Blue Belle, L’éveil des Archanges de Océane Ghanem

En commençant cette fantasy, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le synopsis avait l’air sympa, la couverture alléchante et le partenariat passé avec les éditions Plumes du Web m’avait déjà convaincue de la qualité de leurs ouvrages, alors c’est confiante que j’ai ouvert ce livre…

L’histoire démarre en trombe avec une chasse à l’homme dans laquelle Blue Belle, l’héroïne néphilim (mi-ange, mi-humaine), tente d’échapper à un démon qui la traque pour en faire une esclave sexuelle. Après une lutte acharnée, la néphilim est capturée. Blessée mais déterminée à se rebeller coûte que coûte, Blue parvient à s’échapper par un portail magique qui la conduit dans une grotte, refuge secret du Prince Lysander, héritier bafoué des Cieux, tueur incontesté de néphilims. Leur rencontre est immédiatement électrique, elle oscille tour à tour entre attirance irrépressible et répulsion attendue, entre séduction inavouable et violence intempestive. Affaiblie par son premier combat, Blue Belle se retrouve de nouveau captive. Les circonstances ainsi qu’un pacte de sang vont contraindre la jeune fille à collaborer avec l’ange qui lutte lui aussi pour sauver sa vie constamment menacée par son oncle bien décidé à l’évincer définitivement de l’échiquier du pouvoir. Si cette partie tarde un peu à évoluer vers une intrigue palpitante, la suite n’est que pur régal et ravira les fans d’épopée et de quête car les héros, embarqués dans une course contre la montre, devront déjouer les complots qui les guettent et mettre la main sur un antidote disparu. La fin de ce premier volume, extraordinaire, promet un deuxième opus croustillant car le passé de Blue la rattrape… Elle n’est pas qu’une néphilim dépourvue d’ailes, elle est celle qui rétablira l’Équilibre.

Le texte  sous-tendu par une tension narrative permanente prend d’abord des allures de récit érotique pour peu à peu nous jeter au cœur d’un suspens impitoyable. Le style de l’auteure, brut de décoffrage et parfois fleuri, surprend par son intensité.

Les personnages présentent des caractéristiques fantasy intéressantes mais ils flirtent parfois trop avec les stéréotypes de ce genre littéraire en arborant des traits guerriers et rustres peu subtils. Paradoxalement, les faiblesses de Blue Belle ainsi que la sensibilité exacerbée de Lysander et de Red par rapport à leurs singularités physiques réchauffent le récit et lui apportent une touche d’originalité.

L’univers fantastique est très présent dans la description des personnages mais il aurait pu être développé dans les décors pour permettre à l’œuvre de s’affirme davantage dans le registre du merveilleux.

Au final, après une mise en route un peu lente, l’histoire m’a totalement subjuguée par son rythme, frénétique, qui ne cesse de monter en puissance… Vivement le deuxième tome ! Et merci aux éditions Plumes du Web pour cette découverte incroyable.


	

Nightfall de Jake Halpern et Peter Kujawinski

Les habitants se préparent à abandonner leurs maisons, mais Marine, Kana et Liam ne croient pas aux légendes de leurs parents. Ils décident de rester dans le village. Alors que la Nuit les enveloppe, ils découvrent avec horreur qu’ils n’auraient vraiment pas dû…

 

Mon avis :

Nightfall est une fantasy young adult pleine de tensions qui dès les premières pages plonge le lecteur dans une ambiance sombre, enveloppée de mystères, qui ne s’arrête jamais.

Les auteurs y mettent en scène un monde original, une île abritant un village sur lequel La Nuit tombe pour les quatorze prochaines années. Les habitants qui, jusqu’alors, y vivaient tranquillement au gré du Jour qui les baignait depuis quatorze ans, sont contraints de quitter les lieux. Le climat froid, presque polaire, le manque de visibilité mais surtout, les règles auxquelles ils ont juré de se plier avant de s’installer sur ces terres, les y obligent. Pourtant, avant de prendre les bateaux qui les conduiront vers les régions désertiques, les villageois ont une dernière mission à accomplir : nettoyer, ranger et réaménager les maisons qui les ont accueillis…

Intrigués par ce rituel obéissant à des instructions aussi précises qu’étranges, Liam, Kana et Marine, trois jeunes villageois, s’interrogent… Que se passera-t-il à la tombée de La Nuit ? Le village sera-t-il investi par un autre peuple ?

La perte d’un collier, un malencontreux accident ainsi qu’une amitié indéfectible conduiront les trois adolescents à braver les interdits, à rester sur l’île malgré les promesses faites… Seuls dans un village plongé dans l’obscurité, nos trois héros découvriront, à leurs dépens, ce qui se cachait derrière les contes et légendes de leurs parents…

 

Ce qui m’a frappée tout au long du récit, c’est avant tout cette ambiance qui s’électrise à mesure que La Nuit tombe et que les préparatifs du départ avancent. La construction des chapitres, le choix des mots et des actions conduites tendent tous vers un seul et même objectif : faire naître le doute puis la terreur dans la tête des héros tout comme dans celle du lecteur qui se laisse happer par cette fuite désespérée mais inévitable qui propulse nos trois personnages vers une quête d’un ailleurs moins dangereux.

Qu’il s’agisse de Liam, Marine ou Kana, que le lecteur suit tour à tour au gré des nombreux rebondissements du récit, ils m’ont tous paru crédibles et attachants. Leur spécificité majeure est qu’ils endossent des rôles auxquels ils n’étaient pas forcément préparés… Liam, “l’homme fort” du groupe, physiquement diminué suite à un accident, va devenir rapidement le maillon faible à protéger tandis que Kana, aveugle de naissance, va peu à peu s’acclimater à ce nouvel environnement pour devenir l’élément moteur du récit. Quant à Marine, elle ne cessera de nous étonner par l’exploitation de ressources ancrées dans son histoire personnelle.

Si le récit nous projette de surprises en surprises, c’est grâce au style développé par les auteurs. Diaboliquement efficace, il sème le trouble et l’émotion au fur et à mesure des pages pour rendre cette histoire complètement addictive.

Nightfall est donc un coup de coeur pour moi qui saura séduire les amateurs de suspense et de frissons.

Les Vilains Contes n°1 – Collectif

Les vilains contes de L’ivre-Book se veulent un hommage à la littérature fantastique d’hier et d’aujourd’hui. Un vivier au sein duquel se côtoient les auteurs confirmés et ceux en voie d’éclosion, tous au service de ce genre qui nous a fait rêver ou cauchemarder depuis toujours.

Les plumes libèrent leurs histoires tantôt effrayantes tantôt grinçantes pour notre plus grand plaisir.

12 auteurs sont au sommaire de ce premier volume, autant de variantes sur notre littérature de prédilection.

Zombies, vampires ou encore psychopathes, ils vous attendent tous au creux de ces pages.

Mon avis :

En ouvrant ce livre, on pénètre immédiatement dans un autre monde, celui du fantasy / fantastique où zombies, vampires, succubes, sorcières et autres créatures terrifiantes se disputent la vedette…

Écrits par douze auteurs différents, les histoires et les univers se succèdent pour nous livrer une œuvre dont les fils conducteurs sont invariablement le mystère et la tension.

Qu’il s’agisse d’une réécriture du conte de La Belle au Bois dormant, d’une lettre adressée à un vampire, d’un compte-rendu de recherches médicales, d’un flot de pensées intérieures ou de purs récits façon road trip ou bien traditionnels, tous ces textes sont originaux et abordent des thèmes bien connus de la littérature fantastique en empruntant des chemins inusités…

Alors même si, parfois, certains textes manquent de relief ou de profondeur, que les styles varient du langage parlé aux phrases classiques en passant par des plumes modernes, laissez-vous surprendre par ce florilèges de personnages tous extrêmement bien bâtis ainsi que par l’intensité narrative afin de découvrir comment l’homme pourrait évoluer si une étrange pandémie venait à ravager l’ensemble de la planète, comment un agent du F.B.I. se laisse abuser par une enquête des plus étranges, comment un artiste en quête de gloire est prêt à tout, comment un jeune vampire maladroit et gaffeur émerge de sa solitude, comment un chevalier courageux sauve une princesse et un royaume d’une malédiction centenaire, comment un enfant devient un meurtrier psychopathe, comment une gardienne de cimetière gère son cheptel de morts, comment des fantômes peuvent vous accompagner sur une portion de route, comment une succube parvient à vous voler votre âme, comment une contamination peut changer votre vie en véritable cauchemar, comment un pacte diabolique peut se retourner contre son signataire et, enfin, comment un arbre maléfique peut assouvir sa soif de sang…

Personnellement, je suis totalement tombée sous le charme de la plume de Bénédicte Coudrière tout comme j’ai adoré plonger dans l’univers envoûtant de Henri Bé.

Alors comme moi, n’hésitez pas à tourner les pages de ce recueil de nouvelles pour découvrir de nouveaux talents.

Merci aux éditions L’ivre-Book pour ce beau moment de lecture.

Les Élémentaires de Nadia Coste

Incapable de maîtriser son pouvoir lié au feu, Cassandra, unique héritière d’une  famille noble, s’enflamme à la moindre émotion forte. Espérer mener une vie normale est impossible ! Lorsque la jeune fille entend parler d’une cure miracle à l’autre bout du royaume, elle supplie donc ses parents de l’y envoyer. Mais voyager dans des conditions normales est impensable quand on risque de se transformer en véritable torche humaine à chaque instant : Cassandra devra traverser le pays en chariot, plongée dans un baquet d’eau, escortée par un aventurier débutant doté du pouvoir de l’eau. Hélas, le manque d’expérience de ce dernier pourrait laisser l’héritière sans défense face aux bandits de grand chemin et aux animaux élémentaires qui rôdent le long des routes du royaume…

 

Mon avis :

Avec Les Élémentaires, le lecteur est immergé dans un monde fantasy riche et captivant, obéissant à un système féodal où les grands seigneurs règnent en maître sur leur duché tandis qu’alentour les brigands et la faune sauvage se disputent les chemins.

Tous possèdent des pouvoirs liés aux quatre éléments mais une poignée d’entre eux, victimes de dérèglements hormonaux, ne parviennent pas à les maîtriser. Cassandra, jeune mage de feu, fait partie de ceux-là… Son handicap est tel qu’il l’oblige à passer la majeure partie de son temps dans l’eau d’une piscine pour ne pas déclencher d’incendie. Coupée du monde, de la vie et surtout des gens qui l’aiment, la jeune fille ne rêve que d’une chose : être choisie pour suivre une cure, seule véritable remède contre le mal qui la ronge et la prive de tout. Fille d’un Duc, Cassandra compte sur les relations et l’argent de son père afin d’exaucer son unique souhait…

Quand le miracle se produit et que sa candidature est enfin acceptée, l’adolescente pense être à l’aube d’un nouvel espoir… Les dangers qui parsèmeront son voyage, les complots qui rythmeront sa quête ainsi que l’inexpérience de ses gardes du corps entacheront son optimisme et feront de sa quête un véritable cauchemar…

 

Si le début du roman m’a convaincue en dressant le portrait d’une riche héritière que l’existence a malmené du fait de son handicap, la suite ne m’a pas emportée malgré un scénario riche en rebondissements.

La ritournelle des péripéties, le caractère un peu particulier de Cassandra qui oscille entre impulsivité, colère et égoïsme, le manque de tension narrative ont eu raison, à la longue, de mon détachement pour cette histoire.

Seul le style fluide de l’auteure, ponctué d’acronymes rigolos, a réussi à me garder entre ces pages.

 

Les Élémentaires sont donc une petite déception pour moi qui m’attendais à vivre une aventure young adult enlevée ou une romance pleine d’émotions…

L’originalité était pourtant au rendez-vous. Le thème du handicap lié à la magie aurait pu porter cette œuvre vers une dimension plus philosophique…

Je reste sur ma faim. 🙁

Marquer les ombres de Veronica Roth

Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

Avec Marquer les Ombres, la nouvelle saga dystopique de Veronica Roth, le lecteur plonge dans une histoire où la science fiction rencontre la fantasy pour retracer les rivalités de deux ethnies qui se disputent une seule et même planète au sein d’une coalition interstellaire.
Le récit est conduit par deux jeunes héros assez emblématiques de leur peuple. L’un, Akos, représente les Thuvésits, ces êtres aux coutumes et aux traditions évoluées qui dominent la planète Thuvé en respectant les codes et les lois de l’Assemblée des neuf planètes. L’autre, Cyra, est la fille du chef des Shotets, ces pirates un peu barbares, rejetés de tous qui n’ont survécu jusqu’alors que par débrouillardise et force de caractère.
Si tous reconnaissent les « dons » engendrés par la présence du ruban-flux, sorte de flux énergétique qui anime les êtres de capacités aussi uniques qu’extraordinaires, la proclamation des destins de certains enfants divise cependant les deux peuples. En kidnappant Akos et son frère, la famille régnante Shotet pense ainsi prendre l’avantage sur ses rivaux car l’un d’entre eux sera le prochain Oracle. Le posséder, c’est connaître l’avenir et pouvoir le déjouer…
Dans ce contexte délicat, Akos fait la connaissance de Cyra. Ennemis au premier regard, les deux adolescents vont pourtant tisser des liens qui les changeront à jamais… Et pendant que l’un apprendra à devenir un combattant hors paire, l’autre ouvrira son coeur pour se libérer de son héritage tant familial que personnel.
Si le récit démarre dans la lenteur en établissant le cadre ainsi que le rôle des personnages, la suite trouve un second souffle lorsque les deux héros se rencontrent pour lutter d’une même voix contre les injustices. La dystopie oscille alors au rythme de la romance en suivant des ficelles bien connues mais néanmoins porteuses. Trahison, manipulations, vengeance, égoïsme, idéalisme… servent de rebondissements à cette saga qui, peu à peu, n’oppose plus les peuples mais bien les membres d’une même famille…
Les personnages de Cyra et d’Akos sont profonds et attachants. La première campe tout d’abord un bourreau aussi insensible qu’implacable de part le don qui l’accable. D’un seul toucher, elle peut infliger la souffrance et la douleur… jusqu’à la mort. Elle se considère comme un monstre et n’hésite pas à surjouer son rôle de fléau dans le royaume de son frère. Le second, quant à lui, incarne la parfaite victime qui cherche à prendre sa revanche… A côté de ce duo tout en contrastes, une pléiade de seconds rôles se dispute la vedette. Et dans ce maelstrom de personnages, certains manquent de cohérence tel que Rizek, le frère de Cyra, jeune despote en quête de pouvoirs et de reconnaissance, qui échange ses mauvais souvenirs contre ceux d’autrui sans pour autant évoluer psychologiquement.
Le style est agréable même s’il manque parfois de relief et qu’il s’enlise ça et là dans des répétitions inutiles.
Alors certes, Marquer les Ombres n’est pas le roman que j’attendais après avoir lu Divergente… Mais le mélange de fantasy et de science fiction, la profondeur des personnages principaux m’a peu à peu convaincue.
Reste à savoir si le prochain tome répondra aux nombreuses questions restées floues dans ce premier opus…

Les Fils du Vent – Livre VI La Fille du Magicien de Aurélie Chateaux-Martin

Khamsin a réussi l’impossible, il a déplacé Al Jadida au cœur du désert et sauvé la ville tout entière des envahisseurs qui se préparaient à l’assaillir… Alors qu’il s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire, émergent des souvenirs. Son passé lointain, par lambeaux, se révèle à lui, par le biais de son oncle, Gwalarn, décidé à faire la paix avec son passé et à reconstituer enfin la véritable histoire de sa sœur, la mère de Khamsin, Alizée, fille d’Esalf.

Ymelda, née Alizée, a grandi à Suly, au sein de l’Ecole Salâam, comme chaque magicien de sa génération. Protégée par le Doyen, Amalf, ignorée par son père qui ne sait pas qu’elle existe, elle ne s’en sent pas moins différente des autres enfants. Bien qu’elle ne sache pas qui elle est, bien qu’elle ignore sa véritable nature d’enfant des fées, la jeune fille découvre en grandissant son héritage, un héritage fait de pulsions et de passions. A Salâam, l’amour est défendu, la sexualité, un crime grave. Ymelda saura-t-elle résister aux désirs qui couvent en elle ?

Obstinée et persévérante, la jeune fille n’aura de cesse que de comprendre ses origines et de découvrir son père. Mais saura-t-elle lutter contre les lois d’un Ordre rigide qui l’empêche de rencontrer le jeune Esalf ? Pourra-t-elle en apprendre plus sur qui elle est vraiment ? Aura-t-elle un jour la possibilité d’exprimer son potentiel, qu’à l’Ecole on brime en refusant de la laisser explorer les arcanes cachées de la Magie ?

Peut-être… si elle parvient à passer au-dessus de l’immense fascination qu’elle éprouve pour Iros, ce jeune étudiant un peu plus âgé qu’elle, qu’elle ne parvient à aborder tant elle se sent timide et captivée en sa présence… Pourtant… pourtant quelque chose lui dit qu’il est la clef de son futur. Aura-t-elle le courage d’aller le trouver, et de le supplier de lui révéler ses secrets ? Mais qui se cache, au fond, derrière ce jeune homme aussi humble que réservé ? Plus qu’il n’y paraît, elle en est persuadée…

 

Avec ce Tome 6 de Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin poursuit sa saga fantasy érotique à Al Jadida avec Khamsin. Nous retrouvons ce héros au prise avec la Coalition qui ne supporte pas de voir émerger une cité qui accueille ceux qui ont le Don afin de les former mais aussi où le droit des femmes s’exerce pleinement. Après avoir déplacer la ville dans le désert, Khamsin cherche des alliés. D’abord dans les Terres orientales, puis à Suly où bon nombre de magiciens ayant soutenu Iros, son père, se joignent à lui. Et tandis que la guerre fait rage, le Fils du Désert fait la connaissance de son oncle, Gwalarn, qui lui révèle l’histoire de sa mère.

A travers les pages du journal intime de ce dernier qui a enquêté auprès des proches de sa sœur, le lecteur remonte le temps et découvre Alizée, fille ainée de Esalf, enfant arrachée à sa mère pour rejoindre l’école de magie et l’Ordre dont elle ne souffre les règles, trop rigides.

Avec elle, l’histoire revient sur la jeunesse de certains personnages tels que Zephir, Esalf, Gwalarn et Iros mais aussi sur le fonctionnement de l’École de Magie de Salâam. Le lecteur y suit la progression d’une jeune fille rebelle, qui transgresse et manipule afin d’évoluer plus vite que de coutume, tant au niveau de la magie que du côté de la sensualité et de la découverte du plaisir.

Ce 6e tome est, à mon sens, le plus réussi de la saga. Le lecteur navigue entre magie et érotisme, entre guerre et compromis. La bataille est partout. Les sacrifices aussi. Dans le désert, aux côtés de Khamsin qui lutte pour défendre ses idées ainsi que les siens, mais aussi à Suly, dans le coeur d’Alizée.

La psychologie des personnages est toujours au centre du roman.

Personnellement, j’ai aimé entrer dans l’école de Salâam, suivre le parcours d’Alizée, participer à la naissance du projet d’Iros. J’ai apprécié également me battre parmi les Djinns et contre les Mages noirs afin de défendre des convictions. J’ai moins aimé, en revanche, la précocité d’Alizée et l’absence de romance dans le début de l’histoire. Même si je comprends les choix de l’auteure et la dimension dramatique qu’elle a tissée tout au long du récit, j’aurais voulu vivre un premier amour plus emprunt d’espoir, de rêve et d’absolu… Idéologies propre à cet âge.

La Fille du Magicien est un roman agréable à lire par sa fluidité. C’est aussi un récit prenant car Alizée entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Ce 6e opus de Les fils du Vent est donc un roman que je vous conseille, surtout si vous aimez les héroïnes fortes et convaincues. Le texte est cohérent et bien amené. La tension narrative vous fait tourner les pages à une vitesse incroyable.

A découvrir si ce n’est pas déjà fait 😉 !

Un Palais d’Épines et de Roses, Tome 1 : Un Palais d’Épines et de Roses de Sarah J. Maas

Issue d’une famille bourgeoise ruinée, la jeune Feyre est obligée de chasser pour nourrir les siens. Au cours de l’une de ses expéditions en forêt, l’adolescente tombe sur un énorme loup. Se sentant menacée, elle décoche une flèche qui assassine non une bête, mais un Grand Fae, ces êtres immortels qui vivent de l’autre côté du mur, dans le royaume de Prythian, et qui vouent une haine féroce aux humains. A son retour chez elle, Feyre reçoit la visite impromptue d’un autre Grand Fae aux allures de monstre qui réclame dédommagement pour le crime commis. Une vie contre une vie…
Feyre est emmenée de force au royaume des immortels, elle appartient désormais au Seigneur de la cour du Printemps qui peut disposer d’elle comme il l’entend. Mais la jeune fille, loin de désespérer, se promet de trouver vaille que vaille le moyen de rentrer chez elle…

Séduite par le titre et la magnifique couverture de ce roman, j’ai ouvert les pages d’Un Palais d’Épines et de Roses sans vraiment savoir à quoi m’attendre…
Si le début du livre pose les bases de la vie de Feyre, le récit prend très vite des allures de conte revisité dès lors que la jeune fille franchit la frontière du royaume de Prythian. Car Feyre est prisonnière d’une cage dorée telle une Belle contrainte de vivre aux côtés d’une Bête… A l’image du célèbre conte, l’héroïne déteste son ravisseur, Tamlin, avant d’être troublée par son raffinement et sa bonté. Elle tombe, elle aussi, amoureuse de son geôlier au moment même où, pour la protéger, celui-ci la chasse de ses terres. Dès lors, Feyre nourrira une nouvelle obsession : délivrer son Prince de la malédiction qui le ronge. Et, contre l’avis général, la Belle retournera parmi les immortels où elle découvrira que son amour a été fait prisonnier par la Dame de la Montagne, seule responsable du Mal qui décime le royaume de Pythrian. Alors, n’écoutant que son courage et son amour, la jeune fille décidera de s’engager dans un combat plus qu’inégal en défiant la Dame. Car pour sauver Tamlin, elle est prête à tout. Entre épreuves et stratégies, Feyre devra faire fi du danger, mettre de côté ses convictions et oublier jusqu’à ce qu’elle ressent. Prise dans un jeu de dupe, la jeune fille sera même prête à vendre son âme…

En commençant ce premier tome, j’ai de suite été captivée par l’univers fantasy un peu moyenâgeux du roman mais aussi par le caractère rebelle et froid de l’héroïne. L’arrivée de Feyre au royaume de Pythrian m’a ouvert les portes du conte mais en tournant les pages, la magie s’est vite arrêtée. Et malgré les efforts de l’héroïne pour conquérir sa liberté, je me suis ennuyée… jusqu’à ce que la Belle revienne sauver sa Bête pour plonger le récit dans un nouveau genre, celui de la quête de la levée de la malédiction. Dans cette partie, le romantisme cède sa place à la rancœur, à la vengeance ainsi qu’à la lutte, avant d’utiliser le compromis qui atteindra son paroxysme lorsqu’il s’agira de sacrifice. Les ruses auxquelles l’héroïne doit faire face sont nombreuses et palpitantes. Le décor et l’ambiance du livre deviennent aussi sombres que le coeur de Feyre qui se perd en alliances trompeuses mais nécessaires.

Les personnages sont tous captivants, pleins de subtilité avec leurs facettes multiples. Personnellement, j’ai eu un gros faible pour Rhysand dont l’ironie et les manières allègent sur la fin la dimension tragique des épreuves. J’ai regretté cependant que celui de Tamlin repose trop sur celui de la Bête.

Le style de l’auteure est impeccable, plaisant et riche.

Au final ce premier volet a failli ne pas me convaincre avec son entrée en matière vraiment trop lente (il faut attendre les deux-tiers du récit pour qu’il se passe enfin quelque chose d’original). Le dernier tiers a rattrapé mon attention grâce à la dynamique des épreuves et à la naissance de la relation entre Feyre et Rhysand.
J’ai maintenant hâte de savoir ce que le second tome nous réserve…
Pour les lecteurs patients !

The Young Elites, Tome 2 : La Société de la Rose de Marie Lu

Après la mort d’Enzo, Teren , contre l’assentiment de sa Reine, décide de persécuter tous les Malfettos du royaume de Kenettra. De son côté, Raffael emmène les Dagues se réfugier dans le royaume de Baldain, près de la Reine Maeve, leur alliée. Ensemble, ils projettent de ressusciter Enzo et d’attaquer le royaume de Kenettra pour renverser Guillietta sans savoir qu’Adelina, dans le Royaume de la Nuit, envisage elle aussi de recruter une armée pour se venger de la reine et prendre sa place… Dans ce climat de vengeance et de lutte de pouvoirs, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui et tous les coups sont permis.

Dès le début de ce tome, l’auteure nous plonge dans l’action et la stratégie.
Si Adelina choisit d’essayer de conquérir le soutien d’Elites légendaires pour constituer son armée, Raffael, lui, s’appuie sur ses anciens alliés. Et tandis que la jeune fille se lance dans une quête où elle devra faire étalage de ses dons pour parvenir à ses fins, le consort accepte de vendre son âme à la Reine Maeve afin de rétablir ses rêves : placer Enzo sur le trône de Kenettra, tout en sachant que ce dernier, revenu du royaume des morts, ne sera plus qu’un pantin aux pouvoirs immenses. Dans un troisième temps, à Kenettra, Teren, bafoué par sa Reine à laquelle il n’obéit plus, ronge ses sombres pensées. Et la vengeance devient le leitmotiv de tous nos personnages pendant que la jalousie alimente les rancœurs…

Dans ce tome, on retrouve Adelina telle que nous l’avions laissée : isolée, marginalisée, assaillie par un pouvoir grandissant qu’elle peine à contrôler et qui la conduit peu à peu vers la folie.
Raffael, quant à lui, sort de son rôle de recruteur pour devenir ce « mendiant » prêt à tout pour rétablir son rêve, désormais inaccessible, de voir Enzo monter sur le trône. Dans son combat, il n’hésite pas à sacrifier son Roi, son Amour, pour contrer les projets de Teren et d’Adelina. Au cours de sa quête, il confie au lecteur son enfance, son parcours ainsi que ses faiblesses. Nous comprenons mieux ses choix , emprunts de jalousie et nous le découvrons sous un jour plus manipulateur, presque intriguant.
Teren perd ici de sa superbe. Destitué par sa Reine de ses fonctions de Grand Inquisiteur, il s’enferme dans son « racisme » à l’égard des Malfettos avant de virer de bord pour soutenir la cause d’Adelina par pure vengeance à l’encontre de la Reine.
Hormis ces trois grands héros, La Société de la Rose nous permet de mieux faire connaissance avec d’autres personnages, comme Lucent, Maeve ou Violetta.
Nous rencontrons également Magiano, cet imitateur un peu voleur qui tente d’épauler Adelina, et de Sergio, le faiseur de pluie rejeté par les Dagues.

Avec La Société de la Rose, Marie Lu choisit d’appuyer son roman sur la vengeance et la jalousie en utilisant les faiblesses de ces trois grands héros pour faire basculer l’histoire dans une ambiance sombre et machiavélique où la morale recule à chaque instant.
Le défaut majeur de ce livre est qu’il ne se passe pas grand chose dans ce volet pourtant conséquent… Et les seules actions conduites sont trop prévisibles…
Alors pourquoi ai-je tout de même adhéré à ce récit ? Pour son style simple mais indéniablement bien travaillé. Pour la profondeur psychologique des personnages aussi. Est-ce cependant suffisant pour continuer l’aventure ?
Seul le troisième et dernier tome me permettra de répondre à cette question. Une chose est sûre, j’attends de lui qu’il me transporte dans une bataille finale extraordinaire pour propulser cette œuvre vers le suspense qui lui manque.

Six of Crows, Tome 1 de Leigh Bardugo

Embauché par le Conseil des Marchands de Ketterdam pour faire évader un scientifique qui a mis au point une drogue amplifiant les pouvoirs des Grishas, Kaz, le chef de gang redouté et sans scrupule, réunit autour de lui une équipe de cinq personnes aux talents particuliers mais aux objectifs très différents…
Si Jasper, le tireur d’élite, le fait pour rembourser ses dettes de jeu, Inej – dit le spectre ou le fantôme car elle se déplace en toute discrétion – utilisera l’argent de la récompense pour recouvrer sa liberté. Wylan, le spécialiste des explosifs, espère, lui, trouver dans ce groupe une nouvelle famille. Quant à Nina, la Grisha qui d’un mouvement de main intervient sur les fonctions vitales des gens, et Matthias, le chasseur de Grishas, ils veulent tous deux effacer leurs erreurs passées…
Ensemble, il devront trouver un terrain d’entente pour mener à bien leur mission, afin d’accompli ce pour quoi ils se sont engagés au péril de leurs vies.

Avec ce premier tome, la duologie fantasy Six of Crows démarre en douceur, presque trop lentement, en dressant le portrait de nos six protagonistes avant de les jeter dans l’action, redirigeant le roman vers l’accomplissement d’un exploit dans la veine d’un Ocean Eleven en plein milieu d’un monde magique.
Si l’intrigue n’est pas très originale, la profondeur des personnages ne manque pas d’interpeller le lecteur qui se laisse séduire par cette narration à cinq voix qui conjugue le passé, le présent ainsi que les espoirs de nos héros pour former une œuvre riche en émotions et en subtilité.

Le style de l’auteur est affirmé. Il dépeint un univers étrange, presque déroutant, auquel il faut se familiariser peu à peu. Il retrace aussi le parcours de jeunes gens que la vie n’a pas épargnés.

Souvent déçus par une société dépravée ou dictatoriale, obéissant la plupart du temps à un système de castes tacite, nos six personnages vont devoir aller au delà de leurs préjugés, de leurs peurs, de leurs certitudes aussi, afin d’accepter leur identité et tout ce que cela comporte.

Si les premiers chapitres ne m’ont pas spécialement accrochée par leur flou et leur éloignement du sujet principal, j’ai ensuite été happée par cette quête impossible puis par cette romance improbable entre Matthias et Nina, le prédateur et la proie dangereuse, qui entretiennent une haine passionnelle sans précédant. J’ai également apprécié connaître chacun des protagonistes, ses écorchés vifs qui sont prêts à tout perdre pour raviver l’espoir. Enfin, j’ai adoré le traitement, un peu scientifique, des questions magiques. J’ai trouvé cette approche différente de ce que l’on peut lire habituellement dans ce genre d’ouvrage.
La fin du roman m’a beaucoup surprise et promet un rebondissement à venir intéressant.
A suivre…

 

Young Elites, Tome 1 : Young Elites de Marie Lu

1361. Dans le royaume de Kenettra, Adelina est devenue une malfetto depuis qu’elle a contracté un virus qui lui a laissé pour souvenir une chevelure grise et une balafre à la place de l’œil gauche. Maltraitée par son père qui veut s’en débarrasser en la vendant à un inconnu dont elle deviendra la maîtresse, la jeune fille ne voit plus qu’une seule option pour échapper à sa vie : fuir, loin et vite… Armée de son seul courage, Adelina s’exécute mais son père la rattrape en plein coeur de la nuit. Il veut la ramener dans leur demeure quelle qu’en soit la manière. Acculée, l’adolescente tente de se défendre quand une force inexplicable lui vient en aide, terrassant son père. Arrêtée par les soldats de l’Inquisition, Adelina n’a plus aucune illusion quant à son avenir. Elle va mourir sur le bûcher… Ce qu’elle ignore, cependant, c’est qu’elle vient d’être repérée par une organisation secrète et rebelle : Les Dagues et qu’ils sont venus pour la sauver. En retour, ils veulent qu’Adelina use de son pouvoir pour leur cause, renverser le régime monarchique qui réprime les malfetto et en particulier les Elites, ces êtres aux étranges pouvoirs…

Avec ce premier tome de cette dystopie young adult fantastique, Marie Lu pose les bases de son décor et de son histoire avec force et caractère. Le lecteur y découvre une héroïne, Adelina, habituée à être exclue, prisonnière, rejetée pour sa différence et qui, du jour au lendemain, va être propulsée dans une sorte de confrérie rebelle dont les membres sont tous dotés de pouvoirs extraordinaires. Ensemble, ils luttent contre la monarchie afin de rétablir l’égalité entre tous les hommes. Perdue, déboussolée et en colère, Adelina perçoit d’abord cette organisation comme un cadeau tombé du ciel, le moyen d’avoir une famille, des amis qui la comprennent et l’apprécient pour ce qu’elle est. Alors elle fait des efforts pour s’adapter et être acceptée, aimée, protégée. Elle développe grâce à leur entraînement son don d’illusionniste avant de se rendre compte que son passé la poursuit… Repérée par l’Inquisiteur en chef, la jeune fille n’a d’autre choix que de devenir agent double afin de sauver sa petite sœur des griffes de la monarchie qui la retient prisonnière. Ballottée entre les deux camps, l’héroïne finira par y perdre son âme ainsi que ses illusions…

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié cette lecture à la fois fantastique et rythmée. Bien que le récit suive les codes attendus de la dystopie, ceux d’une faction qui s’insurge contre le pouvoir établi, il bouscule un peu les convenances en s’appuyant sur une héroïne sombre, qui n’a aucune conviction politique et dont les pas sont simplement mus par ses besoins ou ses émotions. N’ayant ni conscience du bien ou du mal, Adelina utilise essentiellement son don pour se protéger sans prendre le temps de réfléchir au bien fondé de ses actes, s’attirant du même coup les foudres de ses ennemis comme de ses amis. Ces derniers sont d’ailleurs assez bien choisis pour le déroulé de l’intrigue puisqu’ils campent des alliés dont elle devrait se méfier : un amoureux en perpétuel doute et un ennemi qui lui ressemble tellement…

Question décor, là encore, pas de réelle surprise. L’histoire évolue dans une atmosphère moyenâgeuse et merveilleuse tantôt romantique et tantôt guerrière.

Le style de l’auteure est agréable. Il se décline en phrases courtes et simples qui font la force des récits jeunesses.

Young Elites est donc un roman plaisant qui cache une conclusion originale et surprenante invitant le lecteur à poursuivre cette aventure au plus vite…