Le Coma des Mortels de Maxime Chattam

Pierre a tout plaqué. Sa famille, sa femme, ses amis, son job, son appartement.
Nouveau-né dans cette nouvelle vie qu’il reconstruit peu à peu, Pierre réoriente ses choix, s’applique de nouvelles règles, au gré de ses humeurs et de ses pensées.
Très vite pourtant, son chemin croise celui de la police car Pierre est maudit. Ses nouvelles connaissances tombent comme des mouches autour de lui.
Pierre est-il coupable, victime ou simple témoin de cette étrange histoire ? Seule la lecture de Le Coma des Mortels pourra trancher !

Avec ce livre, Maxime Chattam sort des sentiers battus qu’il s’était lui même créé. Ni thriller ni roman policier, Le Coma des Mortels ressemble davantage à un témoignage, souvent drôle, toujours touchant et sacrément philosophique.
Dans ce récit, on suit Pierre, un homme immature et joueur, qui tente de repartir de zéro après avoir ébauché une première vie qui ne lui correspondait pas. Et dans cette nouvelle « partie », Pierre expérimente la vie en disséquant ses décisions et les personnes qu’il rencontre. Car Pierre est un penseur épicurien qui analyse tout et tout le monde sans pour autant tirer les leçons de son histoire. Pierre vit avec tout ce que cela comporte de quotidien et d’extraordinaire…

La narration de Pierre s’effectue à rebours, lorsque cette nouvelle vie se termine.
A chaque chapitre, l’homme apporte une nouvelle pièce du puzzle qui ne s’emboîte pas forcément avec la précédente. Le lecteur est souvent perdu, il ne sait pas ce qui a de l’importance pour la suite de l’histoire d’autant que Pierre nous prévient d’emblée de jeu avec ce premier paragraphe improbable : « Je ne veux pas vous mentir. Pourtant, il faut que je vous l’avoue pour commencer : je vais le faire. Je l’ai même déjà fait. »
Maxime Chattam brouille toutes les pistes si bien que le lecteur hésite quant à ses conclusions jusqu’au dénouement final qui révèle aux profanes que nous chsommes les tenants et les aboutissants de cette énigme.

Le style est particulièrement bien travaillé sans jamais être lourd ou pompeux (Maxime Chattam n’hésite pas même, parfois, à être carrément cru). L’humour noir est partout, la poésie aussi. Les propos sont souvent philosophiques et abordent tous les thèmes de l’existence : religion, credo, érotisme, sentiments, ambitions…

Pour ma part, j’ai adoré partager ce moment, presque intime, avec cet écrivain dont j’ai lu tous les livres. J’ai aimé la prise de risque, la structure de l’histoire un peu tordue, le verbe haut et/ou délicat, les questions existentielles…
Ce livre pose les bases d’une réelle réflexion à la fois charmante, déroutante, déstabilisante et provocatrice. Il nous fait découvrir l’auteur sous un jour différent sans pour autant le trahir. Maxime Chattam reste fidèle à lui même, un conteur d’une extraordinaire virtuosité qui se joue de nous à chaque page.

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