Sunshine, Tome 1 de Paige McKenzie

A l’abri de sa voiture, l’homme observe Sunshine fêter l’anniversaire de ses seize ans. Lui seul connaît les pouvoirs dont la jeune fille vient d’être investie.
Pour Sunshine, qui vient de déménager, tout est nouveau. Le froid, l’humidité, le brouillard, cette maison pleine de bruits étranges et ces objets qui changent de place pendant son absence…
La jeune fille est loin de se douter qu’elle est à l’aube d’un changement et d’une mission qui vont révolutionner sa vie…

actiSunshine, une adolescente spontanée, qui manque de confiance en elle et qui va devoir affronter son nouveau statut… voilà ce que nous propose de découvrir Paige McKenzie dans le premier tome de sa série fantastique.
Sunshine est une histoire racontée à deux voix, celle de l’héroïne, prédominante, et celle de l’observateur dont on ne connaît pas grand chose sinon qu’il maîtrise parfaitement les événements qui interviennent dans la vie de l’adolescente. Cette deuxième voix est déroutante car pendant longtemps, on ne sait pas si elle est amie ou ennemie, si elle interfère ou suit seulement le déroulement des actions, de loin. Puis, peu à peu, le scénario se met en place et le lecteur comprend qu’il n’a pas affaire à un banal récit de maison hantée, qu’il y a plus derrière tous ces phénomènes paranormaux.
Avec Nolan, le perspicace camarade de classe, Sunshine enquête sur ce qu’il lui arrive pour finalement découvrir que son identité ainsi que son destin ne correspondent pas vraiment à ce qu’elle s’était imaginé.

L’écrit est long, parfois redondant mais, au bout du compte, l’histoire se tient et nous fait par moment vibrer de frissons.
Le style est simple, fluide, sans grande recherche mais agréable, à l’image de ce premier tome.
La suite décidera de l’avis que je porterai sur l’œuvre car, à l’heure actuelle, je reste mitigée…

Les chroniques de Hallow, tome 1 : Le ballet des ombres de Marika Gallman

Abby est une voleuse de haut-vol, mais pas seulement… Elle possède le pouvoir d’absorber l’énergie des autres ainsi que de percevoir leur aura.
Jusqu’à ce lundi matin, dans le métro, sa vie était une acrobatie bien huilée et puis la jeune femme le perçoit lui et son énergie si captivante. Désormais, Abby n’a plus qu’une envie : entrer en contact avec cet homme, de n’importe quelle façon. Sans réfléchir, par habitude, elle utilise ses dons de pickpocket pour lui dérober son portefeuille mais, bizarrement, il la prend sur le fait. Une étrange course-poursuite commence alors et Abby découvre que cet homme, ce flic, est différent ; il est parfaitement insensible à son pouvoir. Pour la jeune femme, ce n’est que le début d’une longue aventure aussi déroutante et dangereuse que mystique.

Le Ballet des Ombres ouvre l’histoire de cette nouvelle série #Fantasy avec une certaine frénésie d’actions.
Le scénario oscille entre un épisode des X-Men et celui d’une romance moderne et drôle car la vie de l’héroïne, Abby, va basculer au gré de ses nouvelles rencontres masculines.
Il y a d’abord ce télescopage avec Wally, le policier envoûtant et tenace, qui conduira le roman dans les méandres incertains de l’amour et de la sensualité. Et puis, il y a la rencontre avec John Smith, ce personnage sans énergie dont l’aura ressemble aux ténèbres d’un puits sans fond. Avec lui, Abby va explorer son don et remonter le fil de l’histoire de son peuple, les Kao, ces hommes qui, autrefois, canalisaient l’énergie des Dieux pour assurer la paix et l’harmonie sur Terre, pour mieux sauver le monde actuel des griffes du Chaos.

Si la structure du récit m’a emballée par son énergie et ses nombreux rebondissements surprenants, son style, quant à lui, manque pour moi de finesse et de subtilité. La répétition de certaines métaphores et comparaisons alourdit considérablement le texte et, par ailleurs, les passages sensuels auraient largement pu être davantage approfondis ou repris dans le quotidien de l’héroïne afin de mieux affirmer son trouble émotionnel et donner au livre une dimension plus psychologique sans pour autant tomber dans l’érotisme. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’ébauche de cette relation naissante entre Abby et Wallace qui obéirait parfaitement au dicton : « Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis. »
Côté fantasy, j’ai trouvé intéressant de rattacher les pouvoirs de l’héroïne à une histoire ancestrale et mystique, cela donne du corps à cet écrit et présage d’une suite des plus intéressantes.
J’attends donc le tome 2 avec impatience, pour voir si le Maire tient parole en créant cette unité spéciale dont il parle. Ce serait, à mon sens, un chemin particulièrement attrayant à explorer.

Kayla Marchal, tome 1 : L’Exil d’Estelle Vagner

Chassée de son clan par son grand-père, l’alpha de la meute, parce qu’elle est différente, Kayla se réfugie à Nancy sans savoir trop où aller. Là, elle rencontre Ian, le fils d’un autre alpha, qui l’introduit au sein de sa famille. Avec eux, la jeune fille découvre une nouvelle façon de vivre sa condition de loup-garou et surtout, elle apprend des choses sur sa mère, assassinée seize ans plus tôt. Kayla commence également à faire des rêves étranges, comme des moments d’une vie antérieure, dans lesquels elle se voit la femme de Max, le métamorphe renard assigné à son évaluation…
Perdue dans ce monde qu’elle ne maîtrise pas, la jeune femme ne se rend pas tout de suite compte qu’elle fait l’objet d’une traque et que son pouvoir n’est pas tout à fait celui qu’elle pensait être.

Une couverture stylisée, un synopsis accrocheur, un scénario solide, tels sont les atouts de ce premier roman des aventures de Kayla Marchal, jeune loup-garou de dix-huit ans dépourvue de forme animale, bannie par les siens et traquée pour sa différence.
Mêlant romance, rivalités familiales, guerre de clans et légende ancestrale, Estelle Vagner nous propose un livre à l’identité forte et convaincante baignant dans un univers bit-lit.
Les personnages sont intéressants, même si je n’ai pas franchement eu d’affinité particulière avec l’héroïne, que j’ai trouvée trop contradictoire. Pour exemple, elle est curieuse d’en savoir plus sur sa mère mais ne pose pas de questions aux seules personnes capables de lui répondre et abandonne toutes les conversations qui lui permettraient d’atteindre son but. Elle est prude mais se laisse embobiner par trois prétendants en même temps. Elle est forte et rebelle mais acquiesce à toutes les règles qu’on lui impose…
Question style, là encore, j’ai eu quelques petits soucis car l’histoire est racontée par Kayla qui partage avec nous ses péripéties ainsi que ses pensées mais également ses réflexions et dialogues intérieurs. Trop nombreux et répétitifs, ces derniers parasitent le déroulement des actions et deviennent presque agaçants.
Par contre, j’ai adoré les références à la légende et le fait que Kayla soit différente. Cela apporte la touche d’originalité de cette histoire. Par ailleurs, j’ai vraiment apprécié le personnage de Max, le mystère autour du chat ainsi que tout ce qui a trait à Jérémiah.
Au final, j’ai passé un agréable moment en compagnie de ce roman car le scénario est suffisamment bien construit pour entretenir le désir de poursuivre sa lecture et d’en connaître la suite.

Mauve de Marie Desplechin

Au collège, rien ne va plus. Verte et Pome sont victimes de harcèlements. Injures, coups et rumeurs, les filles affrontent une vague d’hostilités sans précédent. Alors, lorsque Clorinda, la mère de Pome, subit elle aussi la rancœurs de ses voisins, Anastabotte et Ursule y voient aussitôt l’œuvre du Mal. Et tandis que les adultes s’organisent, les filles, elles, s’engagent sans réfléchir dans l’action…

Troisième volet des aventures de Verte, l’apprentie sorcière de Marie Desplechin, Mauve s’éloigne du style original, drôle et frétillant, pour aborder le thème de la différence à travers ce roman fantastique jeunesse.
Là, il est question de complot, de manipulation de masse et de pugilat contre les sorcières. Des thèmes, certes graves et difficiles, que l’auteure utilise avec courage et retenue, créant un récit de vie unique.
Comme à l’habitude, le récit est raconté à plusieurs voix : celle du grand-père, Ray, ancien policier qui, aujourd’hui, a bien du mal à se faire entendre et respecter ; celle d’Anastabotte, la grand-mère expérimentée en sorcellerie ; celle de Soufi, le meilleure ami voyant ; celle d’Ursule, la mère sorcière jusqu’au bout des ongles ; celle de Verte, l’apprentie ; et enfin celle de Pome, la meilleure amie sorcière. Chacun nous raconte un bout de l’histoire, à sa façon, en insistant sur ce qui le touche. Chapitres après chapitres, le récit prend forme tel un puzzle dont les pièces s’emboîtent pour former un tableau que l’on découvre au tout dernier moment.

Si l’histoire est émouvante, je l’ai cependant moins appréciée que les précédentes. Ce qui me plaisait dans Verte, c’était justement l’humour, le sarcasme, le paradoxe et l’ironie développés par les personnages, leurs différences de point de vue aussi par rapport à une situation ou à un fait. Avec Mauve, le combat contre les forces du Mal rassemble la famille. Tout le monde s’accorde sur ce qu’il faut faire même si la façon diffère. Il n’y a plus de dérision, de railleries. Il n’y a plus que le sujet grave sans rien pour le rendre plus léger, plus digérable.
Heureusement, la plume de Marie Desplechin garde toute sa grandeur pour nous tenir en alerte.
Une lecture quelque peu décevante pour moi qui suis une véritable adepte de l’humour et du second degré.

Blanc Fantôme de Laurie Faria Stolarz

Une nouvelle année scolaire au pensionnat de Hillcrest et pour Lucy, une troisième série de cauchemars prémonitoires. Sauf que cette fois, la jeune fille est directement menacée. Ses amis qui pensent qu’elle exagère minimisent les phénomènes qu’elle subit alors quand elle reçoit un mail suivi d’une lettre menaçante, c’est vers Jacob, un parfait inconnu qui semble maîtriser les mêmes pouvoirs qu’elle, que l’adolescente se tourne.
Quelqu’un en veut à Lucy, tout son corps le lui crie mais la jeune fille n’a hélas qu’une semaine pour identifier son harceleur avant que les choses dégénèrent… Saura-t-elle ouvrir son esprit au passé qu’elle chasse depuis si longtemps afin de tenir une promesse dont elle ne se rappelle plus ? Et qui est ce Jacob qui semble si bien la connaître ?

Blanc Fantôme nous remet dans la peau de Lucy, la jeune fille qui fait des cauchemars dès lors qu’un de ses proches est menacé. Sauf que dans cette histoire, c’est l’héroïne elle-même qui court un grand danger. « Abandonnée » par ses amis, Lucy tente de se débrouiller seule avec les pressions hostiles qui planent au dessus de sa tête mais lorsqu’elle rencontre par hasard Jacob qui effectue le même genre de rituels qu’elle, l’adolescente cherche à en savoir plus. Le jeune homme est tellement troublant, semble tellement maîtriser ses pouvoirs… Effrayée, Lucy se met à douter et à croire que Jacob est celui qui la terrorise, sinon comment connaîtrait-il tous ses détails sur elle, sa vie passée ainsi que sur les cauchemars qu’elle endure nuit après nuit. Déboussolée, Lucy perd ses repères et s’efforce de replonger dans son histoire personnelle pour débusquer des indices qui la mettront sur le chemin de son harceleur.
Dans ce deuxième tome, Lucy est plus que jamais seule face aux mystères qui l’entourent. Elle apparaît désormais comme une novice face à ce Jacob qui semble tout maîtriser mieux qu’elle. Entre attirance et méfiance, leur relation évolue tout au long du livre sur fond de quiproquos. Quant aux amis de Lucy, très présents dans le tome précédent, ils jouent ici un rôle plus secondaire qui place la jeune fille dans une position de faiblesse admirablement bien exploitée par le scénario.
Question suspens, Blanc Fantôme n’en manque pas. Tout est distillé pour que le lecteur nage en plein trouble. L’auteure déploie de nombreuses fausses pistes en insistant sur tel ou tel trait de caractère des uns ou des autres, sur tel aspect du récit si bien tout le monde parait suspect même les meilleurs amis ! Dommage que la narration s’encombre parfois de longueurs qui auraient pu être évitées car le rythme est là, caché sous les babillages adolescents parasites.
Quant au style, Blanc Fantôme respecte son public. Il manque souvent de finesse et tombe à l’occasion dans l’excès de genre mais tient tout de même la route.
Au final, ce livre, deuxième tome de la série, m’a séduite par son suspens et par la nouveauté que Jacob insuffle à l’histoire. Il m’a fait passé un agréable moment au pays des rituels, des sorts et des cauchemars prémonitoires. A toutes les sorcières qui se cachent derrière leur roman 😉 !

Ma Fille de Jane Shemilt

2010. Bristol, en Angleterre. Jenny mène une existence parfaite, entourée de ses trois enfants – Ed, Theo et Naomi – et de son mari, Ted, un éminent neurochirurgien. Conjuguant ses vies professionnelle et personnelle, cette femme médecin observe les siens avec attention, du moins c’est ce qu’elle croit.
Le jour où sa fille disparaît après une représentation de théâtre, tout ce que Jenny prenait pour acquis vole soudain en éclats. Sa vie parfaite vire au cauchemar et les mensonges qui inondent son existence à son insu remontent à la surface d’un seul coup. Pour Jenny, les épreuves s’enchaînent mais rien ne compte plus pour elle désormais que de retrouver Naomi…

Avec Ma Fille, Jane shemilt signe un premier thriller psychologique poignant.
Alternant le passé et le présent, le scénario sinue entre les époques pour nous dévoiler le quotidien de Jenny à la période du drame ainsi qu’un an plus tard lorsqu’elle se retrouve seule dans le Dorset. Si tout d’abord le récit est un peu confus, il prend vite ses marques afin de nous entraîner dans une spirale émotionnelle très intense parsemée de mystères et de troubles. Personne ne sait ce qui est arrivé à Naomi jusqu’au tout dernier moment. Et le livre joue avec la multitude d’hypothèses et la somme des questions jusqu’à explorer toutes les pistes.
Pendant ce temps, Jenny, l’héroïne narratrice, voit son monde se désagréger… Elle s’aperçoit alors que tout ce qu’elle pensait n’appartient qu’à l’illusion du bonheur qu’elle s’est créée, années après années. Mensonges, trahisons, rien ne lui est épargné. Face au drame qui l’entoure, Jenny ne peut compter sur personne et finit par se retirer, seule, dans sa résidence secondaire pour sauver ce qui reste de sa vie. Là, dans le calme et la solitude, Jenny ré-explore le passé, analyse les détails des événements.
La conclusion de cette histoire est aussi surprenante que bouleversante.
Quant au style, Jane Shemilt écrit vraiment bien. Certes, pour un thriller, le rythme n’est pas époustouflant car l’auteure a misé sur le psychologique et le dramatique pour nous livrer son récit. Mais la sincérité qu’elle a insufflé à ses personnages transforme le fait divers en un récit de vie haletant.
Personnellement, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de cette plume et de ses lignes. le roman m’a littéralement envoûtée même si, par moment, j’avais l’impression d’avoir entre les mains une redite de Une Fille Parfaite de Mary Kubica.
Une belle rencontre que je vous recommande !