Effacée, Tome 2 : Fracturée de Teri Terry

Kyla n’est décidément pas une Effacée comme les autres. Depuis que Wayne l’a agressée et qu’elle s’est défendue en le laissant pour mort, la jeune fille sait que quelque chose cloche avec son Nivo, qu’il ne fonctionne plus. Les Effacés sont incapables de violence…
Dans le même temps, les souvenirs de Kyla affluent, lui révélant des bribes de son ancienne identité. Mais, là encore, l’adolescente ne comprends pas. Est-elle Lucy, l’enfant arrachée à son père ou bien Ondée, l’activiste des TAG, ces révolutionnaires terroristes ? Et tandis qu’elle tente de démêler la vérité, Nico lui confie des missions, les Lorders surveillent le moindre de ses gestes et Ben réapparaît mystérieusement.
Dans ce dédale de pistes et d’actions, des fantômes resurgissent du passé pour dévoiler des pans de la vraie personnalité de la jeune fille.
Dans ce tome, les masques tombent et la vérité éclate. Les alliés et les ennemis se découvrent…

Tandis que le précédent tome m’avait laissée perplexe, celui-ci, en revanche, m’a littéralement séduite.
Dans Fracturée, Kyla n’est plus cette Effacée passive, portée par les événements, mais une jeune fille déterminée à retrouver Ben, son amour disparu, et bien sûr à enquêter sur son passé.
Dans ce tome, les révélations vont bon train et beaucoup de questions qui étaient restées en suspend sont désormais résolues, même s’il reste encore une couche de mystère pour préparer le troisième et dernier volet de cette saga.
Avec Fracturée, le scénario prend des allures de film d’espionnage. L’héroïne est constamment obligée de décider à qui elle peut faire confiance alors qu’elle ne possède aucun élément tangible. Elle doit également jouer double jeu afin de progresser dans cette partie tacite qui oppose le gouvernement aux terroristes. Malgré ces précautions, l’adolescente se rend finalement compte qu’elle n’est qu’un pion dans une bataille politique qu’elle ne maîtrise pas et qui la met dans des situations particulièrement compliquées. Dans ce jeu, Kyla se retrouve souvent seule et c’est bien dans cette solitude qu’elle va trouver les indices qui lui manquent pour résoudre ce puzzle psychologique. Car Fracturée porte bien son nom ; c’est l’histoire d’une héroïne à la personnalité complexe parce que dissociée… Qui l’emportera ? Seul le troisième tome pourra répondre à cette question.
En tous les cas, Fracturée est bien le second tome que j’attendais. Plein de suspens et d’aveux… Les rebondissements sont justes. Kyla est mise sous pression par bien des aspects. Quant au récit, il prend davantage de profondeur.
Le style de l’auteure, fluide et simple, correspond tout à fait à ce que l’on peut attendre d’un roman Young Adult.
Avec ce volume, Teri Terry réalise l’exploit de me réconcilier avec l’histoire. Fracturée est une dystopie bien construite qui promet une fin extraordinaire.

Tout pour plaire de Ingrid Desjours

Déborah et David coulent des jours heureux. Lui est une sorte de gourou, coach en développement personnel, qui court les meetings. Une chose est certaine, David ne laisse personne indifférent. Adulé par certains, il est aussi accusé par d’autres d’être un pervers narcissique maltraitant sa femme. Déborah, elle, est une femme d’une très grande beauté, douce et réservée, qui a tout abandonné pour se consacrer à son mari. Ensemble, ils vivent un bonheur parfait jusqu’au jour où Nicolas, le frère de David, ce prétentieux à la vie dissolue, débarque avec sa fille en clamant que sa femme a disparu… Le bel édifice que Déborah et David avaient réussi à construire va alors voler en éclats ainsi que leurs vies… sous les yeux impuissants de l’inspecteur Sacha Mendel qui n’aura pourtant de cesse de traquer LA vérité.

J’avais découvert Ingrid Desjours avec Kaleb, cette trilogie fantastique envoûtante et originale qui m’avait convaincue par la force de ses personnages ainsi que par la structure de son scénario, impeccable.
Avec Tout pour Plaire, l’auteure nous embarque dans une histoire étrange, à la limite du récit de vie. On y côtoie des personnages bien campés, à la psychologie marquée, qui vont tour à tour jouer le rôle de victime, bourreau et sauveur.
Immergé dans un récit en six actes, le lecteur est très vite noyé par les informations diverses qu’il reçoit et par la singularité de la narration, externe et omnisciente mais infiniment cachottière, qui passe certains éléments volontairement sous silence afin de préserver le mystère mais qui ne parvient qu’à nous embrouiller. Pourtant, les faits sont présentés de façon linéaire, en respectant l’avancée de l’enquête mais cela ne fonctionne pas, en tout cas pour moi.
Car si j’ai aimé suivre Sacha Mendel dans la résolution de son investigation, je n’ai pas apprécié en revanche partager le quotidien de la famille Pennac, peuplé de manipulations et de luttes de pouvoir. J’ai trouvé ces parties du récit fades et surtout peu fiables dans la mesure où le narrateur nous ballade en fonction du suspens qu’il souhaite ménager.
Je n’ai pas non plus adhéré au style de l’auteure qui tombe parfois dans le vulgaire et l’obscène dans le seul but de nous choquer ou peut-être de contraster avec la fragilité de la victime.
Je n’ai pas aimé enfin la structure du récit, basée plus sur le drame que sur le thriller.
J’aime être manipulée par un auteur qui joue avec mes nerfs et fait monter la pression. Avec Tout pour Plaire, ce plaisir n’a duré qu’une soixantaine de pages, perdues au milieu du roman…
Dommage, il y avait là pourtant matière à écrire un très bon polar.

Aussi libres qu’un rêve de Manon Fargetton

Soeurs jumelles nées dans une société où l’avenir des citoyens est basé sur les dates de naissance, Minöa et Silnëi savent déjà qu’elles auront des destinées très différentes. La première, native du mois de Décembre, consacrera sa vie à trier des algues tandis que la seconde, née au mois de Janvier, aura la chance de devenir actrice et d’évoluer dans les hautes sphères de la société. Mais loin de se sentir privilégiée, Silnëa voit son avenir comme un calvaire ; la jeune fille rêve en secret de grands paysages, de mer agitée et de liberté. De son côté, Minöa souhaite épouser une vie d’artiste, loin des bateaux qu’elle déteste tant. Le hasard d’une rencontre mettra l’adolescente sur le chemin de Kléano, ce jeune rebelle de Novembre qui a monté son propre groupe de rock, en cachette… Ensemble, ils n’auront de cesse de revendiquer leurs libertés. Ensemble, ils se battront afin de faire tomber la dictature qui les asservit.

Avec ce mini-roman d’environ 160 pages, Manon Fargetton entraîne ses lecteurs dans une dystopie originale, bâtie comme un thriller.
Dès les premières pages le ton est donné, l’aventure commence… Avec les sœurs jumelles tout d’abord, puis en compagnie des garçons Kléano et Nériss, que tout oppose et qui, pourtant, partagent une histoire commune, celle d’enfants échangés à la naissance. Et c’est sur cette révélation que toute l’intrigue de la rébellion va se baser, apportant une légitimité à ce mouvement de contestation.
Les contours de la société ainsi que l’univers choisi par l’auteure sont forts et cohérents en plus d’être convaincants et originaux.
Les personnages, dont les destins s’emmêlent, sont tous habilement taillés. Ils concernent en premier lieu les enfants, initiateurs du mouvement libertaire, mais aussi les adultes qui, au fil du récit, vont revendiquer leurs places sur le devant de la scène.
Le style est intense ; il confère au texte une certaine tension, captivante. Le seul bémol, pour moi, le léger manque d’émotions qui aurait permis au livre de s’envoler au dessus des étoiles.

Aussi libres qu’un rêve m’a complètement séduite par la problématique de fond qu’elle relaie, le suspens ménagé par un scénario très bien construit et l’intensité du style. Ce livre est un coup de coeur qui aurait pu devenir un réel coup de foudre si Manon Fargetton avait exploité davantage les émotions et la sensibilité de ses personnages.

Effacée de Teri Terry

Kyla se réveille à l’hôpital après avoir été effacée. C’est ce qui arrive aux mineurs qui n’ont pas réussi à rester dans le droit chemin ; on leur offre une nouvelle vie, dénuée de tous souvenirs de la précédente. Mais Kyla est différente. Elle fait des rêves étranges, connaît des choses qu’elle devrait ignorer, apprend à une vitesse peu commune mais, surtout, possède des restes de personnalité qu’elle doit absolument tenter de masquer.
Adoptée par un couple dont la femme n’est autre que la fille du fondateur de cette société, Kyla, seize ans, fait ses débuts dans cette nouvelle vie. Pourtant une question continue de l’obséder : qui était -elle avant ces événements ? C’est ce que l’adolescente va essayer de découvrir aux mépris du danger…
Effacée dessine l’introduction d’une dystopie young adult en trois tomes qui flirte avec la science fiction ainsi que la politique.
L’histoire est racontée par Kyla, une jeune fille de seize qui vient d’être effacée mais qui est sur le point de retrouver la douceur d’un foyer. En se faisant adopter, l’adolescente va, dans un premier temps, devoir apprendre aux côtés de sa nouvelle famille et en particulier de sa mère, une femme qui semble agressive et peu maternelle, à vivre dans cet univers étranger. Au fur et à mesure que les pages se tournent, Kyla découvre que ce n’est pas d’elle qu’elle devra se méfier mais bien de son père, personnage énigmatique dont ne sait que très peu de choses. Et puis il y a Amy, cette soeur elle aussi effacée mais qui parait bien plus disposée à jouer les termes du contrat qu’on a prévu pour elle. Parmi eux, Kyla se sent comme un cheveux sur la soupe, même si elle fait tous les efforts du monde pour ne rien laisser filtrer. En gagnant leur confiance ainsi que celle du personnel chargé de surveiller son suivi, le jeune fille va acquérir davantage de libertés. Elle va rencontrer Ben dont elle tombera amoureuse mais aussi Mac et Aiden, deux opposants au pouvoir établi qui l’aideront dans sa quête d’identité. Mais plus Kyla creusera à la recherche de la vérité, plus la liste de ses questions s’allongera et plus le mystère concernant son ancienne vie s’épaissira. La seule chose dont Kyla pourra vraiment être certaine, au bout du compte, c’est que le gouvernement leur ment : les effacés ne sont pas seulement constitués de délinquants en devenir. Quant aux terroristes qui sèment le trouble sur leur passage, ils ne valent guère mieux. Ce ne sont que des manipulateurs qui n’hésitent pas à sacrifier la vie d’innocents pour servir leur cause. Au final, Kyla se retrouvera seule et totalement perdue dans cette vie qui ne lui appartient pas.

Si le scénario commence plutôt bien en mettant l’accent dès le départ sur le mystère de la singularité de Kyla, il s’épuise assez vite et se perd dans les méandres des pistes à suivre. Les questions s’accumulent sans que le lecteur ait la moindre amorce de réponse. Même topo question personnages, si bien qu’à la fin du livre, on ne peut déterminer qui est qui et surtout à quel camp chacun appartient.
L’héroïne, Kyla, est un personnage plutôt agréable à suivre. Elle possède une certaine personnalité et fait assez bien vivre l’histoire. Les personnages de la mère et du père sont eux aussi très intéressants car ils apportent la touche de suspens qui donne le relief à ce récit un peu plat. Certes, les actions s’enchaînent mais elles restent très linéaires et d’une certaine façon presque prévisibles jusqu’à l’arrivée de ce nouveau professeur qui perturbe l’équilibre qui était finalement parvenu à s’établir.

Effacée n’est pas le roman que je m’attendais à lire. Je pensais que Kyla embrasserait sa différence pour bousculer l’ordre des choses mais elle est restée sur les sentiers de la logique, enfermée dans sa quête de vérité. Elle n’a pris aucun risque et s’est contentée de se laisser porter par les événements. Dommage car le sujet était porteur et la plume de Teri Terry très agréable.
J’attends maintenant du second tome qu’il réponde aux questions laissées en suspend et surtout plus, beaucoup plus de dynamisme…
A suivre !

Les Fils du Vent – Livre IV Fils du Désert d’Aurélie Chateaux-Martin

A Al Jadida, dans son palais, Khamsin s’ennuie dans la vie qu’il s’est construite avec ses deux femmes qui viennent de donner naissance à deux superbes petites filles. Étouffant dans cette existence trop rangée pour son tempérament, l’Alk Tempoh s’enfuit dans le désert. Là, il découvre ses nouveaux pouvoirs de projection astrale et en profite pour rendre visite à Borée, son amour éternel, qui s’est établie à Naÿl avec ses fils, de l’autre côté du désert, afin de mener à son terme sa formation de druidesse. Cette dernière lui apprend que les Alks Tempohs vont y fonder une nouvelle école qui accueillerait leurs enfants aux pouvoirs si particuliers.

Khamsin, séduit par ce projet, voit là le moyen de donner un objectif sérieux à sa petite vie bien tranquille ; il souhaite lui aussi développer une école près de chez lui, en Orient, berceau de magie où les personnes dotées de dons ne manquent pas, mais dont la différence effraie la société. Il espère par ce biais changer les mentalités des gens de ce pays qui l’accueille mais aussi canaliser la passion qu’il éprouve encore et toujours vis à vis de sa tante…

 

Avec Fils du Désert, quatrième tome de la saga fantasy Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin donne cette fois la parole à Khamsin ainsi qu’à Borée, sa tante, qui entretiennent une relation amoureuse passionnée et secrète, extrêmement culpabilisante. Éloignés l’un de l’autre par l’immensité d’un désert, les deux héros, malgré leurs vies de famille respectives, exploitent leurs pouvoirs de magicien naissants afin de se retrouver dans des étreintes torrides. Mais pour Khamsin, cette relation ne suffit pas ; il souhaiterait voir et toucher réellement Borée. Lorsque la jeune femme lui explique le projet d’ouverture d’école à Naÿl, l’Alk Tempoh adhère aussitôt à cette idée et y voit une occasion de s’investir dans un projet d’envergure mais aussi de canaliser son énergie sexuelle avant de l’exploiter pour retourner dans son pays, près des siens et surtout de Borée.

Dans ce tome, le lecteur découvre l’univers et l’histoire des adultes de cette tribu. Les personnages d’Esalf et d’Elvan, en particulier, nous apportent des éclairages sur le passé ainsi que sur la dimension légendaire et mythologique de la saga, dévoilant certains mystères.

Grâce à l’alternance des textes, correspondance entre membres de la famille, extraits des mémoires d’Esalf ainsi que de la légende de Lancelot du lac et des récits de vie, la saga familiale s’enrichit en proposant une réelle réflexion autour de thèmes très sérieux tels que : l’égalité homme/femme, les différences entre êtres humains, les relations familiales, parentales ou de couple, la place de l’éducation dans le développement individuel que l’on soit enfant ou adulte.

Personnellement, j’ai vraiment apprécié partager ses moments réflexifs qui donnent du corps au texte, mais ce qui m’a réellement séduite, c’est toute la dimension magique et le développement des pouvoirs des personnages qui étaient restés un peu en retrait dans les précédents tomes.

Avec ce quatrième tome, la saga entre avec brio au cœur de la fantasy tout en gardant son identité sensuelle.

Fils du Désert est donc un livre aux multiples facettes, qui évoque le parcours des adultes avec une certaine maturité.

Un grand merci à Aurélie pour sa confiance 😉

The Young World de Chris Weitz

Une maladie a emporté tous les adultes et les enfants, seuls les adolescents ont survécu. Mais leur répit est de courte durée car, arrivés à l’âge de dix-huit ans, la maladie les rattrape et les terrasse à leur tour.
A New-York, les communautés s’organisent en entités rivales ou partenaires. Depuis la mort de son frère, Jeff est devenu le chef de sa tribu. Avec son ami Brainbox, un petit génie, il est persuadé qu’en se documentant un peu, il trouvera le moyen d’endiguer la situation pour sauver ce qu’il reste du monde. Alors, dans le plus grand secret, les deux garçons préparent leur expédition pour la bibliothèque. Donna, Peter et Opaline se joignent tout naturellement à eux. Pourtant, le groupe n’imagine pas encore qu’en sortant de leur communauté, mille dangers les attendent, ainsi que la vérité. Sont-ils seulement prêts à affronter tout cela ?

Un synopsis alléchant a su capturer mon attention et me voilà avec ce roman young adult entre les mains.
Si d’ordinaire les dystopie m’attirent et me captivent d’entrer de jeu, celle-ci a mis plus de temps à m’envoûter. La faute au style brut d’adolescence. Puis la trame du récit s’est installée et, peu à peu, je me suis laissée convaincre par cette histoire racontée à deux voix.
Si jefferson expose ses réflexions philosophiques sur l’ancien ainsi que le nouveau monde, Donna, quant à elle, reste emprunte de nostalgie et multiplie les sarcasmes concernant sa nouvelle situation. Au gré de leur avancée dans ce périple, le couple de héros balaie chacun des aspects de notre société (religion, économie, mode de vie, discrimination, sexualité…) pour constater les effets de leur disparition sur leur quotidien, faisant basculer le roman dans une sorte d’analyse drôle et sincère de notre monde moderne.
Question action, le roman oscille entre langueur exagérée et rebondissements surprenants.
Au final, The Young World ne manque pas d’atouts si l’on sait s’accommoder d’un style plus proche du langage parlé que de la grande littérature.
A lire pour les remarques pertinentes dont ce roman fait preuve sur notre société capitaliste ultra connectée.

La 5e Vague, Tome 3 : La Dernière Étoile de Rick Yancey

Améliorée par le hub, Ringer se voit confier la mission de ramener Evan Walker à Vosh afin que ce dernier comprenne pourquoi le Silencieux est sorti des chemins qui lui étaient tracés en aidant les humains. Et c’est sans état d’âme que l’adolescente s’engage dans sa quête pendant que ses « amis », qui ne se doutent de rien, la cherche obstinément.
Tous n’ont que 4 jours avant que les Autres ne bombardent toutes les villes de la Terre. 4 jours pour mentir, tuer, protéger, survivre et comprendre…

La Dernière Étoile apporte la conclusion à la trilogie Science Fiction de La 5e Vague. Et quel final ! Rick Yancey ne nous a rien épargné. Mensonges, trahison, abus de confiance, vengeance, sacrifice… Ce dernier volet croule sous les rebondissements.
Si certains personnages nous étonnent par leurs décisions, d’autres suivent vaillamment le fil rouge qu’ils ont eux-même tissé depuis le début de cette aventure.
Le récit, mélange de thriller, de romance et de scènes de guerre, nous tient toujours en haleine par la tension que l’auteur installe avec brio, mais aussi par cette narration à plusieurs voix qui apporte un éclairage différent selon qui parle.
Le style m’a certes beaucoup moins touchée que le premier tome car Cassie, mon héroïne phare, joue ici un rôle nettement moins important quoique crucial. Et son ton mi-sarcastique mi-fataliste m’a quelque peu manqué.
La conclusion est étrange, ouverte. personne ne sait vraiment si l’humanité va finalement s’en sortir… Mais le message est clair : nous sommes notre pire ennemi et notre sauveur à la fois. A nous maintenant d’en tirer des leçons et de faire le nécessaire pour pérenniser notre existence.

Merci à Rick Yancey ainsi qu’à tout ceux qui savent tirer les sonnettes d’alarme. Seront-ils entendu ? Rien n’est moins sûr !

U4 : Jules de Carole Trébor

Le monde a été décimé par un virus extrêmement virulent. Seuls les adolescents semblent être immunisés.
A Paris, Jules, 15 ans, tente de survivre dans ce nouveau quotidien, peuplé de dangers et de cadavres. Il nourrit l’espoir fou de remonter le temps afin de changer la situation. Quelqu’un lui a donné rendez-vous, dans un mois et demi, le 24 décembre à minuit, au pied de l’horloge de la citadelle… Avec les autres experts du jeu vidéo Warriors of Time et le maître du jeu, Khronos, Jules est persuadé de pouvoir réussir…

Avec Jules, à Paris, le lecteur suit la construction d’une communauté d’amis, presque une famille, qui s’organise pour survivre, lutte contre les gangs et l’armée qui veulent les asservir pour asseoir leur domination. Parmi eux, Jules, un ado plutôt grassouillet qui se demande quel est son rôle dans ce nouveau monde. Puis il rencontre Alicia, une petite fille de 7 ans, fan de Dora, et l’envie de la protéger devient plus forte que tout, plus forte même que l’envie de restaurer l’humanité comme elle était auparavant, grâce à son statut d’expert dans WOT, le jeu vidéo multi-joueurs.
Ce roman raconte l’histoire de ce héros malgré lui qui, jour près jour, poursuivra son rêve, défendra ses valeurs, embrassera son destin.
Personnellement, même si j’ai aimé suivre le parcours de Jules, j’ai cependant regretté le manque de dynamisme du scénario car Jules souffre de longueurs et les actions décisives sont noyées par le quotidien. Pourtant, il se passe des choses dans ce livre : la survie, l’organisation de la communauté… mais j’aurais aimé que le récit nous entraîne davantage vers la quête des experts de WOT ainsi que dans une enquête sur cette étrange mission. Heureusement, vers la fin du volume, les quatre héros de U4 se rencontrent, partagent un peu de leurs connaissances respectives, avant de se séparer pour suivre chacun leur destin.
Alors, même si Jules ne correspond pas tout à fait à l’image que je m’étais faite de la série, il m’a donné envie de découvrir l’histoire proposée par les autres personnages.

Phobos, tome 3 de Victor Dixen

Sur Mars, les aveux de Marcus s’éventent. Est-il un traître ? Un égoïste ? Seul un procès pourra le définir et choisir la sanction qui le punira. Et tandis que les onze prétendants se répartissent discrètement les rôles pour rendre ce jugement le plus équitable, à l’insu de la Terre, Serena McBee est victime d’un attentat.
Gravement touchée, l’animatrice phare de la chaîne Genesis et vice-présidente des États-Unis est contrainte de s’exiler dans son château d’Écosse afin de mettre toutes les chances de son côté pour son rétablissement. Profitant de cet instant de faiblesse, la Chine et la Russie revendiquent leur souveraineté sur une partie du territoire de la base martienne.
Malgré ces crises, le programme Genesis poursuit la préparation de la saison 2. De nouveaux prétendants ainsi qu’un ticket de retour sont sur le point de rejoindre les pionniers.
Quel sera alors leur choix ? Trouveront-ils la force et la motivation de rester sur cette planète inhospitalière en gardant leurs secrets cachés tout au fond de leur âme ou décideront-ils d’exposer ce qu’ils savent à la face du monde ? A moins qu’ils ne rentrent tout simplement sur Terre pour affronter leurs passés…

Enfin voilà Phobos 3 ! Le livre tant attendu que je n’ai pas pu m’empêcher de dévorer dès sa sortie !
Dans ce troisième opus, le lecteur suit toujours trois groupes de personnes. Les pionniers, prisonniers de Mars ainsi que des mensonges entourant la mission, qui continuent de survivre tout en animant le show. Serena et son nouvel acolyte, Orion Seamus, son garde personnel, aux prises avec le pouvoir politique et médiatique qui doivent faire face à leurs détracteurs. Et enfin Harmony accompagnée d’Andrew, les garants de la survie des prétendants, qui ont bien du mal à échapper aux drones ainsi qu’aux services de sécurité contrôlés par Serena.

Tout au long du récit, le lecteur nage dans un univers à la fois moderne et fort, emprunt de science fiction et de réalisme, qui nous laisse entrevoir ce que pourrait être notre futur si la course aux écrans que nous avons choisie de développer ne prend pas un peu de recul. Il suit aussi un récit intense, riche en émotions tout comme en rebondissements. Lorsque Mars coule des jours « paisibles », c’est sur Terre que la crise éclate et inversement, à l’instar d’une partie d’échec qui donnerait l’avantage à l’un des deux joueurs à mesure que la stratégie se déploie.

Dans ce roman, la voix d’Éléonore perd de sa superbe pour laisser s’exprimer les garçons qui prennent de l’envergure en se coulant dans les caractéristiques psychologiques apportées par leurs portraits dans le tome Origines. Ce changement donne du corps à cette multitude de rebondissements pas forcément attendue. Serena, quant à elle, est mise à mal chapitre après chapitre pour mieux exprimer tout son potentiel de Méchante Reine qui ne recule devant aucun obstacle pour parvenir à ses fins et qui, pour finir, va pêcher par excès de confiance. Enfin, on redécouvre une Harmony qui s’émancipe, qui conduit l’action avant de nous dévoiler les secrets les plus sombres de sa mère.

L’intrigue est rondement menée, même si la fin, trop évasive m’a un peu déçue.

Je reste néanmoins sous le charme de cette plume fine et délicate autant que diablement efficace, celle d’un producteur de télé aguerri qui met en scène avec brio son scénario. Victor Dixen a pensé à tout, avec une pertinence aiguisée. Les émotions qu’il nous dépeint sont tout simplement délicieuses et ses descriptions tombent toujours à point nommé.

Phobos 3 est donc pour moi un coup de coeur plus qu’un coup de foudre. Victor Dixen me bluffe par son talent de réalisateur qui est mis en exergue par une prose unique.
Cette saga représente un modèle du genre, alliant modernité, questionnement de fond, technique littéraire et force des sentiments.
A lire très vite pour que notre avenir nous appartienne…

La 5e Vague, Tome 2 : La mer infinie de Rick Yancey

Réfugiés dans un hôtel miteux, Cassie espère le retour d’Evan tandis que Ben récupère de ses blessures. Ringer, à l’écoute de son instinct, pense qu’ils devraient quitter cet endroit pour gagner des grottes situées à une trentaine de kilomètres de là. Elle part donc seule, en éclaireur, mais se fait vite repérer par un silencieux en même temps que Teacup, qui s’est échappée, la rejoint. Rapidement les choses s’enveniment. Teacup est gravement blessée, des Black Hawk atterrissent de partout, Ringer est bientôt cernée, capturée. Evan les aurait-il vendu ? Et Ringer, entre les mains de Vosh et de Wonderland, saura-t-elle conserver tous leurs secrets ? Une chose est certaine, personne n’a atteint le bout de ses surprises…
Et la résistance ne fait que commencer… contre un ennemi qui se révèle être totalement différent de celui qu’ils avaient tous imaginé.

Dans ce second tome de la 5ème vague, Rick Yancey nous livre enfin quelques informations sur l’envahisseur, à travers les yeux de Ringer. Même si le but ultime n’est pas encore dévoilé, le plan de l’ennemi se dessine et fait tomber le roman dans un vrai récit de guerre où la romance et l’aventure n’ont plus leur place.
Les voix aussi diffèrent du premier tome. Cassie passe au second plan pour laisser le devant de la scène à Ringer / Marika, personnage à la force de caractère incroyable et, surtout, à l’esprit logique et stratégique. C’est elle qui porte maintenant le récit, faisant avancer l’histoire en côtoyant l’ennemi de près. De temps à autre, le fil narratif s’échappe pour quelques incursions dans le passé. Là, le lecteur apprend des détails sur la vie du discret et énigmatique Poundcake, ou sur celle d’Evan après son « réveil » ainsi que sur l’existence de notre nouvelle héroïne. Grâce à ces flashes-back, le récit explore la dimension psychologique de l’invasion et de ses effets.
Le final du roman marque une nouvelle étape, surprenante. De nouveaux mystères apparaissent et conduisent le scénario vers une direction imprévue. Rick Yancey joue avec nos nerfs en gommant toutes nos certitudes. Le lecteur sort de sa lecture avec un sentiment de totale déstabilisation.
Alors vous l’aurez compris, le troisième tome sera plus que déterminant dans la conclusion de cette saga.