Déviants Tome 2 : Illusion de Cara Solak

Oubliez vos certitudes.
Le monde a changé. La vérité se noie un peu plus chaque jour sous un flot de mensonges. Nous vivons tous dans une illusion. RÉVEILLEZ-VOUS ! Sinon, il sera trop tard…

Quatre années se sont écoulées depuis la mort de Jake et la subite disparition de Matthew. La chasse aux déviants est lancée et la population y participe activement. Ils sont traqués, menacés, dénoncés. Mais la lutte se poursuit dans l’ombre.

Depuis qu’elle n’a plus rien à perdre, Gaby est devenue une figure emblématique de la Résistance. L’URS est désormais leur cible, autant qu’ils sont la leur. Elle cherche la vérité, parce qu’elle la sent à portée de main. Mais le retour fortuit de Matthew dans sa vie ne va pas lui simplifier la tâche…

 

Déviants Tome 2 : IllusionCara SolakÉditions Plumes du Web362 pages – 17,90 euros979-10-97232-07-8

 

Mon avis :

Avec ce second tome, on retrouve Gaby quatre ans après la capture de Matt.Dévastée par cette perte, la jeune femme, devenue médecin, trouve la motivation de continuer à vivre en combattant chaque jour les autorités en place et la répression qu’elles exercent à l’égard des déviants. Tour à tour recruteuse, sauveuse et terroriste, Gabrielle est devenue un pilier de la rébellion, tant et si bien qu’elle y consacre la plupart de son temps. Pour oublier le drame qu’elle a vécu… Et surtout tuer l’espoir de revoir un jour Matt. Mettant constamment sa vie en danger, la jeune femme s’emmure dans l’isolement émotionnel.De son côté, Matt qui a subi un lavage de cerveau a complètement perdu la mémoire. Pourtant, le destin ou peut-être son inconscient vont bientôt le remettre sur la route de son ancienne compagne et par la même dans le sérail de son ancienne vie.Ensemble, ils vont de nouveau enquêter et découvrir les tenants et aboutissants du projet secret que conduit, depuis des années, le gouvernement pour régler le problème de surpopulation. Sauront-ils déjouer les plans machiavéliques des dirigeants et sauver ainsi l’humanité ?

 

En lisant Illusion, le lecteur plonge dans une dystopie rythmée et passionnante qui s’articule autour d’un thème d’actualité qui devient récurrent  dans la littérature : la survie de l’homme dans un monde surpeuplé et doté de ressources limitées.

Le style est vif, moderne, parfois brutal mais toujours sincère. L’auteure parsème son texte de réflexions philosophiques argumentées et cohérentes qui confèrent à l’ensemble une belle profondeur.

Les personnages sont toujours aussi attachants mais il manque, par moment, d’un peu de fougue et de passion qui animait fortement le premier tome. Pour ma part, j’ai adoré suivre le quotidien d’Evan et Lily, enfermés dans leur prison fédérale. J’aurais aimé que cette partie soit davantage développée car j’ai trouvé que cela apportait du relief et de l’intensité au récit.

Par ailleurs, j’aurais apprécié que les pouvoirs des différents déviants soient davantage exploités et que cet aspect de la dystopie conduisent vers une lutte plus dichotomique.

Malgré ces quelques bémols de lectrice exigeante, l’aventure Déviants 2 a été un véritable plaisir car la tension narrative véhiculée par le style de l’auteure suffit largement à transporter le lecteur d’une page à l’autre sans que la frénésie ne retombe. Merci sincèrement à Plumes du Web pour ce beau moment de lecture offerte, moment que je voudrais partager avec tous ceux  et celles qui sont prêts à vivre une expérience inédite dans un futur aux frontières du possible.

Déviants Tome 1 : Innocence de Cara Solak

Survie. Résistance. Liberté.

3 petits mots simples. Le combat de toute une vie.
La lutte commence ici…

Gabrielle, 20 ans, est une jeune fille secrète et solitaire. Mais depuis longtemps déjà, elle se sait différente, de ce genre de différence dont il ne vaut mieux pas parler. Alors elle vit avec et préfère se faire discrète en ces temps troublés.

Sa rencontre explosive avec Matthew, jeune professeur de psychologie aussi attirant qu’agaçant, voit toutes ses certitudes voler en éclats.

Parce qu’elle n’est pas seule. Ils ne sont pas seuls à être différents.
Pour le gouvernement, ils sont considérés comme des…Déviants.

Mais Gaby est-elle prête à entendre la vérité ?

 

Mon avis :

Le livre commence avec la voix de Gaby, sur les bancs de l’université, le jour de la rentrée, le premier jour de sa toute nouvelle vie à Clarks, petite bourgade tranquille de Californie.

Le lecteur comprend vite que la jeune femme n’est pas comme les autres, qu’elle a un pouvoir, celui de pénétrer la tête des gens qu’elle côtoie. Seule, isolée car recherchée par les autorités à cause de son don, Gaby va pourtant nouer des liens ambigus avec son professeur de psychologie, Matthew Baker, qui la fascine autant qu’il l’exaspère du fait de son arrogante assurance et de leur aptitude commune : lire les pensées. Et tels les deux pôles d’un aimant, les deux jeunes gens vont jouer à “Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis” jusqu’à ce que la situation se complique et que Julia, la meilleure amie de Gaby, soit sur le point de se faire arrêter pour avoir découvert, au hasard d’une enquête de police, une liste secrète… que le gouvernement protège.

Sans penser aux conséquences de leurs actes, Matthew et Gaby vont se lancer à la rescousse de la jeune femme et, par la même, plonger au coeur de la résistance qui s’organise afin de contrer l’arrestation systématique et sans fondement de ce qu’ils sont : des Déviants…

 

Si l’entrée dans cette histoire a été quelque peu compliquée pour moi, la suite n’a été que pure plaisir.

Le scénario, après quelques chapitres introductifs un peu longs, prend vraiment son envol pour ne plus jamais lâcher le suspense. L’histoire flirte sans cesse avec la trahison et le doute, l’incertitude et la manipulation. Le final est superbe et donne le ton pour une suite extrêmement intéressante…

 

Les deux personnages principaux sont tout en relief et campent des héros aussi sensibles que déterminés.

Dans le rôle de la novice, Gaby joue de curiosité et de force de caractère pour faire avancer le récit tout en préservant le mystère.

Matthew, lui, reste assez en retrait pendant une bonne moitié de l’aventure pour finalement nous dévoiler ses attentes ainsi que ses appréhensions. A ce moment du roman, les barrières tombent et la romance fait basculer le thriller vers des nuances plus subtiles du fait des sentiments qui se déploient.

Il faut ajouter aussi que ce livre possède une pléiade de seconds rôles indispensables. J’ai tout particulièrement aimé celui d’Evan, le confident qui deviendra également l’initiateur de Gaby dans le contrôle et le développement de ses pouvoirs. J’ai adoré aussi celui de Jake Sawyers, le père de Gaby, maillon essentiel au destin tragique…

 

Le style de l’auteure m’a un peu laissée perplexe au départ, puis je me suis habituée à cet enchaînement de phrases simples mais efficaces, à ces dialogues tranchés, pour ne finalement ressentir que l’énergie de la narration et la force des émotions.

 

Mon seul petit regret : que l’univers dystopique, mélange d’autoritarisme et de restrictions liées au développement durable, ne soit pas plus marqué car même s’il organise le quotidien de cette société, il aurait été souhaitable qu’il s’exprime de façon plus engagée, voire contraignante.

 

Ce premier tome de Déviants me donne clairement envie de connaître la suite de cette saga young adult qui oscille délicieusement entre dystopie et thriller tandis que la romance titille nos sens au fil des pages. L’histoire ainsi que son traitement m’a un peu fait penser à la série américaine Tomorrow People’s. Merci aux éditions Plumes du Web pour m’avoir fait connaître un deuxième coup de coeur.

A lire de toute urgence pour tous les frissons qu’il procure.

Eden, Tome 1 : Le Mirage de Gemma de Blandine P. Martin

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…
Mon avis :

Le Mirage de Gemma, premier tome d’une saga d’anticipation intitulée Eden commence avec panache par un meurtre de sang-froid. Son héroïne, Eden, est une tueuse à gage à la solde du gouvernement chargée d‘éliminer les dissidents… Son quotidien est fait d’ordres de mission qu’elle exécute sans jamais se poser de question, guidée par sa foi aveugle dans le système politique de Gemma, sorte d’utopie basée sur le pacifisme, le calme et le respect des règles édictées (prohibition, moralité irréprochable, intégrité…) Quand la jeune femme est désignée pour une mission d’infiltration dans un groupuscule rebelle, Eden pense résoudre ce problème comme elle l’a toujours fait, en comptant sur son impartialité. D’abord mise à l’épreuve afin de prouver sa loyauté, Eden est ensuite intégrée à la faction rebelle où elle découvre peu à peu l’envers du décors… Et tandis que des opérations de grande envergure se mettent en place pour déstabiliser le pouvoir en place, Eden commence à douter… Et si le gouvernement de Gemma cachait en son sein des criminels notoires et des desseins malhonnêtes… Perdue, ne sachant plus vers qui se tourner, Eden devra choisir son camp…
Le scénario de ce premier tome suit la trame d’une enquête classique avec son lot de rebondissements qui arrive toujours à point nommé pour donner à l’ensemble une tension sans surprise mais convaincante. La romance qui est mise en place, même si elle manque d’originalité, alimente le suspense. La conclusion de ce récit est, pour moi, le point fort de ce roman. Elle laisse entrevoir beaucoup de potentiel quant à ce qui s’en suivra dans les prochains tomes…
Le style de l’auteure est agréable, fluide. Il met en scène une héroïne d’abord froide et dénuée de sentiments qui obéit à la lettre aux ordres qu’elle reçoit. La mission d’infiltration va la changer et la faire évoluer jusqu’à devenir la pièce maîtresse de la réussite ou de l’échec du coup d’état qui se trame en coulisse…
Dans ce tome, chaque personnage est cohérent et construit pour apporter son soutien à l’histoire. Si j’ai apprécié Eden et Henry, je n’ai en revanche pas vraiment accroché avec le leader rebelle que j’ai trouvé trop stéréotypé pour être touchant.
L’univers science fiction est très peu présent alors qu’il aurait pu faire toute la différence. Heureusement, la dystopie prend le relais pour nous entraîner vers un questionnement à la fois politique et philosophique.

Au final, le Mirage de Gemma marque le début d’un récit intrigant, dont la suite promet d’être croustillante à condition qu’elle ne bascule pas vers des schémas trop connus.

Reboot, Tome 2 : Reset de Amy Tintera

Wren, Callum, Addie et les Reboots libérés de la ville d’Austin arrivent au camp des réfugiés pour découvrir que les rebelles en qui ils avaient fondé tant d’espoir, vivent en réalité sous la coupe de Micah, un vieux reboot très expérimenté au rang presque aussi élevé que celui de Wren et qui déborde d’hostilité envers les humains au point d’en faire sa principale ressource de viande. Choqués, Wren et les siens s’expriment plus ou moins discrètement sans savoir que, dans ce camp, rien n’est soumis à discussion. Micah règne en maître et dès que la mutinerie pointe le bout de son nez, le vieux reboot a ses méthodes pour régler les problèmes. Wren et Addie seront les premières à en payer les frais…
Entre romance et guerre, Reset nous conte l’histoire d’une espèce qui se cherche tant dans son positionnement au sein de la société que dans les valeurs qu’elle doit défendre. Et c’est avec Wren et Callum, ces deux reboots amoureux, que le débat va naître. Chacun s’exprimant avec sa voix.
Si Wren ne sait pas trop où elle en est, Callum, lui, n’a que des certitudes. Les Reboots doivent aider les humains à se libérer de la SHER, l’organisme gouvernemental qui dicte ses lois partout dans le pays, tout en défendant les leurs restés prisonniers. Alors lorsque Micah entre dans l’équation, imposant son point de vue violent et hégémonique, les deux jeunes gens se trouvent partager. Même si Wren ne cautionne pas les idées du vieux reboot, elle n’en reste pas moins convaincue que les humains ne sont pas son problème. Pourtant, dès lors que Micah lui révèle ses plans d’anéantir l’humanité pour régner seul, la jeune fille comprend qu’elle doit choisir son clan. Choisir entre l’amour et la vengeance.
Dans ce contexte, le scénario de Reset évolue de façon assez classique, exploitant le volet politique et philosophique pour asseoir ses actions. En ce sens, le roman est solide, mêlant judicieusement les phases d’actions et celles de réflexion.
Les personnages sont convaincants, dans les deux camps, voire les trois puis quatre lorsque les agents de la SHER ainsi que les humains entrent en scène.
Personnellement, j’ai été prise d’affection pour Callum, ce reboot presque humain longtemps considéré comme faible dans le premier volume mais qui, ici, se révèle être un fin stratège, un « sage » que l’on écoute. C’est lui qui tient les clés du récit entre ses mains et c’est grâce à lui que l’histoire évolue dans la direction prise. Wren, quant à elle, s’affranchit de son passé, de son conditionnement et des sentiments qu’elle croyait nourrir vis à vis des humains, de sa vie de captive et d’elle-même. Elle devient enfin une jeune fille qui pense et réagit par elle-même, sans autre référence ni schéma préalablement établi. J’ai beaucoup aimé également le personnage de Riley, le formateur de Wren qui dans cet épisode joue un peu le rôle du grand frère bienveillant sur qui on peut compter.
Enfin et surtout, j’ai aimé suivre la construction de cette société toute neuve et fraîche, bâtie sur des préceptes de liberté et d’égalité.
Alors, même si j’avais trouvé Reboot un peu fade, Reset m’a convaincue que cette saga dystopique avait un message à livrer. Un de ceux qui valent la peine d’être lu et partagé.

Reboot Tome 1 : Reboot de Amy Tintera

Dans un monde où le virus KDH fait mourir les gens et rebooter les plus jeunes, la SHER, l’organisation gouvernementale qui régit le monde, recueille ces morts redevenus vivants pour en faire des soldats obéissants, traquant froidement les criminels ainsi que les contestataires. Wren fait partie de l’élite. Avec ses 178 minutes de mort, elle est le meilleur soldat qui existe, doublée d’une formatrice hors paire.
Lorsque Callum, surnommé 22 en raison de ses 22 minutes de non-vie, devient son apprenti, personne ne comprend. Pourquoi la jeune fille perd-elle son temps avec ce presque humain ? Wren, elle, fait fi des rumeurs qui circulent car, avec Callum, c’est comme si sa vie reprenait le chemin des émotions trop longtemps oubliées.
Mais en laissant ses sentiments l’envahir, 178 va vite se rendre compte que son idéal de vie, jusqu’alors contrôlé et raisonné, va beaucoup changer…

Curieuse de découvrir l’histoire qui se cachait derrière ce synopsis énigmatique, j’ai ouvert Reboot.
L’univers dystopique m’a aussitôt séduite ainsi que cette rencontre improbable entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se fréquenter.
Wren est aussi professionnelle et méthodique que Callum est sentimental. L’alchimie qui s’instaure entre eux malgré le poids du regard des autres, et en particulier de l’administration, rend le récit attractif. Pourtant, passé l’introduction, le livre retombe dans la banalité de la rébellion classique et attendue qui se manifeste par : une évasion, une course-poursuite et une quête au remède miraculeux. Le run-trip est long et il n’apporte pas grand chose à l’intrigue si ce n’est le rapprochement des deux héros qui aurait eu lieu quoiqu’il arrive.
Reboot n’est donc pas la lecture que j’attendais. Je pensais trouver une héroïne forte et compliquée, elle n’est en fait qu’une jeune recrue naïve qui change d’avis aussi vite qu’elle tombe amoureuse malgré son reconditionnement exceptionnel. De ce point de vue, j’ai trouvé l’histoire peu convaincante voire caricaturale.
Malgré tout, Reboot est un roman qui se lit facilement, eu style fluide et agréable. Dommage que le scénario soit resté dans les sentiers battus.

Marquer les ombres de Veronica Roth

Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

Avec Marquer les Ombres, la nouvelle saga dystopique de Veronica Roth, le lecteur plonge dans une histoire où la science fiction rencontre la fantasy pour retracer les rivalités de deux ethnies qui se disputent une seule et même planète au sein d’une coalition interstellaire.
Le récit est conduit par deux jeunes héros assez emblématiques de leur peuple. L’un, Akos, représente les Thuvésits, ces êtres aux coutumes et aux traditions évoluées qui dominent la planète Thuvé en respectant les codes et les lois de l’Assemblée des neuf planètes. L’autre, Cyra, est la fille du chef des Shotets, ces pirates un peu barbares, rejetés de tous qui n’ont survécu jusqu’alors que par débrouillardise et force de caractère.
Si tous reconnaissent les « dons » engendrés par la présence du ruban-flux, sorte de flux énergétique qui anime les êtres de capacités aussi uniques qu’extraordinaires, la proclamation des destins de certains enfants divise cependant les deux peuples. En kidnappant Akos et son frère, la famille régnante Shotet pense ainsi prendre l’avantage sur ses rivaux car l’un d’entre eux sera le prochain Oracle. Le posséder, c’est connaître l’avenir et pouvoir le déjouer…
Dans ce contexte délicat, Akos fait la connaissance de Cyra. Ennemis au premier regard, les deux adolescents vont pourtant tisser des liens qui les changeront à jamais… Et pendant que l’un apprendra à devenir un combattant hors paire, l’autre ouvrira son coeur pour se libérer de son héritage tant familial que personnel.
Si le récit démarre dans la lenteur en établissant le cadre ainsi que le rôle des personnages, la suite trouve un second souffle lorsque les deux héros se rencontrent pour lutter d’une même voix contre les injustices. La dystopie oscille alors au rythme de la romance en suivant des ficelles bien connues mais néanmoins porteuses. Trahison, manipulations, vengeance, égoïsme, idéalisme… servent de rebondissements à cette saga qui, peu à peu, n’oppose plus les peuples mais bien les membres d’une même famille…
Les personnages de Cyra et d’Akos sont profonds et attachants. La première campe tout d’abord un bourreau aussi insensible qu’implacable de part le don qui l’accable. D’un seul toucher, elle peut infliger la souffrance et la douleur… jusqu’à la mort. Elle se considère comme un monstre et n’hésite pas à surjouer son rôle de fléau dans le royaume de son frère. Le second, quant à lui, incarne la parfaite victime qui cherche à prendre sa revanche… A côté de ce duo tout en contrastes, une pléiade de seconds rôles se dispute la vedette. Et dans ce maelstrom de personnages, certains manquent de cohérence tel que Rizek, le frère de Cyra, jeune despote en quête de pouvoirs et de reconnaissance, qui échange ses mauvais souvenirs contre ceux d’autrui sans pour autant évoluer psychologiquement.
Le style est agréable même s’il manque parfois de relief et qu’il s’enlise ça et là dans des répétitions inutiles.
Alors certes, Marquer les Ombres n’est pas le roman que j’attendais après avoir lu Divergente… Mais le mélange de fantasy et de science fiction, la profondeur des personnages principaux m’a peu à peu convaincue.
Reste à savoir si le prochain tome répondra aux nombreuses questions restées floues dans ce premier opus…

La Loi du Dôme, tome 2 : L’Espoir de Sarah Crossan

Après la destruction du Bosquet, Alina, Quinn, Bea et une poignée de survivants veulent gagner Sequoïa, l’autre enclave résistante et tandis que certains le font en bateau, d’autres choisissent les chemins terrestres, plus dangereux.
Personne ne sait ce qu’ils vont y trouver car Sequoïa est une communauté étrange… Une communauté qui pratique des tests de fertilité, qui impose à ses ressortissants un métier ainsi qu’un partenaire…
Loin du Dôme, affranchis des castes, nos héros devront encore se battre pour conserver leurs libertés élémentaires alors que Ronan, l’espion militaire, n’aura de cesse de les retrouver…
Dehors comme dedans, la situation n’a jamais été aussi explosive.

Second Tome de la Duologie La Loi du Dôme, L’Espoir ponctue avec soin cette dystopie young adult de science fiction.
Dans cet ouvrage, plus que jamais, il est question de survie. Survie sous le Dôme où les émeutes ont conduit le gouvernement à se durcir, quitte à prendre des mesures encore plus restrictives pour démasquer les résistants. Survie dans la communauté de Sequoïa où des règles avilissantes régissent le quotidien. Survie enfin dans le monde extérieur où la faim, le froid et le manque d’oxygène transforme n’importe qui en proie potentielle pour les vagabonds.
D’un point de vue de la trame, le récit se divise en cinq parties : le voyage, le choix, la fuite, le retour et le printemps. Chacune nous immerge dans une aventure aux enjeux puissants où l’instinct et le bon sens guident les prises de décision.

On retrouve bien évidemment, en personnage principal, Alina et ses convictions fortes, qui sera dans ce roman la pierre angulaire de la résistance, mais aussi Quinn et Bea qui rêvent d’une vie meilleure à partager ensemble malgré leur appartenance à des castes différentes. On fait aussi mieux connaissance avec Ronan dont le rôle, parfois ambigu, sera néanmoins essentiel… Et puis, il y a cette myriade de seconds rôles distribués de façon magistrale pour que le tome vive des rebondissements extraordinaires…

Si l’histoire est racontée à quatre voix, c’est pour que le lecteur s’imprègne de chaque univers et de chaque épreuve comme s’il la vivait pleinement.
Le style est accrocheur. Simple mais bigrement efficace.
Le rythme est soutenu tout au long du récit grâce aux rebondissements que connaissent tous nos héros.

Quant à la conclusion, elle est à l’image du titre, porteuse d’espoirs…

J’avais adoré le premier tome, ce deuxième volume est à mon sens tout aussi réussi car les questions de fond restent fortes. Intégrité, convictions, loyauté et sacrifice de soi pour le bien commun sont les valeurs que ce livre défend.
Un beau moment de lecture en compagnie de personnages attachants.

La Loi du Dôme, Tome 1 : La Loi du Dôme de Sarah Crossan

A une époque où l’oxygène est devenu si rare que les hommes sont obligés de vivre sous des dômes, les droits et les libertés de chacun n’ont jamais été autant inégaux.
Dans ce monde, cohabitent des Premium aux privilèges et aux ressources incroyables et des Auxiliaires obligés de se contenter du strict minimum. Alina et Béa sont de ceux-là mais tandis que la première a décidé de rejoindre La Résistance, la seconde, quant à elle, croit encore qu’elle peut changer les choses de l’intérieur en devenant l’une de ses dirigeantes. La jeune fille ne sait pas encore que sous le dôme, il n’y a pas de mérite. Tout est sous le contrôle de la caste supérieure …

Premier tome d’une nouvelle dystopie futuriste, La Loi du Dôme est un récit haletant, raconté à trois voix, qui se décompose en cinq parties distinctes.
Il y a d’abord une présentation du Dôme et de son fonctionnement. Là, par l’intermédiaire de trois acteurs aux objectifs complètement différents (Alina, la résistante / Béa, l’Auxiliaire coopérante / Quinn, le Premium idéaliste), le lecteur apprend les règles de vie de cette étrange société. Il découvre les intérêts et les convictions des personnages principaux. Il perçoit également toute l’injustice de ce système de castes, notamment en compagnie de Béa qui fait tout pour réussir mais qui se voit refuser un poste important sur la seule condition de ses origines.
Puis vient la découverte du monde extérieur au Dôme et du milieu de la Résistance avec Alinéa, surtout, mais aussi avec Béa et Quinn qui deviennent les « partenaires » de la jeune rebelle. Dans cette partie, les révélations vont bon train et nos héros perdent certaines de leurs illusions en même temps qu’ils doivent faire des choix.
Ensuite, vient le temps de connaître un peu mieux La Résistance, son fonctionnement, ses dirigeants et les idées qu’ils défendent.
Avec la partie concernant La Bataille, le scénario prend une dimension plus stratégique. Chacun trouve sa place et le but qu’il poursuit. Nos héros tiennent tous leur rôle quitte à faire des sacrifices.
Enfin, il a Les Cendres, la sombre conclusion de ce premier volume qui dessine les perspectives à venir.
La structure du récit est donc solide sans être véritablement originale mais elle est servie par trois personnages charismatiques absolument attachants, en particulier Quinn, ce jeune homme qui a tout et qui est prêt à y renoncer pour défendre ses idées et sa vision du monde. Les filles, de leur côté, ne sont pas en reste. Elles nous donnent des leçons de courage et de générosité, nous livrent leur faiblesse ainsi que leurs émotions.
Le style du roman est très agréable. Chaque voix possède sa propre personnalité linguistique et son identité philosophique. Il a une vrai tension narrative dans ce récit. On tremble pour nos jeunes héros à chaque fois que l’histoire accélère et que le danger menace.
Vous l’aurez compris, j’ai passé un super moment de lecture en compagnie de la Loi du Dôme et de ses préceptes écologiques si bien que je n’ai qu’un seul conseil à vous donner … Ouvrez-le et plongez dans un univers fort et convaincant.

Le Dérobeur d’Âmes de Kristin et Fanelly Andrews

Dans une vie future, la Terre est sous l’influence d’une société secrète qui a infiltré la plupart des institutions. Son leader est prêt à tout pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.
Quand Agathe a créé son blog, elle ne s’imaginait pas qu’elle deviendrait leur centre d’intérêt. Travaillant dans l’armée de terre, elle commet une grave erreur en piratant le site des Renseignements Généraux. Elle n’a pas d’autre choix que d’intégrer la DCRG. Elle ignore que sa vie va prendre une toute nouvelle direction, là où elle ne s’attendait pas à trouver des réponses.
C’est au moment de sa rencontre avec Victor, revenu en France pour se venger de son père, que son pire cauchemar refait surface. Serait-ce le fruit de son imagination ? Elle va mener l’enquête en parallèle, car de nombreux cadavres sont découverts. L’humanité serait-elle victime d’une nouvelle épidémie, ou tout simplement d’un sérial killer d’un nouveau genre ?
Agathe et Victor sont la clé. Ils vont devoir s’associer et découvrir comment et pourquoi ils sont liés, au point que leur mission va bouleverser leurs croyances sur les origines de la vie.

Tout comme Yannick du blog prose-café (http://www.prose-cafe.fr/leblog/) avec qui j’effectue cette lecture commune, je tiens à remercier les auteures qui ont la gentillesse de nous confier leur « bébé ». Ce qui n’est pas toujours une chose très aisée.

Avec le Dérobeur d’Âmes, Kristin et Fanelly Andrews entraînent le lecteur dans une dystopie mêlant science fiction et fantastique. L’intrigue, racontée à deux voix, explore plusieurs genres. Si la trame principale de l’histoire appartient au roman policier avec une enquête, une récolte d’indices et une confrontation, la romance et le thriller s’invitent également à la fête pour apporter leur sel.

Avec la voix d’Agathe, une jeune fille de 25 ans, ex-militaire, hackeuse à ses heures et surtout membre de la DGSE, on plonge directement dans l’action. Kidnappée par les hommes de Patrick Connor, l’illustre magnat des affaires, parce qu’il pense qu’elle lui a volé des informations classées top secret, la jeune détective découvre les prémices d’un complot. Quand elle parvient à s’enfuir, son employeur la place aussitôt sur l’enquête destinée à relier une série de meurtres aussi étranges qu’inexpliqués au richissime homme d’affaires. Intriguée par les données qu’elle a déjà collectées, qui font écho à son histoire personnelle, Agathe s’investit corps et âme dans son investigation jusqu’à infiltrer la secte satanique de sa cible sans savoir qu’elle est sur le point de faire de fameuses découvertes sur son passé ainsi que sur ses étranges capacités de précognition.

Avec Victor, le fils de Patrick Connor, l’histoire prend des allures de règlement de compte car ce dernier, brimé par un père intransigeant et manipulateur, veut désespérément sa revanche. Il s’est fixé un but ultime, faire tomber son géniteur du pied d’estale qu’il s’est construit. Appartenant à une organisation secrète nommée La Légion, qui souhaite soupçonne l’homme d’affaires de tremper dans un complot de grande envergure, le jeune est chargé de récolté des preuves à charge. Son chemin croisa celui d’Agathe qu’il devra initier et protéger.

L’histoire d’amour, en dents de scie, complète intelligemment le scénario, apportant la touche de tendresse ou de tension nécessaire à faire rebondir une enquête qui piétine.

La tension narrative est omniprésente. Le déroulé est fluide et cohérent. Les touches de fantastique, même si elles arrivent un peu tard, sont l’élément singulier du roman.

La psychologie des personnages est forte. L’héroïne, au comportement tantôt masculin, tantôt fragile et mal assurée, m’a immédiatement séduite. Le personnage de Victor, quant à lui, s’apprécie dans la durée.

Mon bémol réside dans le style que j’ai trouvé très fluide lors de la narration discours mais peu naturelle et exagérée dans les phases de dialogues.

Au final, Le Dérobeur d’Âmes est un livre qui se lit vite car l’histoire appelle à la suite. Son côté thriller parsemé de romance m’a complètement convaincue. Les indices sont distillés tout au long du récit et les personnages sont assez attachants. Cependant, je pense que l’univers ainsi que les thèmes abordés séduiront davantage un public plutôt adulte qu’adolescent.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Ils sont une poignée d’enfants et d’adolescents à vivre dans ce manoir désuet. Ils y ont été emmenés de force car ils sont Déficients, atteints par un virus incurable.
Personne ne connaît les conséquences de cette maladie hormis le fait que lorsque les premiers symptômes apparaissent, les patients sont emmenés, la nuit, au troisième étage du manoir, au Sanatorium… d’où personne ne revient jamais.
Toby est le chef du dortoir n°4. Depuis son incarcération, il vit comme une ombre, ne s’autorisant aucune amitié, aucun plaisir, aucun rêve. A quoi bon ? Il va bientôt mourir…
L’arrivée de Clara, une nouvelle patiente, va cependant tout bouleverser…

Sarah Pinborough nous revient avec cette romance young adult qui flirte avec le drame en mettant en scène un adolescent, Toby, qui a renoncé à vivre sous prétexte qu’il va bientôt mourir.
Préférant la solitude de la nuit, le garçon rythme ses journées pour s’isoler de ses pairs. Il ne veut plus souffrir. Il a déjà donné en renonçant à sa vie d’avant… Quand Clara fait irruption dans son univers calfeutré, Toby se rebelle avant de se laisser amadouer par la belle qui déborde de joie mais aussi de vie. Ensemble, ils expérimentent l’Amour avant de nourrir des projets d’évasion…

Les personnages sont touchants par le contraste qu’ils nous proposent. Toby incarne le solitaire qui a renoncé tandis que Clara endosse le rôle de la porteuse d’espoirs. Leur duo fait des étincelles, bouleverse le quotidien de la maison, éclabousse les seconds rôles qui profitent de ce changement pour commencer eux aussi une nouvelle vie.

La structure du récit est nette. Elle correspond à celle de la romance qui chemine entre le doute et l’euphorie depuis la rencontre jusqu’au dénouement final.
Le thème des premiers amours est ici traité avec sincérité et générosité.

Personnellement, même si j’ai apprécié ce roman, j’aurais aimé qu’il nous éclaire davantage sur la maladie et ses conséquences ainsi que sur le rôle du Sanatorium dans la vie et la mort des patients.
Dès le début du livre, cette pièce secrète fait l’objet de tous les questionnements alors on ne peut s’empêcher de se demander ce qui s’y passe, voire d’échafauder des hypothèses quant à la suite du récit… Cependant, à mesure que les pages se tournent, le lecteur comprend que cette question n’est plus centrale, comme si l’auteure avait changé de scénario en cours de route pour ne plus se concentrer que sur la romance et la dimension humaine de la mise à l’épreuve qu’elle a souhaité privilégier.

La Maison des Morts est un livre convaincant du point de vue de la romance et touchant dans les relations qu’il construit mais il manque pour moi d’intensité.
Le thème de la maladie et du Sanatorium étaient vraiment porteurs, ils auraient amené le frisson que j’attendais, la surprise qui m’aurait conduite vers le coup de coeur…
Je ne suis pourtant pas déçue car, au final, La Maison des Morts est une belle histoire d’amour que je recommande à toutes les âmes sensibles, à la recherche d’éternité.