The Memory Book de Lara Avery

On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t’écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l’en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu’il lui faut, c’est un nouveau plan. C’est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu’elle s’envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu’elle vit. C’est là qu’elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

 

Mon avis :

The Memory Book est le journal des souvenirs de Sammie, une lycéenne de 17 ans, brillante, sage et raisonnable qui vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une dégénérescence cérébrale génétique capable de lui faire perdre la mémoire à tout moment.
Persuadée qu’elle peut gérer sa maladie et déjouer le sort dramatique qui lui pend au nez, la jeune fille jette pêle-mêle les événements de sa vie sur le disque dur de son ordinateur portable afin que son futur elle se souvienne précisément de qui elle était vraiment…
Le début du roman est marqué par une rigueur et un sérieux sans faille puisque Sam consigne tous ses faits et gestes ainsi que la moindre de ses impressions. Elle tente de dresser un auto-portrait fidèle, mais le lecteur sent déjà, dans ses propos, qu’elle écrit surtout pour se prouver qu’elle ne sombrera pas, qu’elle sera plus forte que la maladie et qu’elle s’en sortira. Sa rencontre avec Stuart, le garçon de ses rêves, au moment même où les symptômes de son mal se déclarent, fait basculer le récit quotidien dans la romance et ajoute une dimension émotionnelle au discours qui se limitait jusqu’alors à l’auto-dérision. Le mensonge par omission, l’intériorisation, la remise en question vont alors prendre le pas sur la logique pour faire rebondir l’histoire vers cette fin aussi touchante qu’inévitable…

Grâce au style qu’elle déploie, Lara Avery nous immerge dans la tête et le présent de Samantha, nous faisant vivre chaque épisode, qu’ils soient décisifs ou anodins, marquants ou insignifiants, comme si nous étions véritablement dans la peau de l’héroïne. Ainsi, chacun d’entre nous peut s’identifier à ce personnage incroyable qu’est Sammie, côtoyer la pléiade de seconds rôles qui l’épaule ou la confronte à ses erreurs et vivre cette aventure dramatique qui s’intensifie à chaque page tournée.

Si le début ne m’a pas totalement séduite, le contexte ainsi que la personnalité de Sammie m’ont peu à peu charmée jusqu’à cette conclusion terrible qui, il faut bien l’avouer, m’a arrachée quelques larmes.
Certes, le scénario est un peu couru d’avance mais les émotions sont bien placées et le ton qui oscille entre humour et tension dramatique fait vite disparaître les impressions de déjà-vu.
Avec The Memory Book, j’ai passé un moment d’intimité avec l’un des personnages de fiction les plus solides que j’ai jamais rencontré.
A lire pour l’émotion et la sincérité du discours qui dépeint sans détour la vie et les sentiments d’une personne qui s’efface peu à peu…

Le Suivant sur la Liste de Manon Fargetton

Nathan, 14 ans, petit génie de l’informatique, est sur le point de découvrir quelque chose d’important concernant une clinique privée lorsqu’il meurt dans un tragique accident de voiture. Mais était-ce vraiment un accident ? Izia n’en est pas certaine, elle a cru voir le chauffeur accélérer avant l’impact.
Peu après, l’adolescente se sent suivie, espionnée. Et tandis qu’elle reçoit un étrange e-mail du défunt, Izia ne peut s’empêcher de fouiller cette affaire. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Morgane, la super star du collège, Timothée, le cousin autiste de Nathan, ainsi que Samuel, le marginal s’engouffrent eux aussi dans cette histoire. Ensemble, les quatre jeunes gens vont mettre à jour des informations capitales. Une découverte qui bouleversera leur vie et celle de l’humanité …

Le Suivant sur la Liste est un bon thriller fantastique pour adolescent. Raconté à six voix par les principaux protagonistes, ce roman cultive le mystère et rebondit de péripéties en énigmes.
L’histoire est pourtant simple. Un adolescent (Nathan) pirate les données confidentielles d’une clinique privée. Il meurt mais laisse en héritage à quatre de ses paires des messages aussi inquiétantes que surprenants. Ces derniers, intrigués par les propos du défunt, se rassemblent pour dénouer les fils du mystère tandis que, dans l’ombre, les méchants se lancent à leurs trousses.
Le récit est rythmé. Les personnages alimentent tour à tour le suspens. La tension narrative grandit et le lecteur est pris dans une formidable spirale de questionnement.
Le final est très réussi, il laisse présumer d’une suite des plus intéressantes.
Quant aux quatre jeunes héros, je les ai tous trouvés accrocheurs. Ma préférence va cependant à Timothée, l’empathe un peu autiste, qui confère à l’histoire une tournure fantastique que j’affectionne tout particulièrement.
Avec le Suivant sur la Liste, vous passerez un agréable moment de lecture, même si le public visé concerne clairement la tranche d’âge 11/15 ans.

Eden, Tome 1 : Le Mirage de Gemma de Blandine P. Martin

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…
Mon avis :

Le Mirage de Gemma, premier tome d’une saga d’anticipation intitulée Eden commence avec panache par un meurtre de sang-froid. Son héroïne, Eden, est une tueuse à gage à la solde du gouvernement chargée d‘éliminer les dissidents… Son quotidien est fait d’ordres de mission qu’elle exécute sans jamais se poser de question, guidée par sa foi aveugle dans le système politique de Gemma, sorte d’utopie basée sur le pacifisme, le calme et le respect des règles édictées (prohibition, moralité irréprochable, intégrité…) Quand la jeune femme est désignée pour une mission d’infiltration dans un groupuscule rebelle, Eden pense résoudre ce problème comme elle l’a toujours fait, en comptant sur son impartialité. D’abord mise à l’épreuve afin de prouver sa loyauté, Eden est ensuite intégrée à la faction rebelle où elle découvre peu à peu l’envers du décors… Et tandis que des opérations de grande envergure se mettent en place pour déstabiliser le pouvoir en place, Eden commence à douter… Et si le gouvernement de Gemma cachait en son sein des criminels notoires et des desseins malhonnêtes… Perdue, ne sachant plus vers qui se tourner, Eden devra choisir son camp…
Le scénario de ce premier tome suit la trame d’une enquête classique avec son lot de rebondissements qui arrive toujours à point nommé pour donner à l’ensemble une tension sans surprise mais convaincante. La romance qui est mise en place, même si elle manque d’originalité, alimente le suspense. La conclusion de ce récit est, pour moi, le point fort de ce roman. Elle laisse entrevoir beaucoup de potentiel quant à ce qui s’en suivra dans les prochains tomes…
Le style de l’auteure est agréable, fluide. Il met en scène une héroïne d’abord froide et dénuée de sentiments qui obéit à la lettre aux ordres qu’elle reçoit. La mission d’infiltration va la changer et la faire évoluer jusqu’à devenir la pièce maîtresse de la réussite ou de l’échec du coup d’état qui se trame en coulisse…
Dans ce tome, chaque personnage est cohérent et construit pour apporter son soutien à l’histoire. Si j’ai apprécié Eden et Henry, je n’ai en revanche pas vraiment accroché avec le leader rebelle que j’ai trouvé trop stéréotypé pour être touchant.
L’univers science fiction est très peu présent alors qu’il aurait pu faire toute la différence. Heureusement, la dystopie prend le relais pour nous entraîner vers un questionnement à la fois politique et philosophique.

Au final, le Mirage de Gemma marque le début d’un récit intrigant, dont la suite promet d’être croustillante à condition qu’elle ne bascule pas vers des schémas trop connus.

Reboot, Tome 2 : Reset de Amy Tintera

Wren, Callum, Addie et les Reboots libérés de la ville d’Austin arrivent au camp des réfugiés pour découvrir que les rebelles en qui ils avaient fondé tant d’espoir, vivent en réalité sous la coupe de Micah, un vieux reboot très expérimenté au rang presque aussi élevé que celui de Wren et qui déborde d’hostilité envers les humains au point d’en faire sa principale ressource de viande. Choqués, Wren et les siens s’expriment plus ou moins discrètement sans savoir que, dans ce camp, rien n’est soumis à discussion. Micah règne en maître et dès que la mutinerie pointe le bout de son nez, le vieux reboot a ses méthodes pour régler les problèmes. Wren et Addie seront les premières à en payer les frais…
Entre romance et guerre, Reset nous conte l’histoire d’une espèce qui se cherche tant dans son positionnement au sein de la société que dans les valeurs qu’elle doit défendre. Et c’est avec Wren et Callum, ces deux reboots amoureux, que le débat va naître. Chacun s’exprimant avec sa voix.
Si Wren ne sait pas trop où elle en est, Callum, lui, n’a que des certitudes. Les Reboots doivent aider les humains à se libérer de la SHER, l’organisme gouvernemental qui dicte ses lois partout dans le pays, tout en défendant les leurs restés prisonniers. Alors lorsque Micah entre dans l’équation, imposant son point de vue violent et hégémonique, les deux jeunes gens se trouvent partager. Même si Wren ne cautionne pas les idées du vieux reboot, elle n’en reste pas moins convaincue que les humains ne sont pas son problème. Pourtant, dès lors que Micah lui révèle ses plans d’anéantir l’humanité pour régner seul, la jeune fille comprend qu’elle doit choisir son clan. Choisir entre l’amour et la vengeance.
Dans ce contexte, le scénario de Reset évolue de façon assez classique, exploitant le volet politique et philosophique pour asseoir ses actions. En ce sens, le roman est solide, mêlant judicieusement les phases d’actions et celles de réflexion.
Les personnages sont convaincants, dans les deux camps, voire les trois puis quatre lorsque les agents de la SHER ainsi que les humains entrent en scène.
Personnellement, j’ai été prise d’affection pour Callum, ce reboot presque humain longtemps considéré comme faible dans le premier volume mais qui, ici, se révèle être un fin stratège, un « sage » que l’on écoute. C’est lui qui tient les clés du récit entre ses mains et c’est grâce à lui que l’histoire évolue dans la direction prise. Wren, quant à elle, s’affranchit de son passé, de son conditionnement et des sentiments qu’elle croyait nourrir vis à vis des humains, de sa vie de captive et d’elle-même. Elle devient enfin une jeune fille qui pense et réagit par elle-même, sans autre référence ni schéma préalablement établi. J’ai beaucoup aimé également le personnage de Riley, le formateur de Wren qui dans cet épisode joue un peu le rôle du grand frère bienveillant sur qui on peut compter.
Enfin et surtout, j’ai aimé suivre la construction de cette société toute neuve et fraîche, bâtie sur des préceptes de liberté et d’égalité.
Alors, même si j’avais trouvé Reboot un peu fade, Reset m’a convaincue que cette saga dystopique avait un message à livrer. Un de ceux qui valent la peine d’être lu et partagé.

A la Folie de Cindy Lia

Infirmière fraîchement diplômée en psychiatrie, Alicia rejoint l’équipe du Center Hospital, vieille institution au cœur de New-York dont les légendes précèdent la réputation. Entre secrets et phénomènes inexplicables, la bâtisse renferme son lot de mystères. À commencer par Julian, un patient au tempérament de feu qui, à peine arrivé, donne déjà du fil à retordre aux équipes en place. Alors que la loi du silence règne entre les murs, Alicia se retrouve au cœur d’une série de meurtres non résolus qui la plongent rapidement dans une enquête au péril même de sa vie…

 

Mon avis :

Avec A la Folie, le lecteur pénètre immédiatement dans un thriller psychologique envoûtant qui met en scène une infirmière inexpérimentée mais pleine de bonnes intentions, Alicia, au prise avec sa vie personnelle mais bien décidée à s’affirmer par son métier et les responsabilités qui lui incombent. Pourtant, dès le premier jour, rien ne se passe comme prévu. Un patient la prend en otage, des menaces sont glissées dans son vestiaire, des cadeaux étranges l’attendent sur le pas de sa porte… Alicia en est certaine, quelqu’un cherche à la déstabiliser. Mais pourquoi ? L’infirmière mène l’enquête et tandis que l’étau se resserre autour d’elle, des pans de son passé et de sa vie vont éclater…

En commençant cette lecture, je suis immédiatement tombée sous le charme de la plume de l’auteure, Cindy Lia. Les mots sont bien choisis, les phrases portent les émotions et les dialogues apportent la touche d’énergie nécessaire à l’envolée de ce texte.

Le scénario ne reste pas en reste. Oscillant entre suspense et tension amoureuse, l’intrigue s’intensifie page après page pour devenir complètement addictive à mesure que le mystère s’épaissit autour de l’héroïne et que les pistes prennent de la vigueur pour nous dérouter. Chaque élément est pensé, réfléchi pour alimenter le thriller et perturber les attendus.

Les personnages sont extraordinaires, profonds, crédibles, touchants… L’héroïne en tête. Grâce à son récit à la première personne, Alicia nous emporte dans son histoire, son passé, ses phobies pour ne plus nous lâcher jusqu’à cette conclusion surprenante.

Alors vous l’aurez compris, A la Folie est un véritable coup de coeur littéraire pour moi. Un livre qui m’a arraché des frissons de peur mais qui a également su me toucher par sa sincérité, son humour, sa modernité et son analyse.

Je remercie énormément les Éditions Plumes du Web pour m’avoir confié la chronique de ce roman à côté duquel je serais sans doute passée… Grave erreur, ce livre est une pépite qu’on ne peut plus lâcher une fois commencé et qui, je l’espère, gagnera au plus vite votre PAL pour un plaisir garanti.

The Effigies, Tome 1 : Les Flammes du destin de Sarah Raughley

Les Fantômes – des créatures de cauchemar, mélange de chair pourrissante et de ténèbres –, terrorisent l’humanité depuis une centaine d’années. Pour les affronter, les pouvoirs surhumains des Effigies sont apparus peu après et, même si désormais, des boucliers protègent les grandes villes de la menace, les quatre dépositaires de cette puissance inimaginable – étrangement, toujours des femmes – sont aujourd’hui des célébrités mondiales. Ces capacités, ainsi que la somme des souvenirs de chaque combattante, se transmettent à la mort de chaque Effigie à son héritière, choisie au hasard quelque part sur la planète. Leurs hauts faits, leurs coups d’éclat et leurs frasques sont disséqués sans fin par les médias, et elles provoquent l’admiration d’une partie du grand public, qui se méfie pourtant de la Secte, la mystérieuse organisation chargée de les chapeauter.

À seize ans, Maia, dont la jumelle est morte dans un incendie, idolâtre, comme autrefois sa soeur, les Effigies. Quand Natalya, l’Effigie du feu, meurt dans d’étranges circonstances et que Maia est choisie pour prendre sa place, elle a du mal à comprendre ce qui lui arrive. Elle cache d’abord la vérité à son entourage… jusqu’au jour où le bouclier de New York présente une défaillance : y fait son apparition, pour la première fois, un homme énigmatique, Saul, qui semble capable à la surprise générale de contrôler les Fantômes. Terrifiée, sans préparation au combat, Maia se retrouve propulsée dans l’arène, contrainte de se battre aux côtés de trois jeunes filles qui, malheureusement, ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Rongée par la timidité, Lake n’a presque plus aucun rapport avec Chae Rin, elle-même mise à la retraite pour son impulsivité et sa violence, et toutes n’inspirent que le mépris à Bella, froide et incroyablement puissante. Sans compter que les souvenirs de Natalya reviennent, étouffants, hanter la conscience de la toute nouvelle Effigie.

Maia saura-t-elle survivre à l’entraînement de la Secte et unir ses camarades ? Quel secret cache Saul, qui semble littéralement changer de personnalité à intervalles réguliers ? Entre combats homériques et enquête glaçante sur les vraies raisons de la mort de Natalya, depuis la découverte du passé de ses camarades jusqu’à la révélation des ténébreuses origines de la Secte, la jeune fille se retrouve aspirée dans une dangereuse spirale : le feu qui couve en elle pourrait bien la consumer tout entière !

 

Mon avis :

The Effigies, Les Flammes du Destin commence tambours battants dans la ville de New York lorsqu’une armée de spectres, profitant d’une défaillance du système de protection de la cité, attaque la population… Et tandis que Maia, jeune lycéenne peu sûre d’elle, nouvellement promulguée Effigie, cette guerrière aux pouvoirs élémentaires, tente de sauver sa peau ainsi que celle d’une petite fille, elle est repérée par la Secte, l’organisation chargée d’éradiquer toute menace. Emmenée par une équipe conduite par Belle, l’égérie des Effigies, pour accomplir sa toute première mission, Maia pénètre avec appréhension dans un monde que, jusqu’alors, elle ne suivait qu’à travers les tabloïds et les forums de fans pour découvrir une réalité bien éloignée de ce qu’elle s’était imaginée… Les Effigies ne sont pas les héroïnes qu’elles vénéraient mais des pantins à la solde de la Secte qui ne cesse d’édicter des lois sans véritable fondement. Lorsque des souvenirs des anciennes Effigies, mortes au combat, font irruption dans sa tête, Maia est troublée par la discordance entre ce qu’elle voit et ce qu’on s’évertue à lui dire. Alors quand un certain Saul, un garçon étrange qui possède certains pouvoirs dont celui de contrôler les spectres, cherche à la contacter, la jeune fille ne sait plus quoi penser… En menant son enquête, Maia va découvrir les dessous d’une histoire abracadabrante dont les répercussions mettront en péril sa vie et celle de ses camarades Effigies.

Si le scénario rebondit d’actions en actions sans jamais s’arrêter, le livre, lui, répond au classique du genre fantastique avec une opposition entre deux groupes qui s’affrontent pour gagner le pouvoir et dont l’héroïne va subir les mensonges ainsi que les menaces jusqu’à l’éclatement de la vérité.
Avec ce premier tome, la saga démarre plutôt fort en semant des graines de mystère tout au long des pages. Le lecteur est happé par la tension narrative qui le transporte de missions en missions sans jamais pouvoir vraiment dénouer les fils de l’intrigue qui se tissent à son insu.
Les souvenirs apportés par les précédentes Effigies ainsi que le dédoublement de personnalité qui affecte Saul, ce personnage ambigu, considéré tout d’abord comme LE méchant de l’histoire avant de devenir un maillon essentiel dans la chaîne d’énigmes à résoudre représentent, à mes yeux, les points forts du roman.

Le personnage de Maia reste cependant assez conventionnel puisqu’on retrouve une héroïne novice et malléable, au prise avec des événements qui la dépassent et qui va utiliser cette épreuve pour se forger une identité propre. L’originalité de son caractère repose surtout sur le fait qu’elle refuse d’utiliser ses pouvoirs, estimant d’une part ne pas mériter le don qui lui est fait et d’autre part, ne pas être à la hauteur des nouvelles responsabilités qui lui incombent.
En ce qui concerne les autres Effigies, on peut souligner la présence de Belle, la taciturne du groupe, qui apporte la touche de relief nécessaire à ce récit ainsi que la présence de Rhys et Vasily, ces gardes du corps aux buts pour le moins contradictoires.

La lecture est facile et agréable car le style reprend les codes classiques de ce genre d’œuvre.

The Effigies, Les Flammes du Destin, est donc pour moi le premier épisode d’une saga fantastique young adult assez réussie. Reste à savoir si les questions laissées en suspend dans ce premier opus seront reprises et expliquées dans les prochains tomes.
A suivre…

Reboot Tome 1 : Reboot de Amy Tintera

Dans un monde où le virus KDH fait mourir les gens et rebooter les plus jeunes, la SHER, l’organisation gouvernementale qui régit le monde, recueille ces morts redevenus vivants pour en faire des soldats obéissants, traquant froidement les criminels ainsi que les contestataires. Wren fait partie de l’élite. Avec ses 178 minutes de mort, elle est le meilleur soldat qui existe, doublée d’une formatrice hors paire.
Lorsque Callum, surnommé 22 en raison de ses 22 minutes de non-vie, devient son apprenti, personne ne comprend. Pourquoi la jeune fille perd-elle son temps avec ce presque humain ? Wren, elle, fait fi des rumeurs qui circulent car, avec Callum, c’est comme si sa vie reprenait le chemin des émotions trop longtemps oubliées.
Mais en laissant ses sentiments l’envahir, 178 va vite se rendre compte que son idéal de vie, jusqu’alors contrôlé et raisonné, va beaucoup changer…

Curieuse de découvrir l’histoire qui se cachait derrière ce synopsis énigmatique, j’ai ouvert Reboot.
L’univers dystopique m’a aussitôt séduite ainsi que cette rencontre improbable entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se fréquenter.
Wren est aussi professionnelle et méthodique que Callum est sentimental. L’alchimie qui s’instaure entre eux malgré le poids du regard des autres, et en particulier de l’administration, rend le récit attractif. Pourtant, passé l’introduction, le livre retombe dans la banalité de la rébellion classique et attendue qui se manifeste par : une évasion, une course-poursuite et une quête au remède miraculeux. Le run-trip est long et il n’apporte pas grand chose à l’intrigue si ce n’est le rapprochement des deux héros qui aurait eu lieu quoiqu’il arrive.
Reboot n’est donc pas la lecture que j’attendais. Je pensais trouver une héroïne forte et compliquée, elle n’est en fait qu’une jeune recrue naïve qui change d’avis aussi vite qu’elle tombe amoureuse malgré son reconditionnement exceptionnel. De ce point de vue, j’ai trouvé l’histoire peu convaincante voire caricaturale.
Malgré tout, Reboot est un roman qui se lit facilement, eu style fluide et agréable. Dommage que le scénario soit resté dans les sentiers battus.

Le Plaisir de te détester de Émilie Million

Résumé éditeur :

Odieuse vengeance ou sincère attirance ?

Pour certaines personnes, les réunions des anciens du lycée sont un bon prétexte pour étaler son bonheur et sa réussite. Pour Marie, c’est surtout l’occasion de se prendre la réalité en face : célibataire, au chômage, au bord de la ruine, on ne peut pas dire qu’elle ait de quoi se vanter auprès de ses anciens camarades. Constat qui devient d’autant plus blessant lorsqu’elle se retrouve face à David, qu’elle a humilié dix ans plus tôt. Car le geek boutonneux de ses souvenirs s’est transformé en un chef d’entreprise charismatique. Alors, quand ce dernier lui propose de devenir son assistante, Marie hésite : doit-elle céder à la tentation de revoir David ou bien faire preuve de prudence et éviter cet homme qui a toutes les raisons de lui en vouloir ?

 

Mon avis :

Le Plaisir de te détester, c’est l’histoire de Marie, une jeune femme presque trentenaire, sans boulot ni mari qui vit en colocation avec un courant d’air et qui partage ses confidences avec Mel, sa meilleure amie. A l’occasion d’une réunion d’anciens élèves, la jeune femme renoue avec David, son ex du lycée… Mais au lieu du jeune homme insignifiant de l’époque, Marie retrouve un homme sexy et sûr de lui, patron de son entreprise qui lui offre le job dont elle a besoin pour se remettre à flot. Persuadée que cette proposition cache en réalité une vengeance déguisée, Marie accepte à contre coeur… S’engage alors un duel aussi comique qu’émouvant.

A partir d’un scénario simple et banal, Émilie Million construit une histoire pleine de modernité, proche de la comédie sentimentale burlesque pour notre plus grand plaisir.
Son personnage principal, Marie, est drôle de maladresse, touchante de naïveté et surtout attachante de spontanéité. Elle nous convainc que son récit est singulier par l’intensité des émotions qu’elle y projette et c’est là toute la force de ce roman : transformer une histoire complètement ordinaire en un moment sympathique et prenant qui se lit facilement.
Le style est jeune, dynamique ; il se rapproche du langage parlé pour créer une atmosphère pétillante quelques soient les circonstances.

Mon bémol réside dans le manque d’originalité du scénario ainsi que dans la construction des personnages secondaires qui répondent un peu trop, à mon goût, aux stéréotypes que l’on rencontre habituellement dans ce genre de romances.

Le Plaisir de te détester reste quand même, pour moi, une lecture agréable, un moment de divertissement que j’ai envie de partager 😉

Marquer les ombres de Veronica Roth

Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

Avec Marquer les Ombres, la nouvelle saga dystopique de Veronica Roth, le lecteur plonge dans une histoire où la science fiction rencontre la fantasy pour retracer les rivalités de deux ethnies qui se disputent une seule et même planète au sein d’une coalition interstellaire.
Le récit est conduit par deux jeunes héros assez emblématiques de leur peuple. L’un, Akos, représente les Thuvésits, ces êtres aux coutumes et aux traditions évoluées qui dominent la planète Thuvé en respectant les codes et les lois de l’Assemblée des neuf planètes. L’autre, Cyra, est la fille du chef des Shotets, ces pirates un peu barbares, rejetés de tous qui n’ont survécu jusqu’alors que par débrouillardise et force de caractère.
Si tous reconnaissent les « dons » engendrés par la présence du ruban-flux, sorte de flux énergétique qui anime les êtres de capacités aussi uniques qu’extraordinaires, la proclamation des destins de certains enfants divise cependant les deux peuples. En kidnappant Akos et son frère, la famille régnante Shotet pense ainsi prendre l’avantage sur ses rivaux car l’un d’entre eux sera le prochain Oracle. Le posséder, c’est connaître l’avenir et pouvoir le déjouer…
Dans ce contexte délicat, Akos fait la connaissance de Cyra. Ennemis au premier regard, les deux adolescents vont pourtant tisser des liens qui les changeront à jamais… Et pendant que l’un apprendra à devenir un combattant hors paire, l’autre ouvrira son coeur pour se libérer de son héritage tant familial que personnel.
Si le récit démarre dans la lenteur en établissant le cadre ainsi que le rôle des personnages, la suite trouve un second souffle lorsque les deux héros se rencontrent pour lutter d’une même voix contre les injustices. La dystopie oscille alors au rythme de la romance en suivant des ficelles bien connues mais néanmoins porteuses. Trahison, manipulations, vengeance, égoïsme, idéalisme… servent de rebondissements à cette saga qui, peu à peu, n’oppose plus les peuples mais bien les membres d’une même famille…
Les personnages de Cyra et d’Akos sont profonds et attachants. La première campe tout d’abord un bourreau aussi insensible qu’implacable de part le don qui l’accable. D’un seul toucher, elle peut infliger la souffrance et la douleur… jusqu’à la mort. Elle se considère comme un monstre et n’hésite pas à surjouer son rôle de fléau dans le royaume de son frère. Le second, quant à lui, incarne la parfaite victime qui cherche à prendre sa revanche… A côté de ce duo tout en contrastes, une pléiade de seconds rôles se dispute la vedette. Et dans ce maelstrom de personnages, certains manquent de cohérence tel que Rizek, le frère de Cyra, jeune despote en quête de pouvoirs et de reconnaissance, qui échange ses mauvais souvenirs contre ceux d’autrui sans pour autant évoluer psychologiquement.
Le style est agréable même s’il manque parfois de relief et qu’il s’enlise ça et là dans des répétitions inutiles.
Alors certes, Marquer les Ombres n’est pas le roman que j’attendais après avoir lu Divergente… Mais le mélange de fantasy et de science fiction, la profondeur des personnages principaux m’a peu à peu convaincue.
Reste à savoir si le prochain tome répondra aux nombreuses questions restées floues dans ce premier opus…

La Loi du Dôme, tome 2 : L’Espoir de Sarah Crossan

Après la destruction du Bosquet, Alina, Quinn, Bea et une poignée de survivants veulent gagner Sequoïa, l’autre enclave résistante et tandis que certains le font en bateau, d’autres choisissent les chemins terrestres, plus dangereux.
Personne ne sait ce qu’ils vont y trouver car Sequoïa est une communauté étrange… Une communauté qui pratique des tests de fertilité, qui impose à ses ressortissants un métier ainsi qu’un partenaire…
Loin du Dôme, affranchis des castes, nos héros devront encore se battre pour conserver leurs libertés élémentaires alors que Ronan, l’espion militaire, n’aura de cesse de les retrouver…
Dehors comme dedans, la situation n’a jamais été aussi explosive.

Second Tome de la Duologie La Loi du Dôme, L’Espoir ponctue avec soin cette dystopie young adult de science fiction.
Dans cet ouvrage, plus que jamais, il est question de survie. Survie sous le Dôme où les émeutes ont conduit le gouvernement à se durcir, quitte à prendre des mesures encore plus restrictives pour démasquer les résistants. Survie dans la communauté de Sequoïa où des règles avilissantes régissent le quotidien. Survie enfin dans le monde extérieur où la faim, le froid et le manque d’oxygène transforme n’importe qui en proie potentielle pour les vagabonds.
D’un point de vue de la trame, le récit se divise en cinq parties : le voyage, le choix, la fuite, le retour et le printemps. Chacune nous immerge dans une aventure aux enjeux puissants où l’instinct et le bon sens guident les prises de décision.

On retrouve bien évidemment, en personnage principal, Alina et ses convictions fortes, qui sera dans ce roman la pierre angulaire de la résistance, mais aussi Quinn et Bea qui rêvent d’une vie meilleure à partager ensemble malgré leur appartenance à des castes différentes. On fait aussi mieux connaissance avec Ronan dont le rôle, parfois ambigu, sera néanmoins essentiel… Et puis, il y a cette myriade de seconds rôles distribués de façon magistrale pour que le tome vive des rebondissements extraordinaires…

Si l’histoire est racontée à quatre voix, c’est pour que le lecteur s’imprègne de chaque univers et de chaque épreuve comme s’il la vivait pleinement.
Le style est accrocheur. Simple mais bigrement efficace.
Le rythme est soutenu tout au long du récit grâce aux rebondissements que connaissent tous nos héros.

Quant à la conclusion, elle est à l’image du titre, porteuse d’espoirs…

J’avais adoré le premier tome, ce deuxième volume est à mon sens tout aussi réussi car les questions de fond restent fortes. Intégrité, convictions, loyauté et sacrifice de soi pour le bien commun sont les valeurs que ce livre défend.
Un beau moment de lecture en compagnie de personnages attachants.