Blue Belle, L’éveil des Archanges de Océane Ghanem

En commençant cette fantasy, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le synopsis avait l’air sympa, la couverture alléchante et le partenariat passé avec les éditions Plumes du Web m’avait déjà convaincue de la qualité de leurs ouvrages, alors c’est confiante que j’ai ouvert ce livre…

L’histoire démarre en trombe avec une chasse à l’homme dans laquelle Blue Belle, l’héroïne néphilim (mi-ange, mi-humaine), tente d’échapper à un démon qui la traque pour en faire une esclave sexuelle. Après une lutte acharnée, la néphilim est capturée. Blessée mais déterminée à se rebeller coûte que coûte, Blue parvient à s’échapper par un portail magique qui la conduit dans une grotte, refuge secret du Prince Lysander, héritier bafoué des Cieux, tueur incontesté de néphilims. Leur rencontre est immédiatement électrique, elle oscille tour à tour entre attirance irrépressible et répulsion attendue, entre séduction inavouable et violence intempestive. Affaiblie par son premier combat, Blue Belle se retrouve de nouveau captive. Les circonstances ainsi qu’un pacte de sang vont contraindre la jeune fille à collaborer avec l’ange qui lutte lui aussi pour sauver sa vie constamment menacée par son oncle bien décidé à l’évincer définitivement de l’échiquier du pouvoir. Si cette partie tarde un peu à évoluer vers une intrigue palpitante, la suite n’est que pur régal et ravira les fans d’épopée et de quête car les héros, embarqués dans une course contre la montre, devront déjouer les complots qui les guettent et mettre la main sur un antidote disparu. La fin de ce premier volume, extraordinaire, promet un deuxième opus croustillant car le passé de Blue la rattrape… Elle n’est pas qu’une néphilim dépourvue d’ailes, elle est celle qui rétablira l’Équilibre.

Le texte  sous-tendu par une tension narrative permanente prend d’abord des allures de récit érotique pour peu à peu nous jeter au cœur d’un suspens impitoyable. Le style de l’auteure, brut de décoffrage et parfois fleuri, surprend par son intensité.

Les personnages présentent des caractéristiques fantasy intéressantes mais ils flirtent parfois trop avec les stéréotypes de ce genre littéraire en arborant des traits guerriers et rustres peu subtils. Paradoxalement, les faiblesses de Blue Belle ainsi que la sensibilité exacerbée de Lysander et de Red par rapport à leurs singularités physiques réchauffent le récit et lui apportent une touche d’originalité.

L’univers fantastique est très présent dans la description des personnages mais il aurait pu être développé dans les décors pour permettre à l’œuvre de s’affirme davantage dans le registre du merveilleux.

Au final, après une mise en route un peu lente, l’histoire m’a totalement subjuguée par son rythme, frénétique, qui ne cesse de monter en puissance… Vivement le deuxième tome ! Et merci aux éditions Plumes du Web pour cette découverte incroyable.


	

Les Fils du Vent – Livre VI La Fille du Magicien de Aurélie Chateaux-Martin

Khamsin a réussi l’impossible, il a déplacé Al Jadida au cœur du désert et sauvé la ville tout entière des envahisseurs qui se préparaient à l’assaillir… Alors qu’il s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire, émergent des souvenirs. Son passé lointain, par lambeaux, se révèle à lui, par le biais de son oncle, Gwalarn, décidé à faire la paix avec son passé et à reconstituer enfin la véritable histoire de sa sœur, la mère de Khamsin, Alizée, fille d’Esalf.

Ymelda, née Alizée, a grandi à Suly, au sein de l’Ecole Salâam, comme chaque magicien de sa génération. Protégée par le Doyen, Amalf, ignorée par son père qui ne sait pas qu’elle existe, elle ne s’en sent pas moins différente des autres enfants. Bien qu’elle ne sache pas qui elle est, bien qu’elle ignore sa véritable nature d’enfant des fées, la jeune fille découvre en grandissant son héritage, un héritage fait de pulsions et de passions. A Salâam, l’amour est défendu, la sexualité, un crime grave. Ymelda saura-t-elle résister aux désirs qui couvent en elle ?

Obstinée et persévérante, la jeune fille n’aura de cesse que de comprendre ses origines et de découvrir son père. Mais saura-t-elle lutter contre les lois d’un Ordre rigide qui l’empêche de rencontrer le jeune Esalf ? Pourra-t-elle en apprendre plus sur qui elle est vraiment ? Aura-t-elle un jour la possibilité d’exprimer son potentiel, qu’à l’Ecole on brime en refusant de la laisser explorer les arcanes cachées de la Magie ?

Peut-être… si elle parvient à passer au-dessus de l’immense fascination qu’elle éprouve pour Iros, ce jeune étudiant un peu plus âgé qu’elle, qu’elle ne parvient à aborder tant elle se sent timide et captivée en sa présence… Pourtant… pourtant quelque chose lui dit qu’il est la clef de son futur. Aura-t-elle le courage d’aller le trouver, et de le supplier de lui révéler ses secrets ? Mais qui se cache, au fond, derrière ce jeune homme aussi humble que réservé ? Plus qu’il n’y paraît, elle en est persuadée…

 

Avec ce Tome 6 de Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin poursuit sa saga fantasy érotique à Al Jadida avec Khamsin. Nous retrouvons ce héros au prise avec la Coalition qui ne supporte pas de voir émerger une cité qui accueille ceux qui ont le Don afin de les former mais aussi où le droit des femmes s’exerce pleinement. Après avoir déplacer la ville dans le désert, Khamsin cherche des alliés. D’abord dans les Terres orientales, puis à Suly où bon nombre de magiciens ayant soutenu Iros, son père, se joignent à lui. Et tandis que la guerre fait rage, le Fils du Désert fait la connaissance de son oncle, Gwalarn, qui lui révèle l’histoire de sa mère.

A travers les pages du journal intime de ce dernier qui a enquêté auprès des proches de sa sœur, le lecteur remonte le temps et découvre Alizée, fille ainée de Esalf, enfant arrachée à sa mère pour rejoindre l’école de magie et l’Ordre dont elle ne souffre les règles, trop rigides.

Avec elle, l’histoire revient sur la jeunesse de certains personnages tels que Zephir, Esalf, Gwalarn et Iros mais aussi sur le fonctionnement de l’École de Magie de Salâam. Le lecteur y suit la progression d’une jeune fille rebelle, qui transgresse et manipule afin d’évoluer plus vite que de coutume, tant au niveau de la magie que du côté de la sensualité et de la découverte du plaisir.

Ce 6e tome est, à mon sens, le plus réussi de la saga. Le lecteur navigue entre magie et érotisme, entre guerre et compromis. La bataille est partout. Les sacrifices aussi. Dans le désert, aux côtés de Khamsin qui lutte pour défendre ses idées ainsi que les siens, mais aussi à Suly, dans le coeur d’Alizée.

La psychologie des personnages est toujours au centre du roman.

Personnellement, j’ai aimé entrer dans l’école de Salâam, suivre le parcours d’Alizée, participer à la naissance du projet d’Iros. J’ai apprécié également me battre parmi les Djinns et contre les Mages noirs afin de défendre des convictions. J’ai moins aimé, en revanche, la précocité d’Alizée et l’absence de romance dans le début de l’histoire. Même si je comprends les choix de l’auteure et la dimension dramatique qu’elle a tissée tout au long du récit, j’aurais voulu vivre un premier amour plus emprunt d’espoir, de rêve et d’absolu… Idéologies propre à cet âge.

La Fille du Magicien est un roman agréable à lire par sa fluidité. C’est aussi un récit prenant car Alizée entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Ce 6e opus de Les fils du Vent est donc un roman que je vous conseille, surtout si vous aimez les héroïnes fortes et convaincues. Le texte est cohérent et bien amené. La tension narrative vous fait tourner les pages à une vitesse incroyable.

A découvrir si ce n’est pas déjà fait 😉 !

Les Fils du Vent – Livre V Émergences de Aurélie Chateaux-Martin

A Naÿl, la liaison entre Borée et Khamsin ne reste pas longtemps secrête. Blessé et déçu par le comportement de sa mère qui, pour lui, a trahi sa famille, Thalwind s’empresse de prévenir son père, Simal. Ce dernier, malgré sa grande tritesse, prend sur lui pour passer outre ; il aime Borée par dessus tout et est prêt à sacrifier son bonheur personnel pour celui de son épouse, espérant silencieusement que son frère, Khamsin, soit rappelé par ses obligations à Al Jadida au plus vite. La sagesse de Simal est bientôt récompensée car, désireux d’honorer ses promesses, Khamsin retourne de l’autre côté du désert afin de fonder sa propre école de magie. Dans ses bagages, il emporte cependant avec lui Alizée, la fille unique de Simal et Borée, pour qu’elle l’aide à initier ceux qui ont reçu le don dans cette partie du monde qui a tellement de mal à accepter et à reconnaître les talents particuliers de certains. Passée la stupeur, Simal et Borée ne peuvent appesantir sur la douleur de cette séparation car une autre épreuve les attend déjà… Borée est enceinte de Khamsin mais le couple a bien l’intention de cacher ce “détail” aux yeux de tous et d’élever cet enfant comme le leur… Jusqu’à ce que les liens du sang éclatent au grand jour…

Avec ce cinquième tome de la saga fantasy érotique d’Aurélie Chateaux-Martin, c’est le point de vue et le quotidien des femmes de cette communauté d’Alk Tempoh qui est mis à l’honneur.

Par l’intermédiaire de récits de vie, d’extraits de mémoires ou de journaux intimes, le lecteur plonge avec sensualité dans la recherche du bonheur d’une famille d’Alk Tempoh, ces êtres magiques, fils d’Éole, dotés de pouvoirs mais aussi de désirs aussi ardents que sulfureux. Si certains y parviennent comme Joran, ses deux épouses et ses trois enfants. D’autres ont bien plus de mal à concilier leurs besoins avec leur vie de famille ou leurs obligations diverses. Et c’est dans ces failles que l’auteure nous immerge avec ce cinquième épisode, en nous proposant des héros tourmentés, frustrés et parfois même désabusés.

Dans Émergences, le mensonge, la manipulation, le sacrifice et la bravoure vont plus que jamais rythmer cette aventure familiale riche en rebondissements car l’enjeu est toujours le même bien que son image diffère pour chacun ; les Alk Tempoh aspire à trouver, sauver ou conquérir la plénitude malgré les vicissitudes de la vie.

Personnellement, j’ai passé un agréable moment en compagnie de ce cinquième volet des Fils du Vent. Les passages concernant Al Jadida et les problèmes que Khamsin rencontre pour maintenir son école dans un contexte culturel et politique explosif sont réellement passionnants et Aurélie Chateaux-Martin a su dépeindre les enjeux de cette bataille contre les idées reçues et le poids de la tradition dans le monde oriental avec une grande justesse. J’ai apprécié également les réflexions menées par Thalwind sur sa vie amoureuse ainsi que les comparaisons qu’il effectue avec ce que vivent ses parents. Le parallèle est bien mené et apporte une certaine profondeur aux actions. J’ai admiré la dévotion et l’amour indéfectible dont Simal fait preuve à l’égard de Borée tout au long du texte. J’ai compati à la douleur de Shamal lorsqu’elle a dû surmonter son deuil pour l’enfant qu’elle a perdu afin d’aller de l’avant pour son “nouveau” bébé.

Et, cependant, j’ai aussi été déçue car, dans cet opus, le récit manque à mon sens de magie et de merveilleux, aspect que j’avais tant aimé découvrir dans les précédents tomes. J’aurais préféré suivre les progrès des uns et des autres dans le développement de leurs capacités, que l’école de magie soit le lieu de tous les charmes et possibles… J’aurai aimé que le quotidien, presque humain, prenne moins de place dans la structure de ce récit.

Question style, en revanche, Aurélie Chateaux-Martin continue de nous tenir en haleine avec ce mélange de tons et de genres qui apporte du relief et de la personnalité à chacun de ses héros. Par ailleurs, je tiens à souligner que le travail effectué sur la psychologie des personnages est assez remarquable.

Émergences est donc, pour moi, un roman qui, certes, manque de merveilleux et de fantasy mais dont la richesse des rapports humains séduira un public averti pour ne pas dire adulte et dont la suite promet des rebondissements riches et surprenants.

Les Fils du Vent – Livre IV Fils du Désert d’Aurélie Chateaux-Martin

A Al Jadida, dans son palais, Khamsin s’ennuie dans la vie qu’il s’est construite avec ses deux femmes qui viennent de donner naissance à deux superbes petites filles. Étouffant dans cette existence trop rangée pour son tempérament, l’Alk Tempoh s’enfuit dans le désert. Là, il découvre ses nouveaux pouvoirs de projection astrale et en profite pour rendre visite à Borée, son amour éternel, qui s’est établie à Naÿl avec ses fils, de l’autre côté du désert, afin de mener à son terme sa formation de druidesse. Cette dernière lui apprend que les Alks Tempohs vont y fonder une nouvelle école qui accueillerait leurs enfants aux pouvoirs si particuliers.

Khamsin, séduit par ce projet, voit là le moyen de donner un objectif sérieux à sa petite vie bien tranquille ; il souhaite lui aussi développer une école près de chez lui, en Orient, berceau de magie où les personnes dotées de dons ne manquent pas, mais dont la différence effraie la société. Il espère par ce biais changer les mentalités des gens de ce pays qui l’accueille mais aussi canaliser la passion qu’il éprouve encore et toujours vis à vis de sa tante…

 

Avec Fils du Désert, quatrième tome de la saga fantasy Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin donne cette fois la parole à Khamsin ainsi qu’à Borée, sa tante, qui entretiennent une relation amoureuse passionnée et secrète, extrêmement culpabilisante. Éloignés l’un de l’autre par l’immensité d’un désert, les deux héros, malgré leurs vies de famille respectives, exploitent leurs pouvoirs de magicien naissants afin de se retrouver dans des étreintes torrides. Mais pour Khamsin, cette relation ne suffit pas ; il souhaiterait voir et toucher réellement Borée. Lorsque la jeune femme lui explique le projet d’ouverture d’école à Naÿl, l’Alk Tempoh adhère aussitôt à cette idée et y voit une occasion de s’investir dans un projet d’envergure mais aussi de canaliser son énergie sexuelle avant de l’exploiter pour retourner dans son pays, près des siens et surtout de Borée.

Dans ce tome, le lecteur découvre l’univers et l’histoire des adultes de cette tribu. Les personnages d’Esalf et d’Elvan, en particulier, nous apportent des éclairages sur le passé ainsi que sur la dimension légendaire et mythologique de la saga, dévoilant certains mystères.

Grâce à l’alternance des textes, correspondance entre membres de la famille, extraits des mémoires d’Esalf ainsi que de la légende de Lancelot du lac et des récits de vie, la saga familiale s’enrichit en proposant une réelle réflexion autour de thèmes très sérieux tels que : l’égalité homme/femme, les différences entre êtres humains, les relations familiales, parentales ou de couple, la place de l’éducation dans le développement individuel que l’on soit enfant ou adulte.

Personnellement, j’ai vraiment apprécié partager ses moments réflexifs qui donnent du corps au texte, mais ce qui m’a réellement séduite, c’est toute la dimension magique et le développement des pouvoirs des personnages qui étaient restés un peu en retrait dans les précédents tomes.

Avec ce quatrième tome, la saga entre avec brio au cœur de la fantasy tout en gardant son identité sensuelle.

Fils du Désert est donc un livre aux multiples facettes, qui évoque le parcours des adultes avec une certaine maturité.

Un grand merci à Aurélie pour sa confiance 😉