Le Plaisir de te détester de Émilie Million

Résumé éditeur :

Odieuse vengeance ou sincère attirance ?

Pour certaines personnes, les réunions des anciens du lycée sont un bon prétexte pour étaler son bonheur et sa réussite. Pour Marie, c’est surtout l’occasion de se prendre la réalité en face : célibataire, au chômage, au bord de la ruine, on ne peut pas dire qu’elle ait de quoi se vanter auprès de ses anciens camarades. Constat qui devient d’autant plus blessant lorsqu’elle se retrouve face à David, qu’elle a humilié dix ans plus tôt. Car le geek boutonneux de ses souvenirs s’est transformé en un chef d’entreprise charismatique. Alors, quand ce dernier lui propose de devenir son assistante, Marie hésite : doit-elle céder à la tentation de revoir David ou bien faire preuve de prudence et éviter cet homme qui a toutes les raisons de lui en vouloir ?

 

Mon avis :

Le Plaisir de te détester, c’est l’histoire de Marie, une jeune femme presque trentenaire, sans boulot ni mari qui vit en colocation avec un courant d’air et qui partage ses confidences avec Mel, sa meilleure amie. A l’occasion d’une réunion d’anciens élèves, la jeune femme renoue avec David, son ex du lycée… Mais au lieu du jeune homme insignifiant de l’époque, Marie retrouve un homme sexy et sûr de lui, patron de son entreprise qui lui offre le job dont elle a besoin pour se remettre à flot. Persuadée que cette proposition cache en réalité une vengeance déguisée, Marie accepte à contre coeur… S’engage alors un duel aussi comique qu’émouvant.

A partir d’un scénario simple et banal, Émilie Million construit une histoire pleine de modernité, proche de la comédie sentimentale burlesque pour notre plus grand plaisir.
Son personnage principal, Marie, est drôle de maladresse, touchante de naïveté et surtout attachante de spontanéité. Elle nous convainc que son récit est singulier par l’intensité des émotions qu’elle y projette et c’est là toute la force de ce roman : transformer une histoire complètement ordinaire en un moment sympathique et prenant qui se lit facilement.
Le style est jeune, dynamique ; il se rapproche du langage parlé pour créer une atmosphère pétillante quelques soient les circonstances.

Mon bémol réside dans le manque d’originalité du scénario ainsi que dans la construction des personnages secondaires qui répondent un peu trop, à mon goût, aux stéréotypes que l’on rencontre habituellement dans ce genre de romances.

Le Plaisir de te détester reste quand même, pour moi, une lecture agréable, un moment de divertissement que j’ai envie de partager 😉

La première Fois que j’ai été Deux de Archibald Ploom

Nous sommes au début des années 2000, Karen Traban est en Terminale et vit seule avec une mère dépressive. Elle est brillante, musicienne et adore danser mais l’amour n’est jamais au rendez-vous, les garçons de son âge lui semblent sans intérêt. Quand un jeune anglais, Tom, arrive au milieu de l’année scolaire dans sa classe, Karen le prend immédiatement en grippe… Elle ne sait pas encore que ce jeune homme si différent des autres va changer sa vie.

 

Tout d’abord, je tiens à remercier Archibald Ploom qui a eu la confiance et le courage de me confier son roman, ce qui n’est pas forcément chose aisée quand on est jeune auteur.

En ouvrant mon courrier, j’ai été surprise de découvrir une couverture un peu girly mais sobre, qui invite au voyage, tandis que, de son côté, le synopsis évoque plutôt une romance duelle. Et bien La première Fois que j’ai été Deux est un savant mélange de tout cela…

Dans ce roman, le lecteur suit les pas de Karen, jeune fille de dix-sept ans, élevée par une mère dépressive qui a pourtant su lui communiquer sa passion pour la littérature, la philosophie ainsi que la musique des années 60 – 70. A l’abri des remparts qu’elle a érigés avec la somme de ses différences, Karen observe le monde qui l’entoure, celui du début des années 2000, avec maturité et discernement. Elle repousse les garçons tout comme l’amour, évite les fêtes et les débordements en tout genre… soucieuse de ne pas reproduire les erreurs de ses proches. Celles de sa mère, bien sûr, qui s’est retrouvée mère-célibataire du jour au lendemain et qui, depuis, traverse l’existence enveloppée d’un brouillard médicamenteux. Celles de sa meilleure amie ensuite qui collectionne les conquêtes comme pour cultiver ses désillusions…

L’univers de Karen, rassurant de routine, bascule le jour où Tom débarque de son Angleterre natale. Il est si loin de tous les garçons qu’elle a rencontré jusqu’alors… La suite n’est que logique : les deux adolescents reconnaissent en l’autre ce qu’ils cherchent depuis toujours. Leur histoire démarre lentement, dans la subtilité et le romantisme, puis s’accélère quand le jeune homme doit quitter la banlieue parisienne pour regagner sa vie londonienne. Karen l’accompagne, un peu malgré elle, à l’occasion des vacances scolaires sans savoir qu’elle s’apprête à vivre une aventure aussi éphémère qu’incroyable…

Ce récit linéaire, racontée à la première personne du singulier, plonge le lecteur dans la vie et les pensées d’une jeune fille sage mais idéaliste, qui dessine son existence comme un roman d’amour d’une autre époque pour vivre pleinement, sans compromis… la première fois qu’elle a été deux.

Si la structure du scénario souffre parfois de longueurs et manque ça et là d’intensité, elle rebondit cependant avec grâce sur bon nombre de sujets. Histoire, musique, vie amoureuse, société consumériste, politique, religion, philosophie… Karen passe au crible tout ce qu’elle observe et nous livre son analyse très mature de la situation.

Question style, il ne faut surtout pas s’arrêter aux tournures familières des toutes premières pages car l’auteur développe par la suite une plume subtile, très agréable, qui regorgent d’images et de références souvent émouvantes, parfois amusantes mais toujours justes et pertinentes. Les dialogues ont, quant à eux, été ma petite bête noire. Peu naturels et empruntés, j’ai trouvé qu’ils tombaient parfois dans le théâtral. Voire le caricatural.

Malgré ces quelques petites maladresses, j’ai apprécié ce voyage initiatique aux côtés de Karen. J’ai aimé prendre le temps de la découverte amoureuse, analyser le monde à travers les yeux d’une héroïne en décalage avec son époque, réfléchir à l’avenir avec une lucidité et un sang-froid enviable. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est suivre les mots jetés avec une grande élégance sur le papier…

La première Fois que j’ai été deux est une romance un peu vintage qui se déguste sur fond de rock’n roll à la lueur tamisée des bougies.

Petits Dérapages et autres Imprévus de Mily Black

Pour son travail, Louise parcourt le monde. Elle rédige des avis sur les complexes hôteliers qu’elle visite. Sa vie serait un rêve si elle n’était pas si timide et surtout si elle ne s’était pas entichée de son patron, le beau Francis, que toutes les femmes courtisent. Épuisée de cette existence qui ne lui apporte rien, Louise demande à être réaffectée dans un bureau. Elle veut essayer de se construire une vie bien à elle plutôt que de traverser un rêve dont elle est simplement spectatrice. Et puisque tout est sur le point de changer pour la jeune femme, lors de sa dernière mission, Louise tente de prendre de nouvelles résolutions. Elle est déterminée à combattre sa réserve pour enfin profiter de la vie.
Comme si le destin l’avait entendu, voici Louise en possession d’une valise qui n’est pas la sienne. A l’intérieur, des tas de tenues plus sexy les unes que les autres… Et devant elle, quinze jours en Floride en compagnie de Francis…

Petits Dérapages et autres Imprévus est une romance sensuelle racontée par l’héroïne, Louise, cette trentenaire coincée et bourrée de principes qui partage ses journées avec Francis, un macho sexy qui adore la mettre mal à l’aise en la taquinant. Entre eux, se joue une partie de séduction implicite dans laquelle chacun reste dans sa zone de confort. L’une parce qu’elle manque cruellement de confiance en elle, l’autre par peur de braquer sa partenaire et collègue.
A mesure que le récit avance, les protagonistes se dévoilent plus physiquement qu’affectivement et transforment les sous-entendus en non-dits. Pour Louise, cette relation est à classer dans les rencontres sans lendemain car la jeune femme n’imagine pas une seule seconde que son patron puisse en pincer pour elle. Refoulant ses sentiments au plus profond d’elle même, elle accepte de s’initier à la sensualité et découvre son corps en même temps que ses désirs. Mais en voulant se préserver, la jeune femme fait tout de travers si bien que Francis se sent rejeté. Le scénario oscille alors entre passion érotique et déprime totale, entre euphorie et dépression.

Si l’histoire est racontée par Louise, l’auteure nous offre en fin de roman deux bonus où Francis exprime sa version des faits. J’ai vraiment apprécié ces passages et aurait aimé qu’il y en ait d’autres. L’aventure telle que Louise nous la livre est sympa mais manque parfois d’énergie tandis que la voix de Francis, sans jeu de mots, est tout simplement croustillante. Le contraste qui existe entre ces deux narrations donne quelque chose d’irrésistible qui aurait pu être davantage exploité, même si je comprends pourquoi Mily Black ne l’a pas fait afin de préserver son intrigue.
Les personnages secondaires sont drôles et redirigent les actions en influençant nos deux héros.
Le décor, bien que superbe, est parfois trop présent. L’auteure y a jeté son héroïne pour nous montrer à quel point Louise a défini son univers à travers son travail faute de mieux mais les descriptions objectives noient les sentiments et les émotions ont tendance à s’affadir, coupant les envolées romantiques dans leur élan.
Au final, même si le livre manque d’un peu de subtilité et de finesse dans les émotions, il m’a fait passer un très agréable moment. Petits Dérapages et autres Imprévus est une lecture légère et sensuelle qui ravira toutes les fans de chick-lit.