, le fils de Patrick Connor, l’histoire prend des allures de règlement de compte car ce dernier, brimé par un père intransigeant et manipulateur, veut désespérément sa revanche. Il s’est fixé un but ultime, faire tomber son géniteur du pied d’estale qu’il s’est construit. Appartenant à une organisation secrète nommée La Légion, qui souhaite soupçonne l’homme d’affaires de tremper dans un complot de grande envergure, le jeune est chargé de récolté des preuves à charge. Son chemin croisa celui d’Agathe qu’il devra initier et protéger.

L’histoire d’amour, en dents de scie, complète intelligemment le scénario, apportant la touche de tendresse ou de tension nécessaire à faire rebondir une enquête qui piétine.

La tension narrative est omniprésente. Le déroulé est fluide et cohérent. Les touches de fantastique, même si elles arrivent un peu tard, sont l’élément singulier du roman.

La psychologie des personnages est forte. L’héroïne, au comportement tantôt masculin, tantôt fragile et mal assurée, m’a immédiatement séduite. Le personnage de Victor, quant à lui, s’apprécie dans la durée.

Mon bémol réside dans le style que j’ai trouvé très fluide lors de la narration discours mais peu naturelle et exagérée dans les phases de dialogues.

Au final, Le Dérobeur d’Âmes est un livre qui se lit vite car l’histoire appelle à la suite. Son côté thriller parsemé de romance m’a complètement convaincue. Les indices sont distillés tout au long du récit et les personnages sont assez attachants. Cependant, je pense que l’univers ainsi que les thèmes abordés séduiront davantage un public plutôt adulte qu’adolescent.

La Veuve de Fiona Barton

A la mort de son mari, Glen, Jane Taylor n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle vit recluse dans sa maison pour éviter la horde de journalistes qui tambourine à sa porte depuis bientôt quatre ans, depuis que Glen a été soupçonné dans l’enlèvement de la petite Bella.
Partagée entre ses souvenirs heureux d’un passé sans tache et son effroyable présent, la veuve décide finalement de clore ce chapitre de sa vie en se confiant, contre toute attente, à Kate, une journaliste de presse écrite à la recherche DU scoop… Commence alors un long témoignage sur les traces de la vérité… Une vérité qui n’aura de cesse de rebondir pour mieux nous surprendre.

En commençant La Veuve, le lecteur est immédiatement plongé au coeur du quotidien de Jane Taylor, cette quadragénaire effacée, épouse du célèbre Glen Taylor, auteur présumé de l’enlèvement de Bella il y a quatre ans.
L’histoire commence par une narration à la première personne dans laquelle Jane, dont nous partageons les pensées, nous apprend qu’elle est heureuse du décès de son mari sans pour autant nous en expliquer la cause. Le mystère s’épaissit lorsque la veuve, malgré les avertissements de feu son époux, reçoit la journaliste, Kate, à son domicile et nous laisse partager ses souvenirs heureux d’un passé immaculé. Les chapitres s’enchaînent et le lecteur ne sait plus quoi penser car Jane étale devant nos yeux dubitatifs sa vie parfaite en compagnie de l’homme idéal. L’écart se creuse entre sa joie initiale concernant l’événement tragique qui est sensé l’accabler, la présence incessante des médias et ce discours discordant d’une femme sous emprise, soumise aux règles d’un mari pourtant absent. L’ambiguïté s’installe, le doute aussi. Puis viennent les chapitres écrits à la troisième personne où l’inspecteur chargé de l’enquête, Bob, ainsi que Kate nous explique, avec mesure, l’ampleur de la tragédie. Une petite fille a été enlevée. Par Glen ? Cet homme si merveilleux que Jane ne cesse de nous décrire ? Notre esprit logique de lecteur averti s’affole… Dans quelle histoire sommes-nous embarqués ? Qui est coupable ? Complice ? Que sait la veuve ? Nous cache-t-elle d’horribles révélations ? Et enfin, la trame du scénario éclate, à travers le témoignage de Jane, bien sûr, mais aussi grâce aux nombreux flashes-back qui s’intercalent dans le présent, comme les pages manquantes d’une histoire incroyable.

La force de ce livre réside essentiellement dans la structure du scénario qui désarticule le fait divers pour créer un immense puzzle à triple entrée. Avec Jane, on vit d’abord un mélange de présent et de passé complètement orienté, subjectif, en fonction de ce que la veuve a vécu et ressenti. Elle nous expose sa naïveté, sa douleur, ses incompréhensions, sa méfiance aussi… Avec Bob, on plonge dans l’enquête de terrain, le procès, la relax et la nouvelle enquête qui s’avère, quant à elle, concluante. Le lecteur entraperçoit enfin les faits de façon beaucoup plus objective, scientifique, logique. Avec Kate, on assiste à la médiatisation de l’affaire, à la course au scoop, à la manipulation…

Avec une plume légère et sincère, l’auteure nous retranscrit merveilleusement bien les émotions et pensées de son héroïne, Jane, qui nous apparaît tour à tour soumise, lucide, candide avant de nous bluffer par son objectivité finale. Quand elle fait parler Kate ou Bob, Fiona Barton se retranche dans le vocabulaire professionnel des deux autres personnages, les faisant vivre et respirer au rythme de leur travail. Leur obsession de détenir la vérité nous conduit dans une ambiance plus sombre et plus haletante qui flirte magistralement avec le suspense.

Question structure, le sel du thriller est là. Témoignages, fausses pistes, course contre la montre, rebondissements se disputent la vedette pour nous proposer une histoire riche et bien amenée alors qu’elle repose, à l’initial, sur un fait divers complètement banal malgré sa dimension tragique.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, c’est que tous les aspects du récit sont traités avec une rigueur et une émotion incroyable. Le personnage de Jane est plus que bien construit, c’est lui et sa personnalité qui donne le ton à l’histoire et la fait sortir de sa simplicité. Jusqu’au dernier moment, personne ne sait vraiment qui est cette veuve et surtout quel rôle elle a joué dans cette affaire.

La Veuve est pour moi un coup de coeur littéraire indéniable et je ne peux que vous conseiller d’en ouvrir les pages pour en savourer toute la richesse.
Pour les fans de Mary Kubica.

Méthode 15-33 de Shannon Kirk

Kidnappée sur le chemin de l’école, une jeune fille de 16 ans, enceinte de huit mois, se réveille à l’arrière d’une camionnette. Les yeux bandés, elle écoute son instinct logique et compte les pas qui la conduisent dans sa chambre prison. A l’affût du moindre détail, elle commence à noter, mentalement, puis dans le carnet que son ravisseur lui procure les habitudes de ce dernier ainsi que toute la liste des choses qui sont mises à sa disposition. Elle consigne également chaque visite du médecin, comme celles des gens qui veulent lui prendre son bébé.
Les jours passent, un plan s’échafaude…
Elle ne laissera rien ni personne faire du mal à l’enfant qu’elle porte. Elle s’échappera. Et elle les tuera. Tous.

Méthode 15-33 est un drôle de thriller, très addictif et palpitant, qui met en scène une héroïne aussi, si ce n’est plus, psychopathe que ses ravisseurs ainsi qu’un agent fédéral aux méthodes particulières…
Racontée à deux voix, l’histoire nous fait vivre les événements selon deux points de vue. Celui de la victime, une jeune sociopathe à l’esprit cartésien, habituée par ses parents depuis toute petite à affronter des situations délicates et qui va s’appliquer, jour après jour, à fomenter un plan d’évasion et de vengeance. Et celui d’un agent fédéral qui ne lâche rien, à l’acuité visuelle remarquable et à la mémoire prodigieuse. Il est assisté dans sa tâche par une partenaire aux sens ultra développés qui n’hésite pas à molester ses suspects.

Même si le scénario n’est pas « découpé » en plusieurs actes, il respecte néanmoins trois parties distinctes et inégales. Le lecteur suit d’abord le kidnapping ainsi que la séquestration au cours de laquelle les héros collectent des indices pour résoudre leur problème. La jeune fille pour sa quête de liberté, les policiers pour résoudre l’enquête. Cette étape, même si elle comporte quelques longueurs inhérentes au fait que chaque narrateur éprouve le besoin de nous expliquer dans le détail ses capacités, son histoire ainsi que le déroulé de ses actions, pose les bases de l’histoire, l’ambiance, le décor, les personnages. Pour ma part, elle a été ma partie préférée. J’ai accroché de suite avec le caractère de la victime, j’ai aussi aimé imaginer ce qu’elle pourrait faire avec l’ensemble des données collectées. Enfin, j’ai adoré lire un thriller où la victime ne se laisse pas abattre mais prend le taureau par les cornes pour rendre coup pour coup.
La seconde partie du récit concerne l’évasion. Dans ces chapitres, l’auteure nous conduit de rebondissements en rebondissements, entre succès et défaites, entre surprises et frissons. Cette partie est très certainement la plus active de toutes puisque c’est dans ces chapitres que figure la résolution de l’histoire.
Enfin, il y a cette troisième partie où le lecteur assiste au procès des complices, aux mensonges de l’héroïne ainsi qu’à sa vengeance étalée sur plusieurs décennies avant de parvenir à cette conclusion douce-amère. Je dois dire que c’est l’épisode qui m’a posé le plus de problème en raison des faux témoignages et de la manipulation qu’opère la victime pour obtenir compensation. Même si j’ai aimé la résolution finale, je n’ai pas adhéré au cheminement pour y parvenir.

Méthode 15-33 est au final une lecture plaisante pour qui aime vibrer au rythme d’un récit tout en tension. Pour ma part, j’ai vraiment adoré le personnage principal, cette adolescente à contre-courant qui n’est ni fragile ni stupide ni impressionnable. J’ai aimé l’enquête, les rebondissements à mi-parcours qui ajoutent du suspense et qui prennent de cours le lecteur. J’ai apprécié aussi les enjeux du livre, très forts et dramatiques. Ce roman aurait pu être un formidable coup de coeur si certaines longueurs avaient été évitées et, surtout, si les parties du procès et de la vengeance n’avaient pas empiété sur la morale, celle qui nous permet de rester, en toutes circonstances, dans le droit chemin…

Tout pour plaire de Ingrid Desjours

Déborah et David coulent des jours heureux. Lui est une sorte de gourou, coach en développement personnel, qui court les meetings. Une chose est certaine, David ne laisse personne indifférent. Adulé par certains, il est aussi accusé par d’autres d’être un pervers narcissique maltraitant sa femme. Déborah, elle, est une femme d’une très grande beauté, douce et réservée, qui a tout abandonné pour se consacrer à son mari. Ensemble, ils vivent un bonheur parfait jusqu’au jour où Nicolas, le frère de David, ce prétentieux à la vie dissolue, débarque avec sa fille en clamant que sa femme a disparu… Le bel édifice que Déborah et David avaient réussi à construire va alors voler en éclats ainsi que leurs vies… sous les yeux impuissants de l’inspecteur Sacha Mendel qui n’aura pourtant de cesse de traquer LA vérité.

J’avais découvert Ingrid Desjours avec Kaleb, cette trilogie fantastique envoûtante et originale qui m’avait convaincue par la force de ses personnages ainsi que par la structure de son scénario, impeccable.
Avec Tout pour Plaire, l’auteure nous embarque dans une histoire étrange, à la limite du récit de vie. On y côtoie des personnages bien campés, à la psychologie marquée, qui vont tour à tour jouer le rôle de victime, bourreau et sauveur.
Immergé dans un récit en six actes, le lecteur est très vite noyé par les informations diverses qu’il reçoit et par la singularité de la narration, externe et omnisciente mais infiniment cachottière, qui passe certains éléments volontairement sous silence afin de préserver le mystère mais qui ne parvient qu’à nous embrouiller. Pourtant, les faits sont présentés de façon linéaire, en respectant l’avancée de l’enquête mais cela ne fonctionne pas, en tout cas pour moi.
Car si j’ai aimé suivre Sacha Mendel dans la résolution de son investigation, je n’ai pas apprécié en revanche partager le quotidien de la famille Pennac, peuplé de manipulations et de luttes de pouvoir. J’ai trouvé ces parties du récit fades et surtout peu fiables dans la mesure où le narrateur nous ballade en fonction du suspens qu’il souhaite ménager.
Je n’ai pas non plus adhéré au style de l’auteure qui tombe parfois dans le vulgaire et l’obscène dans le seul but de nous choquer ou peut-être de contraster avec la fragilité de la victime.
Je n’ai pas aimé enfin la structure du récit, basée plus sur le drame que sur le thriller.
J’aime être manipulée par un auteur qui joue avec mes nerfs et fait monter la pression. Avec Tout pour Plaire, ce plaisir n’a duré qu’une soixantaine de pages, perdues au milieu du roman…
Dommage, il y avait là pourtant matière à écrire un très bon polar.

Intimidation de Harlan Coben

Il aura suffi d’une phrase d’un inconnu pour faire plonger la vie d’Adam dans le chaos. Une phrase et la visite sur un site internet pour savoir que Corinne lui a menti…
Lorsqu’il confronte sa femme, celle-ci ne nie pas mais disparaît le jour suivant en lui laissant un texto énigmatique. Adam sent que quelque chose de grave est en train d’arriver alors il mène l’enquête, utilise la géolocalisation du portable de Corinne pour connaître sa dernière position, surfe sur internet afin d’en savoir davantage sur cet individu qui a brisé sa vie en même temps que son ménage. Mais plus Adam fouille le vie de sa femme à la recherche d’éléments qui lui permettraient de comprendre, plus le mystère s’épaissit. Et puis il y a ces assassinats de femmes qui ont toutes un lien avec l’inconnu et Adam perçoit l’urgence comme une sirène dans la nuit. Corinne est en danger, il doit la retrouver…

Avec ce nouveau roman de Harlan Coben, le lecteur plonge en plein coeur d’un fait divers qui tourne au cauchemar. Une banale histoire de chantage qui fait boule de neige et exhume de sombres secrets, plus lourds. Comme souvent avec cet auteur, l’intrigue principale croise le tracé d’autres récits qui placent le héros dans une situation de plus en plus compliquée alors que la réponse à ses questions se trouvait juste sous les yeux.
Si le scénario nous balade, au début, dans les méandres de plusieurs tranches de vie à priori sans rapport les unes avec les autres, c’est pour mieux nous égarer. Tout comme Adam, le lecteur perd le fil avant de voir se dessiner lentement l’ensemble du décor. Puis, le rythme s’accélère vers le milieu de l’œuvre et le roman devient addictif car le héros flirte avec la vérité et les dangers qu’elle soulève. La conclusion de l’histoire est juste grandiose de simplicité.
Question style et structure du récit, j’ai trouvé que la première partie du roman était un peu pesante et artificielle. J’ai eu du mal à suivre le portrait que nous dresse Adam de sa vie, de sa ville et de celle de ses voisins et amis. Je n’éprouvais aucune réelle empathie ni pour lui ni pour Corinne, deux héros que je trouvais trop quelconques.
J’ai eu aussi beaucoup de mal avec le fait divers exploité, celui du mensonge et de la manipulation au sein d’un couple.
Ce qui m’a raccrochée à l’histoire finalement, c’est le travail mené sur l’inconnu qui continue, en parallèle des problèmes d’Adam, à détruire la vie d’autres personnes sans jamais constater les dégâts qu’il cause. Et puis rebondissements, il y a ces crimes et l’intervention de Johanna, cette femme flic qui cherche les raisons pour lesquelles on a ôté la vie de sa meilleure amie. A ce moment du roman, le mystère devient épais, inextricable. On se doute qu’Adam est relié d’une manière ou d’une autre à ces événements sans mettre le doigt dessus. Et l’auteur finit par conjuguer les tranches de vie, les mêlant si intimement que les destins deviennent liés. Les problèmes, les doutes et les trouvailles des uns alimentent l’enquête des autres.
Au final, Intimidation est un livre qui monte constamment en puissance, crescendo, pour nous proposer un récit original et perturbant où la banalité d’un fait divers déferle comme une lame sur la vie d’innocents. Tout ici repose sur le mensonge, personnage principal, muet et ironique, de son poids ainsi que de son acceptation qu’elle soit individuelle ou sociétale.

Les chroniques de Hallow, tome 1 : Le ballet des ombres de Marika Gallman

Abby est une voleuse de haut-vol, mais pas seulement… Elle possède le pouvoir d’absorber l’énergie des autres ainsi que de percevoir leur aura.
Jusqu’à ce lundi matin, dans le métro, sa vie était une acrobatie bien huilée et puis la jeune femme le perçoit lui et son énergie si captivante. Désormais, Abby n’a plus qu’une envie : entrer en contact avec cet homme, de n’importe quelle façon. Sans réfléchir, par habitude, elle utilise ses dons de pickpocket pour lui dérober son portefeuille mais, bizarrement, il la prend sur le fait. Une étrange course-poursuite commence alors et Abby découvre que cet homme, ce flic, est différent ; il est parfaitement insensible à son pouvoir. Pour la jeune femme, ce n’est que le début d’une longue aventure aussi déroutante et dangereuse que mystique.

Le Ballet des Ombres ouvre l’histoire de cette nouvelle série #Fantasy avec une certaine frénésie d’actions.
Le scénario oscille entre un épisode des X-Men et celui d’une romance moderne et drôle car la vie de l’héroïne, Abby, va basculer au gré de ses nouvelles rencontres masculines.
Il y a d’abord ce télescopage avec Wally, le policier envoûtant et tenace, qui conduira le roman dans les méandres incertains de l’amour et de la sensualité. Et puis, il y a la rencontre avec John Smith, ce personnage sans énergie dont l’aura ressemble aux ténèbres d’un puits sans fond. Avec lui, Abby va explorer son don et remonter le fil de l’histoire de son peuple, les Kao, ces hommes qui, autrefois, canalisaient l’énergie des Dieux pour assurer la paix et l’harmonie sur Terre, pour mieux sauver le monde actuel des griffes du Chaos.

Si la structure du récit m’a emballée par son énergie et ses nombreux rebondissements surprenants, son style, quant à lui, manque pour moi de finesse et de subtilité. La répétition de certaines métaphores et comparaisons alourdit considérablement le texte et, par ailleurs, les passages sensuels auraient largement pu être davantage approfondis ou repris dans le quotidien de l’héroïne afin de mieux affirmer son trouble émotionnel et donner au livre une dimension plus psychologique sans pour autant tomber dans l’érotisme. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’ébauche de cette relation naissante entre Abby et Wallace qui obéirait parfaitement au dicton : « Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis. »
Côté fantasy, j’ai trouvé intéressant de rattacher les pouvoirs de l’héroïne à une histoire ancestrale et mystique, cela donne du corps à cet écrit et présage d’une suite des plus intéressantes.
J’attends donc le tome 2 avec impatience, pour voir si le Maire tient parole en créant cette unité spéciale dont il parle. Ce serait, à mon sens, un chemin particulièrement attrayant à explorer.