La Sélection, Tome 1 : La Sélection de Kiera Cass

Après la quatrième guerre mondiale, le royaume d’Illea s’est bâti sur les ruines de l’ancienne Amérique en instaurant un système de castes basé sur huit rangs. América, jeune fille pétillante et pleine de caractère, est heureuse de faire partie des Cinq, la caste des artistes, même si elle est pauvre. Elle vit dans une famille aimante et soudée et, surtout, elle est amoureuse d’Aspen, le beau Six, employé comme homme à tout faire.
Quand América reçoit le formulaire pour participer à la Sélection, grand jeu télévisé destiné à trouver une femme pour le Prince, la jeune fille n’imagine pas une seconde poser sa candidature… Mais Aspen rompt subitement avec elle et le manque d’argent, omniprésent depuis toujours, devient alors un sérieux leitmotiv. América candidate. Elle est même sélectionnée… Et tandis qu’elle n’attend rien de cette expérience, la vie d’América est sur le point de changer…
Avec ce premier tome de la saga young adult La Sélection, le lecteur suit la jeune América dans sa vie de Cinq, avant qu’elle ne parte pour le château du Prince. Il découvre une adolescente passionnée et rebelle, un peu idéaliste et naïve qui ne manque pas de sympathie. Puis l’univers d’América s’écroule lorsque son petit-ami, Aspen, rompt leur relation en prétextant qu’il n’a rien à lui offrir sinon cette vie de misère à laquelle la jeune fille s’est habituée. Par dépit et surtout par vengeance, América s’inscrit à La Sélection en pensant que, par ce choix, elle pourra sortir sa famille de la précarité. Elle perçoit cette aventure comme un tissu de superficialité et de mensonges alors, lorsqu’elle rencontre le Prince, la jeune fille est surprise de découvrir que Maxon est loin de ressembler à l’image qu’elle s’en était faite… Peu à peu une complicité étrange s’instaure entre eux et América envisage les choses sous un autre angle. Pourquoi ne deviendrait-elle pas l’Élue ?
Si le livre a du mal à démarrer dans le quotidien de l’héroïne, il prend définitivement son envol lorsque l’histoire se poursuit au sein de la Sélection. A ce moment, la dystopie cède sa place au show télévisé et au conte, rebondissant de péripéties en péripéties, d’éliminations en rendez-vous galants. L’héroïne devient moins sceptique et se laisse convaincre par le jeu, rendant le récit plus palpitant.
Il faut dire qu’América est un personnage particulier, ambigu, tantôt rebelle tantôt docile, une jeune fille à plusieurs visages qui ne sait pas trop ce qu’elle veut. le Prince, lui, est intéressant, subtil et prévenant, du moins lorsqu’il s’agit d’América car nous ne savons presque rien de ce qui se passe avec les autres sélectionnées et ce qui filtre nous laisse à penser que Maxon joue son rôle de bachelor à la perfection. Impossible pour nous de lire clairement son jeu sauf à la fin du roman où il déclare plus ou moins ses sentiments. Mais sont-ils réels ou factices ? Le second volet répondra sûrement à cette question.
La Sélection a donc été pour moi une lecture agréable mais sans surprise. J’aurais aimé trouver plus de profondeur dans cette romance un peu légère. Cependant le trio amoureux qui s’installe à la fin de ce tome m’invite à croire que la suite ne manquera pas de piquant.
A suivre…

The Generations, Tome 1 : Alive de Scott Sigler

La douleur la réveille. Elle est enfermée dans une boîte de la taille de son corps. Ses membres sont attachés, elle ne peut pas bouger. Elle n’a que peu de souvenirs. Elle sait juste qu’elle a douze ans et que c’est le jour de son anniversaire.
Elle ne veut pas mourir alors elle se bat, lutte et parvient à se libérer. Autour d’elle, il n’y a que poussières et onze autres cercueils. Sur le sien est écrit M. Savage.
Très vite, à côté d’elle, des gémissements se font entendre. Un autre corps est en train de se réveiller, de lutter… Em ne peut pas rester inactive, passive. Elle aide, libère. Certains corps sont morts dans leur sarcophage, cinq sont vivants.
Ensemble, ils vont devoir comprendre ce qui leur est arrivé… C’est une question de survie.

Avec Alive, premier tome de la trilogie The Generations, Scott Rigler commence sa dystopie de science fiction dans la lenteur.
Pendant presque la moitié du livre, il ne se passe rien à part la découverte des lieux et des personnages. C’est long, obscur et la lecture devient presque pénible. Puis le récit s’accélère. Les éléments se mettent en place et le mystère s’estompe. L’histoire se dessine et l’intérêt du lecteur renaît en compagnie de héros emblématiques.
Il y a Em, le meneuse rebelle, Bishop, le guerrier sans foi ni loi, O’Malley, le beau diplomate, Amarovsky, le mystique, Springate, l’intellectuelle, et bien d’autres acteurs…
L’écriture est inégale. Tantôt lourde, tantôt fluide, elle nous tient cependant toujours en haleine, surtout au début du roman lorsque l’auteur prend ses marques pour finalement nous jeter dans l’action et les rebondissements.
Personnellement, je ne sais trop que penser de cette lecture. Certes, ce roman possède des points forts tels que la tension narrative, la carrure des personnages et même les quelques surprises que nous réserve le scénario, mais il s’embourbe aussi dans l’ennui, le déjà-vu et la lourdeur.
Quant à savoir si je poursuivrai l’aventure en découvrant les autres tomes, cela dépendra de ma PAL du moment, de mon humeur et surtout du synopsis… !

Phobos, Tome 2.5 : Origines de Victor Dixen

Avec Origines, Victor Dixen nous embarque pour la tournée des castings des six prétendants du programme Genesis.
Alexei, Marcus, Samson, Mozart, Tao et Kenji nous livrent leur vie d’avant. Ils partagent avec nous leurs espoirs, leurs doutes ainsi que leurs secrets… Ils reviennent parfois sur leur enfance en évoquant leur rejet, leur différence ou même leur vie volée…
Et qu’ils soient suicidaire, gourou d’une secte souhaitant parler aux extraterrestres, prince de gang, meurtrier, magicien ou gay, les six garçon de Phobos n’ont pas fini de nous surprendre.
Un livre qui exploite la poésie, la faiblesse, l’aspiration, le mensonge, la peur, la colère, l’étrange, l’altruisme… pour dévoiler les faces cachés des prétendants.
Un roman au style tantôt poignant tantôt drôle, mais toujours juste qui se lit avec une facilité et un engouement déconcertant.
Un hors-série qui a du sens et qui complètement habilement cette formidable saga.
A lire pour mieux comprendre l’histoire originelle.

Petits Dérapages et autres Imprévus de Mily Black

Pour son travail, Louise parcourt le monde. Elle rédige des avis sur les complexes hôteliers qu’elle visite. Sa vie serait un rêve si elle n’était pas si timide et surtout si elle ne s’était pas entichée de son patron, le beau Francis, que toutes les femmes courtisent. Épuisée de cette existence qui ne lui apporte rien, Louise demande à être réaffectée dans un bureau. Elle veut essayer de se construire une vie bien à elle plutôt que de traverser un rêve dont elle est simplement spectatrice. Et puisque tout est sur le point de changer pour la jeune femme, lors de sa dernière mission, Louise tente de prendre de nouvelles résolutions. Elle est déterminée à combattre sa réserve pour enfin profiter de la vie.
Comme si le destin l’avait entendu, voici Louise en possession d’une valise qui n’est pas la sienne. A l’intérieur, des tas de tenues plus sexy les unes que les autres… Et devant elle, quinze jours en Floride en compagnie de Francis…

Petits Dérapages et autres Imprévus est une romance sensuelle racontée par l’héroïne, Louise, cette trentenaire coincée et bourrée de principes qui partage ses journées avec Francis, un macho sexy qui adore la mettre mal à l’aise en la taquinant. Entre eux, se joue une partie de séduction implicite dans laquelle chacun reste dans sa zone de confort. L’une parce qu’elle manque cruellement de confiance en elle, l’autre par peur de braquer sa partenaire et collègue.
A mesure que le récit avance, les protagonistes se dévoilent plus physiquement qu’affectivement et transforment les sous-entendus en non-dits. Pour Louise, cette relation est à classer dans les rencontres sans lendemain car la jeune femme n’imagine pas une seule seconde que son patron puisse en pincer pour elle. Refoulant ses sentiments au plus profond d’elle même, elle accepte de s’initier à la sensualité et découvre son corps en même temps que ses désirs. Mais en voulant se préserver, la jeune femme fait tout de travers si bien que Francis se sent rejeté. Le scénario oscille alors entre passion érotique et déprime totale, entre euphorie et dépression.

Si l’histoire est racontée par Louise, l’auteure nous offre en fin de roman deux bonus où Francis exprime sa version des faits. J’ai vraiment apprécié ces passages et aurait aimé qu’il y en ait d’autres. L’aventure telle que Louise nous la livre est sympa mais manque parfois d’énergie tandis que la voix de Francis, sans jeu de mots, est tout simplement croustillante. Le contraste qui existe entre ces deux narrations donne quelque chose d’irrésistible qui aurait pu être davantage exploité, même si je comprends pourquoi Mily Black ne l’a pas fait afin de préserver son intrigue.
Les personnages secondaires sont drôles et redirigent les actions en influençant nos deux héros.
Le décor, bien que superbe, est parfois trop présent. L’auteure y a jeté son héroïne pour nous montrer à quel point Louise a défini son univers à travers son travail faute de mieux mais les descriptions objectives noient les sentiments et les émotions ont tendance à s’affadir, coupant les envolées romantiques dans leur élan.
Au final, même si le livre manque d’un peu de subtilité et de finesse dans les émotions, il m’a fait passer un très agréable moment. Petits Dérapages et autres Imprévus est une lecture légère et sensuelle qui ravira toutes les fans de chick-lit.

Intimidation de Harlan Coben

Il aura suffi d’une phrase d’un inconnu pour faire plonger la vie d’Adam dans le chaos. Une phrase et la visite sur un site internet pour savoir que Corinne lui a menti…
Lorsqu’il confronte sa femme, celle-ci ne nie pas mais disparaît le jour suivant en lui laissant un texto énigmatique. Adam sent que quelque chose de grave est en train d’arriver alors il mène l’enquête, utilise la géolocalisation du portable de Corinne pour connaître sa dernière position, surfe sur internet afin d’en savoir davantage sur cet individu qui a brisé sa vie en même temps que son ménage. Mais plus Adam fouille le vie de sa femme à la recherche d’éléments qui lui permettraient de comprendre, plus le mystère s’épaissit. Et puis il y a ces assassinats de femmes qui ont toutes un lien avec l’inconnu et Adam perçoit l’urgence comme une sirène dans la nuit. Corinne est en danger, il doit la retrouver…

Avec ce nouveau roman de Harlan Coben, le lecteur plonge en plein coeur d’un fait divers qui tourne au cauchemar. Une banale histoire de chantage qui fait boule de neige et exhume de sombres secrets, plus lourds. Comme souvent avec cet auteur, l’intrigue principale croise le tracé d’autres récits qui placent le héros dans une situation de plus en plus compliquée alors que la réponse à ses questions se trouvait juste sous les yeux.
Si le scénario nous balade, au début, dans les méandres de plusieurs tranches de vie à priori sans rapport les unes avec les autres, c’est pour mieux nous égarer. Tout comme Adam, le lecteur perd le fil avant de voir se dessiner lentement l’ensemble du décor. Puis, le rythme s’accélère vers le milieu de l’œuvre et le roman devient addictif car le héros flirte avec la vérité et les dangers qu’elle soulève. La conclusion de l’histoire est juste grandiose de simplicité.
Question style et structure du récit, j’ai trouvé que la première partie du roman était un peu pesante et artificielle. J’ai eu du mal à suivre le portrait que nous dresse Adam de sa vie, de sa ville et de celle de ses voisins et amis. Je n’éprouvais aucune réelle empathie ni pour lui ni pour Corinne, deux héros que je trouvais trop quelconques.
J’ai eu aussi beaucoup de mal avec le fait divers exploité, celui du mensonge et de la manipulation au sein d’un couple.
Ce qui m’a raccrochée à l’histoire finalement, c’est le travail mené sur l’inconnu qui continue, en parallèle des problèmes d’Adam, à détruire la vie d’autres personnes sans jamais constater les dégâts qu’il cause. Et puis rebondissements, il y a ces crimes et l’intervention de Johanna, cette femme flic qui cherche les raisons pour lesquelles on a ôté la vie de sa meilleure amie. A ce moment du roman, le mystère devient épais, inextricable. On se doute qu’Adam est relié d’une manière ou d’une autre à ces événements sans mettre le doigt dessus. Et l’auteur finit par conjuguer les tranches de vie, les mêlant si intimement que les destins deviennent liés. Les problèmes, les doutes et les trouvailles des uns alimentent l’enquête des autres.
Au final, Intimidation est un livre qui monte constamment en puissance, crescendo, pour nous proposer un récit original et perturbant où la banalité d’un fait divers déferle comme une lame sur la vie d’innocents. Tout ici repose sur le mensonge, personnage principal, muet et ironique, de son poids ainsi que de son acceptation qu’elle soit individuelle ou sociétale.

Maudite soit la Guerre de PEF

En 1917, Fulbert a onze ans lorsque son maître d’école lui demande de rédiger une lettre pour donner du courage à l’un des soldats du front. Le jeune garçon décide d’écrire à son père, parti se battre depuis si longtemps…
Après correction de sa production, Fulbert a une idée encore plus folle. Et s’il partait vers Soisson déposer sa lettre en main propre à son père ? Sans réfléchir plus que ça, le jeune garçon met son plan à exécution…

Un album jeunesse fort qui s’inspire de la statue d’un enfant figurant à côté du monument aux morts, le poing levé.
Un récit empli de courage, d’amour et de compassion où même l’ennemi ne peut que s’incliner…
Une leçon d’humanité à partager sans modération !

Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven

Au sommet du clocher de son lycée, Finch réfléchit à ce qu’il se passerait s’il sautait, là, dans le vide, lorsqu’il s’aperçoit qu’il n’est pas seul. A quelques mètres de lui, assise sur le muret, les pieds dans le néant, Violet Markey semble perdue, désespérée. Finch, le fêlé, n’a plus alors qu’une seule idée : sauver cette jeune fille… Une rencontre qui marquera le début d’une incroyable relation.

Tous nos Jours parfaits…
C’est l’histoire d’un drame racontée à deux voix, celle d’un jeune homme bipolaire obnubilé par la mort, SA mort, et d’une jeune fille qui avait tout jusqu’à ce qu’elle perde sa sœur aînée dans un accident de voiture. Deux âmes perdues qui se rencontrent au moment le plus critique. Deux adolescents étranges et isolés qui vont utiliser ce lien nouveau qui les unit pour bâtir une amitié surprenante à l’occasion d’un devoir de géographie. Et tandis que l’un cherche encore sa propre identité, l’autre va retrouver le goût de vivre et de faire… à travers les défis.
Au fil des pages l’amitié devient amour, la prudence se mue en confiance et en complicité.
Si Violet nous touche par la profondeur de sa tristesse, Finch, quant à lui, s’offre une place de choix dans nos cœurs en manipulant l’humour et la philosophie pour cacher sa fragilité extrême. Il est le meneur qui conduit le récit, l’ami qu’on aimerait tous avoir, le partenaire qui nous comprend mieux que nous même… Sans que l’autre ne le connaisse complètement…
Tous nos Jours parfaits est un roman sincère qui évoque un thème difficile, celui du suicide, avec une intensité bouleversante.

Personnellement, j’ai fondu pour le personnage de Finch. Ce rebelle, toujours drôle, incroyablement intelligent, lucide jusqu’à l’acidité et cultivant le mystère en toute circonstance. J’ai aimé sa recherche identitaire, son côté schizophrène, sa quête de l’absolu.
J’ai trouvé que l’auteure avait traité son sujet avec subtilité et sagesse, nous montrant la détresse sans l’apitoiement, l’aveuglement égoïste des Autres (famille, amis, professeurs…) jusqu’à son paroxysme.
Tous nos Jours parfaits porte à la fois l’espoir et l’anéantissement, il jette un œil sans jugement sur le désir farouche de mourir et sur la compréhension de cet état.
A lire et à relire pour appréhender, au delà des apparences, la réelle détresse des survivants ainsi que celle des victimes de dépression.

Tes Mots sur mes Lèvres de Katja Millay

Nastya a décidé de quitter son ancienne vie pour venir s’installer chez sa tante et s’inscrire dans un lycée où personne ne la connaît, ni ce qui lui est arrivé.
Armée de ses tenues provocantes et de son attitude réservée et rebelle, la jeune fille fait tout pour tenir les autres à distance mais elle ne peut rien contre Josh, le mystérieux, celui que les gens redoute encore plus qu’elle. Entre les deux adolescents commence alors un long parcours qui les conduira tous deux vers le chemin de la guérison…

J’avais ce livre dans ma PAL depuis…
Et, d’un coup, je me suis jetée dessus sans trop savoir à quoi m’attendre car je n’avais jamais lu le synopsis ni un seul avis ou critique le concernant. Je savais simplement que ce livre avait fait le buzz à sa sortie et qu’il s’agissait d’un drame YoungAdult émouvant.
Lorsque je l’ai ouvert, j’ai tout de suite été touchée par les deux narrateurs, Nastya et Josh, ces écorchés vifs que la vie n’a pas épargné. Leur façon de s’exprimer, leur personnalité, leur analyse du monde qui les entoure et de la place qu’ils y occupent… tout m’a plu jusqu’à la lettre finale. Et cette dernière phrase qui est bouleversante à pleurer.
Dans Tes Mots sur mes Lèvres, on suit d’abord Nastya, cette jeune fille qui a décidé de ne plus parler depuis qu’elle se souvient de ce qui lui est arrivé lors du drame qui a fait dérailler sa vie trois ans plus tôt et dont on ne saura rien avant presque la fin. Au début, on pourrait croire que cette héroïne est arrogante ou capricieuse, qu’elle exagère… mais très vite, on comprend que cette adolescente qui a perdu sa vie rêvée se déteste de toutes ses forces et que cette nouvelle vie qu’elle s’impose est sa punition. Quant à Josh, les choses sont plus claires sans pour autant être moins intenses. Le jeune homme a perdu tous les membres de sa famille au fur et à mesure de sa courte vie et ne souhaite plus entretenir de relation avec quiconque, histoire de se prémunir de la douleur qui pourrait encore le terrasser s’il venait à perdre quelqu’un. Pendant tout le premier tiers du roman, les deux adolescents font vraiment leur possible pour conserver leur ligne de conduite respective, celle qu’ils se sont jurés de toujours respecter, et nous les suivons dans le quotidien morne et froid qu’ils ont construit chacun de leur côté… Et puis la force d’attraction qui les relie va devenir tellement forte qu’ils ne vont pas avoir d’autres choix que d’apprendre à se connaître, lentement, dans la douceur et la timidité, respectant des règles tacites qu’ils croient discerner chez l’autre mais qui finiront par entraver le peu de chemin qu’ils avaient réussi à parcourir ensemble.

Katja Millay nous livre une histoire forte, bien écrite et extraordinairement bien construite. Rien ne manque ou ne dépasse, tout est incroyablement juste jusque dans les moindres détails.

Tes Mots sur mes Lèvres est une romance addictive poignante et sincère, une de celles qui ne vous laisse jamais insensible et qui vous marque une fois la dernière syllabe prononcée.

A tous, bonne lecture, ce livre est une bombe !

Le Coma des Mortels de Maxime Chattam

Pierre a tout plaqué. Sa famille, sa femme, ses amis, son job, son appartement.
Nouveau-né dans cette nouvelle vie qu’il reconstruit peu à peu, Pierre réoriente ses choix, s’applique de nouvelles règles, au gré de ses humeurs et de ses pensées.
Très vite pourtant, son chemin croise celui de la police car Pierre est maudit. Ses nouvelles connaissances tombent comme des mouches autour de lui.
Pierre est-il coupable, victime ou simple témoin de cette étrange histoire ? Seule la lecture de Le Coma des Mortels pourra trancher !

Avec ce livre, Maxime Chattam sort des sentiers battus qu’il s’était lui même créé. Ni thriller ni roman policier, Le Coma des Mortels ressemble davantage à un témoignage, souvent drôle, toujours touchant et sacrément philosophique.
Dans ce récit, on suit Pierre, un homme immature et joueur, qui tente de repartir de zéro après avoir ébauché une première vie qui ne lui correspondait pas. Et dans cette nouvelle « partie », Pierre expérimente la vie en disséquant ses décisions et les personnes qu’il rencontre. Car Pierre est un penseur épicurien qui analyse tout et tout le monde sans pour autant tirer les leçons de son histoire. Pierre vit avec tout ce que cela comporte de quotidien et d’extraordinaire…

La narration de Pierre s’effectue à rebours, lorsque cette nouvelle vie se termine.
A chaque chapitre, l’homme apporte une nouvelle pièce du puzzle qui ne s’emboîte pas forcément avec la précédente. Le lecteur est souvent perdu, il ne sait pas ce qui a de l’importance pour la suite de l’histoire d’autant que Pierre nous prévient d’emblée de jeu avec ce premier paragraphe improbable : « Je ne veux pas vous mentir. Pourtant, il faut que je vous l’avoue pour commencer : je vais le faire. Je l’ai même déjà fait. »
Maxime Chattam brouille toutes les pistes si bien que le lecteur hésite quant à ses conclusions jusqu’au dénouement final qui révèle aux profanes que nous chsommes les tenants et les aboutissants de cette énigme.

Le style est particulièrement bien travaillé sans jamais être lourd ou pompeux (Maxime Chattam n’hésite pas même, parfois, à être carrément cru). L’humour noir est partout, la poésie aussi. Les propos sont souvent philosophiques et abordent tous les thèmes de l’existence : religion, credo, érotisme, sentiments, ambitions…

Pour ma part, j’ai adoré partager ce moment, presque intime, avec cet écrivain dont j’ai lu tous les livres. J’ai aimé la prise de risque, la structure de l’histoire un peu tordue, le verbe haut et/ou délicat, les questions existentielles…
Ce livre pose les bases d’une réelle réflexion à la fois charmante, déroutante, déstabilisante et provocatrice. Il nous fait découvrir l’auteur sous un jour différent sans pour autant le trahir. Maxime Chattam reste fidèle à lui même, un conteur d’une extraordinaire virtuosité qui se joue de nous à chaque page.