Pyromane (Wojciech Chmielarz – Agullo Noir – Traduction Erik Veaux)

À Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital.
Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotovs par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…

 

A y est Agullo a encore mis le feu.
Pyromane est un excellent roman policier tout ce qu’il y a de plus classique pourtant mais tellement bien construit.
Un commissariat et deux flics, des maisons qui brûlent, un hiver polonais bien rude et une enquête qui pourrait tourner à la Berezina pour le Kub.
Le Kub, sacré flic qui rappelle un peu ses confrères du Nord de l’Europe ( divorcé, des enfants etc etc) sauf que lui il picole pas comme un trou et se lamente pas tout me temps dans un état semi-dépressif.
Le Kub, un bon flic à l’ancienne: droit et honnête, un type comme les autres qui a foi en son métier.
Le Kub qui vit en colocation avec des étudiants, qui a tout laissé à son ex-femme, qui s’occupe de ses enfants comme il peut, qui mène ses enquêtes avec passion.
Le Kub nous fait visiter une Pologne qui comme chez nous se trouve gangrénée par des truands opportunistes, une Pologne qui semble encore arrêtée à la fin des années 80 et qui a du mal à avancer, à évoluer.
L’intrigue de Wojciech Chmielarz est magistralement bien construite. Il s’est fait le temps de 410 pages ébéniste pour construire un buffet massif à multiples tiroirs et fonds cachés. Tout y est ouvragé, fait de trompe l’oeil et de faux semblants. Les moulures dissimulent des dorures qui reposent sur un fond tronqué.
Les pages brulent les doigts tellement on veut avancer et comprendre cette intrigue qui s’étale comme un gros nuage de fumée. D’une affaire à une autre les braises se rallument parfois soudainement, parfois sournoisement pour nous enfumer dans les méandres d’une intrigue sournoise.
Pyromane est un véritable feu de joie pour les amateurs d’intrigues fouillées.
C’est un énorme coup de coeur et Le Corbac reprendrait avec plaisir une tasse de Kub.

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