La Loi du Dôme, Tome 1 : La Loi du Dôme de Sarah Crossan

A une époque où l’oxygène est devenu si rare que les hommes sont obligés de vivre sous des dômes, les droits et les libertés de chacun n’ont jamais été autant inégaux.
Dans ce monde, cohabitent des Premium aux privilèges et aux ressources incroyables et des Auxiliaires obligés de se contenter du strict minimum. Alina et Béa sont de ceux-là mais tandis que la première a décidé de rejoindre La Résistance, la seconde, quant à elle, croit encore qu’elle peut changer les choses de l’intérieur en devenant l’une de ses dirigeantes. La jeune fille ne sait pas encore que sous le dôme, il n’y a pas de mérite. Tout est sous le contrôle de la caste supérieure …

Premier tome d’une nouvelle dystopie futuriste, La Loi du Dôme est un récit haletant, raconté à trois voix, qui se décompose en cinq parties distinctes.
Il y a d’abord une présentation du Dôme et de son fonctionnement. Là, par l’intermédiaire de trois acteurs aux objectifs complètement différents (Alina, la résistante / Béa, l’Auxiliaire coopérante / Quinn, le Premium idéaliste), le lecteur apprend les règles de vie de cette étrange société. Il découvre les intérêts et les convictions des personnages principaux. Il perçoit également toute l’injustice de ce système de castes, notamment en compagnie de Béa qui fait tout pour réussir mais qui se voit refuser un poste important sur la seule condition de ses origines.
Puis vient la découverte du monde extérieur au Dôme et du milieu de la Résistance avec Alinéa, surtout, mais aussi avec Béa et Quinn qui deviennent les « partenaires » de la jeune rebelle. Dans cette partie, les révélations vont bon train et nos héros perdent certaines de leurs illusions en même temps qu’ils doivent faire des choix.
Ensuite, vient le temps de connaître un peu mieux La Résistance, son fonctionnement, ses dirigeants et les idées qu’ils défendent.
Avec la partie concernant La Bataille, le scénario prend une dimension plus stratégique. Chacun trouve sa place et le but qu’il poursuit. Nos héros tiennent tous leur rôle quitte à faire des sacrifices.
Enfin, il a Les Cendres, la sombre conclusion de ce premier volume qui dessine les perspectives à venir.
La structure du récit est donc solide sans être véritablement originale mais elle est servie par trois personnages charismatiques absolument attachants, en particulier Quinn, ce jeune homme qui a tout et qui est prêt à y renoncer pour défendre ses idées et sa vision du monde. Les filles, de leur côté, ne sont pas en reste. Elles nous donnent des leçons de courage et de générosité, nous livrent leur faiblesse ainsi que leurs émotions.
Le style du roman est très agréable. Chaque voix possède sa propre personnalité linguistique et son identité philosophique. Il a une vrai tension narrative dans ce récit. On tremble pour nos jeunes héros à chaque fois que l’histoire accélère et que le danger menace.
Vous l’aurez compris, j’ai passé un super moment de lecture en compagnie de la Loi du Dôme et de ses préceptes écologiques si bien que je n’ai qu’un seul conseil à vous donner … Ouvrez-le et plongez dans un univers fort et convaincant.

La première Fois que j’ai été Deux de Archibald Ploom

Nous sommes au début des années 2000, Karen Traban est en Terminale et vit seule avec une mère dépressive. Elle est brillante, musicienne et adore danser mais l’amour n’est jamais au rendez-vous, les garçons de son âge lui semblent sans intérêt. Quand un jeune anglais, Tom, arrive au milieu de l’année scolaire dans sa classe, Karen le prend immédiatement en grippe… Elle ne sait pas encore que ce jeune homme si différent des autres va changer sa vie.

 

Tout d’abord, je tiens à remercier Archibald Ploom qui a eu la confiance et le courage de me confier son roman, ce qui n’est pas forcément chose aisée quand on est jeune auteur.

En ouvrant mon courrier, j’ai été surprise de découvrir une couverture un peu girly mais sobre, qui invite au voyage, tandis que, de son côté, le synopsis évoque plutôt une romance duelle. Et bien La première Fois que j’ai été Deux est un savant mélange de tout cela…

Dans ce roman, le lecteur suit les pas de Karen, jeune fille de dix-sept ans, élevée par une mère dépressive qui a pourtant su lui communiquer sa passion pour la littérature, la philosophie ainsi que la musique des années 60 – 70. A l’abri des remparts qu’elle a érigés avec la somme de ses différences, Karen observe le monde qui l’entoure, celui du début des années 2000, avec maturité et discernement. Elle repousse les garçons tout comme l’amour, évite les fêtes et les débordements en tout genre… soucieuse de ne pas reproduire les erreurs de ses proches. Celles de sa mère, bien sûr, qui s’est retrouvée mère-célibataire du jour au lendemain et qui, depuis, traverse l’existence enveloppée d’un brouillard médicamenteux. Celles de sa meilleure amie ensuite qui collectionne les conquêtes comme pour cultiver ses désillusions…

L’univers de Karen, rassurant de routine, bascule le jour où Tom débarque de son Angleterre natale. Il est si loin de tous les garçons qu’elle a rencontré jusqu’alors… La suite n’est que logique : les deux adolescents reconnaissent en l’autre ce qu’ils cherchent depuis toujours. Leur histoire démarre lentement, dans la subtilité et le romantisme, puis s’accélère quand le jeune homme doit quitter la banlieue parisienne pour regagner sa vie londonienne. Karen l’accompagne, un peu malgré elle, à l’occasion des vacances scolaires sans savoir qu’elle s’apprête à vivre une aventure aussi éphémère qu’incroyable…

Ce récit linéaire, racontée à la première personne du singulier, plonge le lecteur dans la vie et les pensées d’une jeune fille sage mais idéaliste, qui dessine son existence comme un roman d’amour d’une autre époque pour vivre pleinement, sans compromis… la première fois qu’elle a été deux.

Si la structure du scénario souffre parfois de longueurs et manque ça et là d’intensité, elle rebondit cependant avec grâce sur bon nombre de sujets. Histoire, musique, vie amoureuse, société consumériste, politique, religion, philosophie… Karen passe au crible tout ce qu’elle observe et nous livre son analyse très mature de la situation.

Question style, il ne faut surtout pas s’arrêter aux tournures familières des toutes premières pages car l’auteur développe par la suite une plume subtile, très agréable, qui regorgent d’images et de références souvent émouvantes, parfois amusantes mais toujours justes et pertinentes. Les dialogues ont, quant à eux, été ma petite bête noire. Peu naturels et empruntés, j’ai trouvé qu’ils tombaient parfois dans le théâtral. Voire le caricatural.

Malgré ces quelques petites maladresses, j’ai apprécié ce voyage initiatique aux côtés de Karen. J’ai aimé prendre le temps de la découverte amoureuse, analyser le monde à travers les yeux d’une héroïne en décalage avec son époque, réfléchir à l’avenir avec une lucidité et un sang-froid enviable. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est suivre les mots jetés avec une grande élégance sur le papier…

La première Fois que j’ai été deux est une romance un peu vintage qui se déguste sur fond de rock’n roll à la lueur tamisée des bougies.

Ma Vie de (grand et parfait) Génie incompris de Stacey Matson

Arthur est en cinquième et depuis le décès de sa mère, il y a quelques mois, il s’est enfermé dans l’idée qu’il allait devenir, plus tard, un écrivain célèbre qui gagnerait beaucoup d’argent. Obsédé par ce projet, l’adolescent s’inscrit à un concours de nouvelles mais l’inspiration ne vient pas…
Les mois passent, l’échéance approche mais Arthur n’a toujours rien écrit. Ses proches pensent tous qu’il planche d’arrache-pied sur un projet énorme alors qu’en réalité le jeune garçon se débat pour trouver une solution au plus vite…

J’ai découvert la sortie de ce roman en consultant une masse critique Babelio. Aussitôt, le titre, la couverture et le synopsis de ce livre m’ont accrochée. Je me suis dit : « Tiens, voilà un roman jeunesse rigolo ! » et ni une ni deux, lorsque je l’ai aperçu sur l’étagère des nouveautés de la bibliothèque municipale, je me suis jetée dessus !
Si le livre démarre plutôt bien en tenant ses promesses, la suite se gâte… Arthur, le petit héros, reste dans son registre, cultivant son complexe de supériorité à l’excès, s’imaginant une vie qu’il n’aura jamais… Bien qu’autour de lui, ses camarades ainsi que ses professeurs essaient tous à leur manière de lui venir en aide, Arthur s’entête. Il est persuadé qu’il aura une aventure amoureuse avec Kennedy, sa partenaire d’écriture, et qu’il sera un écrivain célèbre ou, à défaut, un acteur célèbre, puisqu’il doit jouer Roméo dans le spectacle de l’école.
Durant les deux cents premières pages, il ne se passe pratiquement rien. Le lecteur assiste, impuissant, aux délires tantôt drôles, tantôt impertinents ou carrément lourds d’Arthur, qui tente de s’illustrer en classe de littérature, à la rédaction du journal du collège ainsi qu’aux répétitions de théâtre. Même si ses interventions sont touchantes et marquent sa profonde détresse, les obsessions d’Arthur finissent par agacer.
Pour pallier la monotonie du texte, l’auteure a choisi de multiplier les genres textuels en faisant cohabiter des lettres, des e-mails, des devoirs de classe ainsi que leurs consignes et leurs corrections, des pages du journal intime d’Arthur, des comptes-rendu de séances de soutien scolaire, des articles écrits pour le journal de l’école et des notes prises pour jouer le personnage de Roméo. Cet ensemble apporte une certaine dynamique qui aurait pu fonctionner s’il y avait eu davantage d’actions.
Les personnages sont soigneusement décrits par leur style littéraire, leur références, leurs arguments ou les conseils qu’ils prodiguent à Arthur. Chacun joue un rôle, qu’il s’agisse de la prof de français qui doucement mais sûrement va l’inciter à évoluer ou bien Kennedy qui va l’obliger à regarder ses erreurs en face ou Robbie, l’ennemi dont il va se rapprocher malgré lui en découvrant qu’ils partagent des problèmes communs…
Le récit se réveille sur la fin en nous apportant une conclusion optimiste car, malgré les apparences, Arthur a changé, il s’est finalement rendu-compte que ses rêves ou les promesses qu’il avait faites pouvaient évoluer pour mieux s’adapter à la réalité.

Au final, j’ai aimé le mélange de texte, le fait que chaque personnage se définisse par son style littéraire ; en revanche, je me suis profondément ennuyée… et je n’ai pas treize ans !
Ma Vie de Génie incompris est donc un roman intéressant d’un point de vue de l’analyse littéraire mais je doute qu’il trouve réellement son public parmi les adolescents d’aujourd’hui.

Les Fils du Vent – Livre VI La Fille du Magicien de Aurélie Chateaux-Martin

Khamsin a réussi l’impossible, il a déplacé Al Jadida au cœur du désert et sauvé la ville tout entière des envahisseurs qui se préparaient à l’assaillir… Alors qu’il s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire, émergent des souvenirs. Son passé lointain, par lambeaux, se révèle à lui, par le biais de son oncle, Gwalarn, décidé à faire la paix avec son passé et à reconstituer enfin la véritable histoire de sa sœur, la mère de Khamsin, Alizée, fille d’Esalf.

Ymelda, née Alizée, a grandi à Suly, au sein de l’Ecole Salâam, comme chaque magicien de sa génération. Protégée par le Doyen, Amalf, ignorée par son père qui ne sait pas qu’elle existe, elle ne s’en sent pas moins différente des autres enfants. Bien qu’elle ne sache pas qui elle est, bien qu’elle ignore sa véritable nature d’enfant des fées, la jeune fille découvre en grandissant son héritage, un héritage fait de pulsions et de passions. A Salâam, l’amour est défendu, la sexualité, un crime grave. Ymelda saura-t-elle résister aux désirs qui couvent en elle ?

Obstinée et persévérante, la jeune fille n’aura de cesse que de comprendre ses origines et de découvrir son père. Mais saura-t-elle lutter contre les lois d’un Ordre rigide qui l’empêche de rencontrer le jeune Esalf ? Pourra-t-elle en apprendre plus sur qui elle est vraiment ? Aura-t-elle un jour la possibilité d’exprimer son potentiel, qu’à l’Ecole on brime en refusant de la laisser explorer les arcanes cachées de la Magie ?

Peut-être… si elle parvient à passer au-dessus de l’immense fascination qu’elle éprouve pour Iros, ce jeune étudiant un peu plus âgé qu’elle, qu’elle ne parvient à aborder tant elle se sent timide et captivée en sa présence… Pourtant… pourtant quelque chose lui dit qu’il est la clef de son futur. Aura-t-elle le courage d’aller le trouver, et de le supplier de lui révéler ses secrets ? Mais qui se cache, au fond, derrière ce jeune homme aussi humble que réservé ? Plus qu’il n’y paraît, elle en est persuadée…

 

Avec ce Tome 6 de Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin poursuit sa saga fantasy érotique à Al Jadida avec Khamsin. Nous retrouvons ce héros au prise avec la Coalition qui ne supporte pas de voir émerger une cité qui accueille ceux qui ont le Don afin de les former mais aussi où le droit des femmes s’exerce pleinement. Après avoir déplacer la ville dans le désert, Khamsin cherche des alliés. D’abord dans les Terres orientales, puis à Suly où bon nombre de magiciens ayant soutenu Iros, son père, se joignent à lui. Et tandis que la guerre fait rage, le Fils du Désert fait la connaissance de son oncle, Gwalarn, qui lui révèle l’histoire de sa mère.

A travers les pages du journal intime de ce dernier qui a enquêté auprès des proches de sa sœur, le lecteur remonte le temps et découvre Alizée, fille ainée de Esalf, enfant arrachée à sa mère pour rejoindre l’école de magie et l’Ordre dont elle ne souffre les règles, trop rigides.

Avec elle, l’histoire revient sur la jeunesse de certains personnages tels que Zephir, Esalf, Gwalarn et Iros mais aussi sur le fonctionnement de l’École de Magie de Salâam. Le lecteur y suit la progression d’une jeune fille rebelle, qui transgresse et manipule afin d’évoluer plus vite que de coutume, tant au niveau de la magie que du côté de la sensualité et de la découverte du plaisir.

Ce 6e tome est, à mon sens, le plus réussi de la saga. Le lecteur navigue entre magie et érotisme, entre guerre et compromis. La bataille est partout. Les sacrifices aussi. Dans le désert, aux côtés de Khamsin qui lutte pour défendre ses idées ainsi que les siens, mais aussi à Suly, dans le coeur d’Alizée.

La psychologie des personnages est toujours au centre du roman.

Personnellement, j’ai aimé entrer dans l’école de Salâam, suivre le parcours d’Alizée, participer à la naissance du projet d’Iros. J’ai apprécié également me battre parmi les Djinns et contre les Mages noirs afin de défendre des convictions. J’ai moins aimé, en revanche, la précocité d’Alizée et l’absence de romance dans le début de l’histoire. Même si je comprends les choix de l’auteure et la dimension dramatique qu’elle a tissée tout au long du récit, j’aurais voulu vivre un premier amour plus emprunt d’espoir, de rêve et d’absolu… Idéologies propre à cet âge.

La Fille du Magicien est un roman agréable à lire par sa fluidité. C’est aussi un récit prenant car Alizée entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Ce 6e opus de Les fils du Vent est donc un roman que je vous conseille, surtout si vous aimez les héroïnes fortes et convaincues. Le texte est cohérent et bien amené. La tension narrative vous fait tourner les pages à une vitesse incroyable.

A découvrir si ce n’est pas déjà fait 😉 !

L’Oiseau des Neiges de Tracy Rees

Retrouvée nue, dans la neige, par Aurélia, la fille de grands propriétaires bourgeois de l’Angleterre victorienne alors qu’elle n’était qu’un tout petit bébé, Amy Snow a grandi dans l’ombre d’une cuisine sans savoir quoi faire de sa vie. Son amitié avec Aurélia l’a protégée un temps de la méchanceté du maître et de la maîtresse de maison, mais maintenant que son amie est décédée suite à une insuffisance cardiaque, Amy doit désormais quitter le manoir pour suivre son propre chemin… Ou plutôt celui qu’Aurélia lui a réservé en organisant une chasse au trésor qui, de lettres en lettres, va conduire la jeune fille sur les traces d’un terrible secret…

L’Oiseau des Neiges ne correspond en rien aux lectures que j’ai l’habitude de dévorer. Ici pas de meurtre ni de régime politique à combattre, juste un parcours initiatique qui entraîne le lecteur dans l’univers mondain de l’époque victorienne anglaise.
A travers ce roman, nous suivons donc Amy, jeune fille de dix-sept ans, orpheline, obligée de quitter sa vie ainsi que « sa demeure » au moment où elle est le plus fragile, au décès de son amie et confidente, Aurélia. Ce début est marqué par le chagrin mais également par la découverte de la chasse au trésor organisée par la défunte qui permet à Amy de surmonter son deuil pour aller de l’avant. A mesure que les étapes se succèdent, Amy évolue. Elle se rend compte que les rêves qu’elle avait jusqu’alors poursuivis n’étaient pas les siens. D’abord confrontée à une famille aimante, Amy apprend à s’estimer pour ce qu’elle est, à mieux se connaître en même temps qu’elle découvre des pans de la vie d’Aurélia qu’elle ne soupçonnait pas. Introduite dans le cercle de la très grande bourgeoisie, Amy apprend ensuite l’indépendance et le discernement tandis que les événements mondains la transforment en femme forte et affirmée. Enfin, Amy rencontre l’amour et son désir de terminer sa quête sur les traces d’Aurélia devient irrépressible… Mais peut-elle seulement abandonner la partie sans connaître le tout dernier secret de son amie ?

Écrit à la première personne du singulier, le roman nous bouleverse par la force des émotions qu’Amy partage avec nous.
Le style claire, travaillé sans pour autant être lourd, est séduisant et contribue à nous plonger dans l’ambiance victorienne.
Les personnages qu’ils soient masculins ou féminins sont tous parfaits dans leur rôle. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié la vieille Mrs Riverthorpe et ses sarcasmes plein de sens ainsi que le mystère qui entoure Mr Garland.
D’un point de vue structurel, j’aurais préféré que le livre soit davantage rythmée par les énigmes. Que le challenge annoncé au départ entraîne l’héroïne vers un suspense plus intense. L’auteure a choisi, elle, de dépeindre l’évolution psychologique de son personnage au détriment de la tension et c’est un choix que je respecte même si, par moment, j’ai trouvé que l’histoire manquait de rebondissements et de surprises.

Au final, L’Oiseau des Neiges tient plus, pour l’héroïne, du chemin de croix que de l’aventure mais c’est un chemin qu’il est plaisant de suivre aux côtés de cette jeune fille fragile, timide et respectueuse qui devient sous nos yeux la femme presque moderne et déterminée à réussir sa vie malgré son handicap de départ.
Un livre un peu classique à mon goût mais qui regorge de sentiments et de romantisme.

Le Dérobeur d’Âmes de Kristin et Fanelly Andrews

Dans une vie future, la Terre est sous l’influence d’une société secrète qui a infiltré la plupart des institutions. Son leader est prêt à tout pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.
Quand Agathe a créé son blog, elle ne s’imaginait pas qu’elle deviendrait leur centre d’intérêt. Travaillant dans l’armée de terre, elle commet une grave erreur en piratant le site des Renseignements Généraux. Elle n’a pas d’autre choix que d’intégrer la DCRG. Elle ignore que sa vie va prendre une toute nouvelle direction, là où elle ne s’attendait pas à trouver des réponses.
C’est au moment de sa rencontre avec Victor, revenu en France pour se venger de son père, que son pire cauchemar refait surface. Serait-ce le fruit de son imagination ? Elle va mener l’enquête en parallèle, car de nombreux cadavres sont découverts. L’humanité serait-elle victime d’une nouvelle épidémie, ou tout simplement d’un sérial killer d’un nouveau genre ?
Agathe et Victor sont la clé. Ils vont devoir s’associer et découvrir comment et pourquoi ils sont liés, au point que leur mission va bouleverser leurs croyances sur les origines de la vie.

Tout comme Yannick du blog prose-café (http://www.prose-cafe.fr/leblog/) avec qui j’effectue cette lecture commune, je tiens à remercier les auteures qui ont la gentillesse de nous confier leur « bébé ». Ce qui n’est pas toujours une chose très aisée.

Avec le Dérobeur d’Âmes, Kristin et Fanelly Andrews entraînent le lecteur dans une dystopie mêlant science fiction et fantastique. L’intrigue, racontée à deux voix, explore plusieurs genres. Si la trame principale de l’histoire appartient au roman policier avec une enquête, une récolte d’indices et une confrontation, la romance et le thriller s’invitent également à la fête pour apporter leur sel.

Avec la voix d’Agathe, une jeune fille de 25 ans, ex-militaire, hackeuse à ses heures et surtout membre de la DGSE, on plonge directement dans l’action. Kidnappée par les hommes de Patrick Connor, l’illustre magnat des affaires, parce qu’il pense qu’elle lui a volé des informations classées top secret, la jeune détective découvre les prémices d’un complot. Quand elle parvient à s’enfuir, son employeur la place aussitôt sur l’enquête destinée à relier une série de meurtres aussi étranges qu’inexpliqués au richissime homme d’affaires. Intriguée par les données qu’elle a déjà collectées, qui font écho à son histoire personnelle, Agathe s’investit corps et âme dans son investigation jusqu’à infiltrer la secte satanique de sa cible sans savoir qu’elle est sur le point de faire de fameuses découvertes sur son passé ainsi que sur ses étranges capacités de précognition.

Avec Victor, le fils de Patrick Connor, l’histoire prend des allures de règlement de compte car ce dernier, brimé par un père intransigeant et manipulateur, veut désespérément sa revanche. Il s’est fixé un but ultime, faire tomber son géniteur du pied d’estale qu’il s’est construit. Appartenant à une organisation secrète nommée La Légion, qui souhaite soupçonne l’homme d’affaires de tremper dans un complot de grande envergure, le jeune est chargé de récolté des preuves à charge. Son chemin croisa celui d’Agathe qu’il devra initier et protéger.

L’histoire d’amour, en dents de scie, complète intelligemment le scénario, apportant la touche de tendresse ou de tension nécessaire à faire rebondir une enquête qui piétine.

La tension narrative est omniprésente. Le déroulé est fluide et cohérent. Les touches de fantastique, même si elles arrivent un peu tard, sont l’élément singulier du roman.

La psychologie des personnages est forte. L’héroïne, au comportement tantôt masculin, tantôt fragile et mal assurée, m’a immédiatement séduite. Le personnage de Victor, quant à lui, s’apprécie dans la durée.

Mon bémol réside dans le style que j’ai trouvé très fluide lors de la narration discours mais peu naturelle et exagérée dans les phases de dialogues.

Au final, Le Dérobeur d’Âmes est un livre qui se lit vite car l’histoire appelle à la suite. Son côté thriller parsemé de romance m’a complètement convaincue. Les indices sont distillés tout au long du récit et les personnages sont assez attachants. Cependant, je pense que l’univers ainsi que les thèmes abordés séduiront davantage un public plutôt adulte qu’adolescent.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Ils sont une poignée d’enfants et d’adolescents à vivre dans ce manoir désuet. Ils y ont été emmenés de force car ils sont Déficients, atteints par un virus incurable.
Personne ne connaît les conséquences de cette maladie hormis le fait que lorsque les premiers symptômes apparaissent, les patients sont emmenés, la nuit, au troisième étage du manoir, au Sanatorium… d’où personne ne revient jamais.
Toby est le chef du dortoir n°4. Depuis son incarcération, il vit comme une ombre, ne s’autorisant aucune amitié, aucun plaisir, aucun rêve. A quoi bon ? Il va bientôt mourir…
L’arrivée de Clara, une nouvelle patiente, va cependant tout bouleverser…

Sarah Pinborough nous revient avec cette romance young adult qui flirte avec le drame en mettant en scène un adolescent, Toby, qui a renoncé à vivre sous prétexte qu’il va bientôt mourir.
Préférant la solitude de la nuit, le garçon rythme ses journées pour s’isoler de ses pairs. Il ne veut plus souffrir. Il a déjà donné en renonçant à sa vie d’avant… Quand Clara fait irruption dans son univers calfeutré, Toby se rebelle avant de se laisser amadouer par la belle qui déborde de joie mais aussi de vie. Ensemble, ils expérimentent l’Amour avant de nourrir des projets d’évasion…

Les personnages sont touchants par le contraste qu’ils nous proposent. Toby incarne le solitaire qui a renoncé tandis que Clara endosse le rôle de la porteuse d’espoirs. Leur duo fait des étincelles, bouleverse le quotidien de la maison, éclabousse les seconds rôles qui profitent de ce changement pour commencer eux aussi une nouvelle vie.

La structure du récit est nette. Elle correspond à celle de la romance qui chemine entre le doute et l’euphorie depuis la rencontre jusqu’au dénouement final.
Le thème des premiers amours est ici traité avec sincérité et générosité.

Personnellement, même si j’ai apprécié ce roman, j’aurais aimé qu’il nous éclaire davantage sur la maladie et ses conséquences ainsi que sur le rôle du Sanatorium dans la vie et la mort des patients.
Dès le début du livre, cette pièce secrète fait l’objet de tous les questionnements alors on ne peut s’empêcher de se demander ce qui s’y passe, voire d’échafauder des hypothèses quant à la suite du récit… Cependant, à mesure que les pages se tournent, le lecteur comprend que cette question n’est plus centrale, comme si l’auteure avait changé de scénario en cours de route pour ne plus se concentrer que sur la romance et la dimension humaine de la mise à l’épreuve qu’elle a souhaité privilégier.

La Maison des Morts est un livre convaincant du point de vue de la romance et touchant dans les relations qu’il construit mais il manque pour moi d’intensité.
Le thème de la maladie et du Sanatorium étaient vraiment porteurs, ils auraient amené le frisson que j’attendais, la surprise qui m’aurait conduite vers le coup de coeur…
Je ne suis pourtant pas déçue car, au final, La Maison des Morts est une belle histoire d’amour que je recommande à toutes les âmes sensibles, à la recherche d’éternité.

The New Order de Chris Weitz

Après avoir échappé au Vieillard et à ses expériences sur l’île, Jefferson, Donna et leurs compagnons sont capturés par des militaires qui les conduisent sur un navire de guerre. Emprisonnés et interrogés sur les événements qu’ils ont vécus, ils passent des journées de solitude avant d’être contactés par une organisations secrète qui se dit prête à les aider… Mais l’évasion programmée tourne mal. Et tandis que Jefferson regagne le continent pour sauver les survivants, Donna est conduite en Grande-Bretagne pour être vendue au gouvernement anglais.
Chacun de leur côté, les héros iront de découvertes en découvertes, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Entre manipulations politiques et intérêts personnels, l’avenir de l’humanité est en jeu…

Dès le début de ce second tome, le ton est donné : nos héros, Jefferson et Donna sont en danger. Désormais, ils ne doivent plus survivre physiquement dans une société devenue jungle et chaos mais tenter de préserver leurs idéaux. Et tandis que Jefferson se lance dans un nouveau combat espérant sauver le peu d’humanité qu’il reste sur le continent américain grâce à son sang, Donna, elle, lutte pour conserver ses libertés fondamentales.
Avec la voix de Jefferson, l’auteur explore le domaine politique et idéologique. Il cherche à nous faire réfléchir sur les différents modèles de société qui existent ainsi que sur les stratégies de communication pour rallier un groupe à sa cause.
En donnant la parole à Donna, Chris Weitz cherche à nous expliquer ce que serait le monde, de son point de vue, si la super puissance américaines venait à disparaître. Il nous propose un modèle où les libertés individuelles seraient bafouées, un monde dans lequel certains états profiteraient de l’aubaine pour s’emparer du pouvoir, une société où les enjeux économiques, après avoir été bouleversés, redistribueraient les cartes.
Dans ce roman, l’auteur utilise aussi la voix de Peter pour explorer la piste religieuse dans ce monde sans cadre ; il fait également revivre l’un des personnages que l’on croyait mort pour nous replonger dans une situation de survie pure, motivée par l’instinct mais aussi la vengeance…

En lisant The new Order, le lecteur entre dans un récit complexe tant au niveau des concepts que de l’intrigue. Les rôles sont constamment inversés et les acquis s’effondrent.
La fin reste ouverte, floue, si bien que l’on peut tout imaginer…
Le récit bien que passionnant comporte des passages peu adaptés au niveau de lecture du public visé, les adolescents, mais qui, pour ma part, m’ont complètement séduite.
Sans être véritablement engagée, cette œuvre a le mérite de nous proposer une réelle réflexion sur le fonctionnement de notre monde et vaut le coup d’être découverte non seulement pour son style tantôt subtile, tantôt acide, mais aussi et surtout pour les idées qu’elle développe.

Un Palais d’Épines et de Roses, Tome 1 : Un Palais d’Épines et de Roses de Sarah J. Maas

Issue d’une famille bourgeoise ruinée, la jeune Feyre est obligée de chasser pour nourrir les siens. Au cours de l’une de ses expéditions en forêt, l’adolescente tombe sur un énorme loup. Se sentant menacée, elle décoche une flèche qui assassine non une bête, mais un Grand Fae, ces êtres immortels qui vivent de l’autre côté du mur, dans le royaume de Prythian, et qui vouent une haine féroce aux humains. A son retour chez elle, Feyre reçoit la visite impromptue d’un autre Grand Fae aux allures de monstre qui réclame dédommagement pour le crime commis. Une vie contre une vie…
Feyre est emmenée de force au royaume des immortels, elle appartient désormais au Seigneur de la cour du Printemps qui peut disposer d’elle comme il l’entend. Mais la jeune fille, loin de désespérer, se promet de trouver vaille que vaille le moyen de rentrer chez elle…

Séduite par le titre et la magnifique couverture de ce roman, j’ai ouvert les pages d’Un Palais d’Épines et de Roses sans vraiment savoir à quoi m’attendre…
Si le début du livre pose les bases de la vie de Feyre, le récit prend très vite des allures de conte revisité dès lors que la jeune fille franchit la frontière du royaume de Prythian. Car Feyre est prisonnière d’une cage dorée telle une Belle contrainte de vivre aux côtés d’une Bête… A l’image du célèbre conte, l’héroïne déteste son ravisseur, Tamlin, avant d’être troublée par son raffinement et sa bonté. Elle tombe, elle aussi, amoureuse de son geôlier au moment même où, pour la protéger, celui-ci la chasse de ses terres. Dès lors, Feyre nourrira une nouvelle obsession : délivrer son Prince de la malédiction qui le ronge. Et, contre l’avis général, la Belle retournera parmi les immortels où elle découvrira que son amour a été fait prisonnier par la Dame de la Montagne, seule responsable du Mal qui décime le royaume de Pythrian. Alors, n’écoutant que son courage et son amour, la jeune fille décidera de s’engager dans un combat plus qu’inégal en défiant la Dame. Car pour sauver Tamlin, elle est prête à tout. Entre épreuves et stratégies, Feyre devra faire fi du danger, mettre de côté ses convictions et oublier jusqu’à ce qu’elle ressent. Prise dans un jeu de dupe, la jeune fille sera même prête à vendre son âme…

En commençant ce premier tome, j’ai de suite été captivée par l’univers fantasy un peu moyenâgeux du roman mais aussi par le caractère rebelle et froid de l’héroïne. L’arrivée de Feyre au royaume de Pythrian m’a ouvert les portes du conte mais en tournant les pages, la magie s’est vite arrêtée. Et malgré les efforts de l’héroïne pour conquérir sa liberté, je me suis ennuyée… jusqu’à ce que la Belle revienne sauver sa Bête pour plonger le récit dans un nouveau genre, celui de la quête de la levée de la malédiction. Dans cette partie, le romantisme cède sa place à la rancœur, à la vengeance ainsi qu’à la lutte, avant d’utiliser le compromis qui atteindra son paroxysme lorsqu’il s’agira de sacrifice. Les ruses auxquelles l’héroïne doit faire face sont nombreuses et palpitantes. Le décor et l’ambiance du livre deviennent aussi sombres que le coeur de Feyre qui se perd en alliances trompeuses mais nécessaires.

Les personnages sont tous captivants, pleins de subtilité avec leurs facettes multiples. Personnellement, j’ai eu un gros faible pour Rhysand dont l’ironie et les manières allègent sur la fin la dimension tragique des épreuves. J’ai regretté cependant que celui de Tamlin repose trop sur celui de la Bête.

Le style de l’auteure est impeccable, plaisant et riche.

Au final ce premier volet a failli ne pas me convaincre avec son entrée en matière vraiment trop lente (il faut attendre les deux-tiers du récit pour qu’il se passe enfin quelque chose d’original). Le dernier tiers a rattrapé mon attention grâce à la dynamique des épreuves et à la naissance de la relation entre Feyre et Rhysand.
J’ai maintenant hâte de savoir ce que le second tome nous réserve…
Pour les lecteurs patients !